Pas de paix possible sans lutte de masse contre l’occupation, la pauvreté et le capitalisme

73 ans après la Nakba – lorsque les forces israéliennes ont occupé 78% de la Palestine historique et que 750 000 Palestinien·nes ont été contraints à l’exil – les provocations de l’extrême droite israélienne, des colons et de la police ont conduit à la plus grave escalade militaire du conflit depuis 2014. Cette guerre doit être stoppée. Nous ne pouvons compter sur aucune des forces impérialistes mondiales ou régionales. La paix ne peut être obtenue que par une lutte de masse contre l’occupation, la pauvreté et la domination capitaliste.

Nous sommes solidaires des millions de travailleurs et travailleuses ordinaires et de pauvres qui subissent la terreur des bombardements et des tirs de roquettes des deux côtés de la barrière. Le nombre de morts dans la bande de Gaza est passé à 83, dont au moins 14 enfants. Des bâtiments entiers sont rasés. Comme si la destruction, la détresse, la pauvreté et la pandémie, sous l’agression incessante du gouvernement capitaliste de droite en Israël, ne suffisaient pas. Six personnes, dont deux citoyens arabes palestiniens du village non reconnu de Dahmash, ont été tuées de l’autre côté de la clôture par des roquettes et des missiles antichars.

Le régime de Netanyahou, le principal responsable, a joué un rôle clé en alimentant la fracture nationale, qui éclate également dans les rues avec des éléments de guerre civile. Elle a culminé à Lod, où un manifestant palestinien a été abattu, mais de graves affrontements ont lieu dans de nombreuses autres localités. Les gangs kahanistes d’extrême droite sont laissés libres par la police de faire des raids dans les villes afin de mener un pogrom le soir.

Cependant, la vague de réaction commence à susciter une réponse. Il y a la révolte généralisée et continue de la jeunesse palestinienne contre la politique de judaïsation, le nettoyage ethnique rampant, à Sheikh Jarrah et à Jérusalem-Est, contre l’introduction de forces armées dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa et contre l’occupation, même sous une forte répression policière. Des manifestations de solidarité entre Arabes et Juifs se sont développées sur les lieux de travail et dans les écoles. À Tibériade, les chauffeurs de la compagnie Superbus ont arrêté les bus et les chauffeurs juifs ont accompagné les chauffeurs arabes à leur domicile dans un véhicule privé. Au collège Bezalel, une grève de protestation des étudiants palestiniens a été accueillie par une déclaration de solidarité des professeurs. Le syndicat des travailleurs sociaux a déclaré qu’il représente tous les travailleurs et travailleuses sociaux·ales en Israël, de toutes les nationalités et religions, et d’une variété de visions du monde. Ce syndicat lutte, agit et appelle à la paix et à la fin de la violence.

Le gouvernement de transition de la droite capitaliste de Netanyahou refuse avec véhémence un cessez-le-feu et annonce une expansion de l’opération dans la bande de Gaza – une expansion délibérée du cycle du bain de sang. La crise politique et la faiblesse de Netanyahu, qui lutte pour sa survie politique, jouent un rôle clé dans la dynamique de l’escalade. Mais les racines de l’effusion de sang sont plus profondes et résident dans une politique systématique de défense du statu quo capitaliste d’occupation, de siège, de colonies, de discrimination nationale, de diviser pour régner et de pauvreté. La guerre est la continuation de cette politique par d’autres moyens.

Les événements exposent la fausse propagande de paix qui a accompagné les accords de normalisation menés par Netanyahu et Trump avec certains oligarques arabes. L’ampleur des tirs de roquettes nous rappelle aussi le mensonge de la dissuasion. Ceux-ci ne peuvent pas arrêter la révolte qui couve contre les démolitions de maisons – avec un nouveau record en pleine pandémie! – le déplacement de familles palestiniennes à Jérusalem-Est, les opérations de police musclées, les provocations nationalistes et l’escalade de la guerre de religion autour de la mosquée al-Aqsa, ainsi que le piétinement des droits nationaux palestiniens et des droits des travailleurs et travailleuses et des pauvres en général. C’est dans ce contexte que se sont développées les protestations, les émeutes et les confrontations.

Celles-ci ont forcé la police à mettre fin à la provocation des postes de contrôle à la porte de Naplouse, ont conduit à l’interdiction du passage de la parade du drapeau d’extrême droite à la porte et à l’ajournement par la Cour suprême d’une audience explosive sur une pétition contre le déplacement de familles palestiniennes à Sheikh Jarrah. Dans l’ère qui suit le départ de l’administration Trump et de la crise politique en Israël, une nouvelle génération de Palestiniens perd la peur, ose de plus en plus affronter l’establishment israélien. Fondamentalement, il s’agit d’un premier soulèvement pour se libérer de l’oppression nationale et de la dépossession, de la détresse et de la pauvreté. Il porte une expression idéologique générale du nationalisme palestinien, malheureusement sans cibles politiques claires ni organisations majeures. Lorsque le Hamas et le Jihad islamique ont décidé de prendre l’initiative et sont intervenus par des tirs de roquettes aveugles, le gouvernement de droite israélien s’en est emparé pour reprendre le contrôle des événements par la force militaire.

Combien de temps l’escalade peut-elle durer? Le pouvoir de Netanyahu subit des pressions au niveau mondial, régional et local pour contenir l’incendie. Mais la décision de détruite des bâtiments, est un acte de terrorisme d’État, et le refus d’un cessez-le-feu pourraient également prolonger la crise de quelques jours à quelques semaines. Le facteur le plus important qui peut pousser à un cessez-le-feu est le développement des manifestations dans les rues – des Palestinien·nes, des Israélien·nes, et des protestations internationales. Dès le début du mois de mai, par exemple, une manifestation de solidarité avec les habitant·es de Sheikh Jarrah a été organisée à Amman, et maintenant des veillées de protestation sont organisées dans le monde entier. Les craintes des puissances capitalistes mondiales et des régimes de la région d’un événement roulant qui minerait davantage la stabilité et provoquerait une indignation et des troubles de masse, ont déjà suscité des messages de condamnation, qui sont des leviers importants pour faire pression.

Ces circonstances soulignent l’importance de construire une lutte sur le terrain, de faire pression et de marquer une sortie de crise. Le fait que les dirigeants du bloc du changement alternatif en Israël se rangent maintenant du côté de Netanyahu, est un signe d’avertissement de l’impasse que représentera un autre gouvernement capitaliste alternatif de droite dirigé par Bennett. Le volontariat opportuniste du Labour et du Meretz pour servir d’outil à la formation d’un tel gouvernement sème de dangereuses illusions et ouvre la voie à de nouvelles crises encore plus graves. Quelle est l’alternative? S’opposer, et non soutenir, un gouvernement de droite capitaliste dirigé par Netanyahu, Bennett ou tout autre visage. Et lutter pour une alternative à la politique capitaliste nationale – pour un véritable plan de changement socialiste.

Nous devons tous travailler pour multiplier les exemples d’expressions de solidarité entre Arabes et Juifs sur le lieu de travail, dans les syndicats et dans les écoles, ainsi que les déclarations sans équivoque de condamnation de la guerre et des politiques du gouvernement capitaliste. Dans les assemblées, y compris virtuelles, il est possible de discuter des mesures de protestation, y compris des délégations pour renforcer les manifestations contre la guerre. Parmi les Palestinien·nes des territoires et des endroits où des manifestations fréquentes ont déjà lieu, des deux côtés de la barrière, cela pourrait être l’occasion de promouvoir la création de comités d’action, qui s’efforceront de diriger une organisation démocratique pour étendre la lutte. C’est la réponse à l’escalade. C’est la façon de construire une lutte contre un régime dangereux, une élite corrompue et tout un système qui a une fois de plus conduit des millions de personnes dans une grave crise sanglante.

  • Stop à la guerre! Stop au siège de Gaza!
  • Mobilisons pour des manifestations contre les attaques militaires et contre l’occupation.
  • Solidarité avec la lutte des résident·es de Sheikh Jarah. Stop à la criminalisation de la construction de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est. Stop aux démolitions des maisons palestiniennes et stop aux constructions de colonies.
  • STOP au siège des forces armées israéliennes sur le complexe d’Al Aqsa. Pas de guerre de religion!
  • Pas de paix sans lutte contre l’occupation, la pauvreté, l’inégalité, contre les élites corrompues et pour les soins de santé, les moyens de subsistance et le bien-être pour tous.
  • Seules la paix et l’égalité apporteront la sécurité personnelle pour tous – stop à toutes les attaques et punitions collectives contre les 2 millions de résidents de Gaza.
  • Le droit à l’autodétermination des Palestinien·nes ne doit plus être nié. Pour une Palestine socialiste indépendante avec sa capitale à Jérusalem-Est, pour un changement socialiste en Israël et dans toute la région!

Affiches du Mouvement de lutte socialiste en arabe et en hébreu:  “Arrêtez la guerre. Pas de paix sans lutte contre l’occupation, la pauvreté et le capitalisme”.

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