Crise du coronavirus : Macron et la guerre… des classes

Le 16 mars dernier, le président de la République française, Emmanuel Macron, déclarait, lors de son allocution télévisée que la France était « en guerre » contre le coronavirus (Covid-19). C’était la deuxième fois en cinq jours que Macron prenait la parole sur ce sujet. Le 12 mars, il avait énoncé la nécessité d’« interroger le modèle dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour ». On aimerait pouvoir dire que nous sommes d’accord avec le président. Mais encore faut-il s’entendre sur le modèle dont il est question et sur ce qu’il faut améliorer. Dans la suite de son allocution, il a également évoqué l’importance de la solidarité nationale pour défendre l’État providence « quoiqu’il en coûte », car, nous dit-il, « il est des biens trop précieux pour les soumettre à la logique des marchés »… Macron a-t-il eu une révélation soudaine ? Rien n’est moins sûr.

Avec de telles prises de parole publiques, le président se croit peut-être en campagne pour le plébiscite des Français. Mais comme pour tous les aspects de la gestion de la crise, il est en retard. La campagne présidentielle qui l’a porté au pouvoir est en effet arrivée à son terme voilà près de 3 ans. Si l’on ajoute ses années passées à la tête du ministère de l’Économie sous la présidence de François Hollande, Macron a largement eu le temps de donner à voir les effets de son programme politique. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne va pas dans le sens de la défense de l’État providence !

Une gestion de la crise sanitaire désastreuse

Peu de temps après la dernière allocution de Macron, le gouvernement Philippe a mis en place une série de mesures sanitaires pour limiter la propagation de l’épidémie. D’abord limitées, ces mesures ont ensuite été durcies au motif que les gens ne respectaient pas suffisamment les consignes. Désormais, toute personne qui quitte son domicile doit être munie d’une attestation adéquate imprimée et complétée au préalable. Dans les jours qui ont suivi cette mesure, on a immédiatement pu observer une différence significative dans l’attitude des policiers chargés de contrôler ces attestations suivant que les contrôles se tenaient dans des banlieues populaires ou dans les quartiers huppés de la capitale. Les contrevenants étant gratifiés d’une amende de 135 €. Les médias ont alors beaucoup écrit sur l’indiscipline des Français et leur manque d’obéissance aux règles sanitaires. On évoque à présent un nouveau durcissement de ces règles avec des amendes alourdies et de possibles peines de prison pour les contrevenants.

Mais les raisons de ce manque de discipline sont très certainement à trouver dans les messages contradictoires adressés par l’exécutif. En effet, le 7 mars dernier à peine, le président Macron et sa femme passaient la soirée au théâtre pour « inciter les Français à sortir malgré le coronavirus ». Le 11 mars, le même déclarait, à l’occasion de la première journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme, « nous ne renoncerons à rien […] surtout pas aux terrasses, aux salles de concert, aux fêtes de soir d’été. » S’il est vrai que ces propos ont été depuis sortis de leur contexte, on a déjà pu voir meilleur sens du timing… Mais le fiasco ne s’arrête pas là, car malgré la mise en place des premières mesures de confinement et contre l’avis de nombreux experts de la santé et administrations locales, l’exécutif a décidé de maintenir les élections municipales du 15 mars. Et il faut encore ajouter à toute cette cacophonie le manque de coordination entre la communication du président et celle de ses ministres, qui ont égrené les chaînes d’infos à coup d’annonces souvent contradictoires entre elles. Comme lorsque le ministre de l’Éducation Blanquer affirmait que les écoles resteraient ouvertes avant d’être contredit le soir même par Macron lors de son allocution. Sans oublier la contradiction la plus importante : la décision de maintenir le travail dans les secteurs non essentiels de la production. Le comble du ridicule a certainement été atteint ce 24 mars quand le ministre de l’Agriculture a invité les « inactifs » à se rendre utiles directement dans les champs auprès des agriculteurs.

Le plus gros aveu de la désorganisation au sommet de l’État français est venu des déclarations de l’ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ayant remplacé depuis au pied levé le candidat macroniste Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris. Après son abandon au terme du premier tour des élections municipales, Buzyn s’est confiée au quotidien Le Monde auquel elle a déclaré « J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au Président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. » Ses collègues de la majorité ont depuis tenté de nuancer ses propos. Reste qu’une ministre de la Santé qui quitte son poste en pleine épidémie pour briguer un mandat électoral local ne correspond pas exactement au niveau de sérieux qu’on est en droit d’attendre en temps de crise. Surtout quand cette ministre a passé l’essentiel de son temps à casser l’hôpital public.

Un autre grand objet de scandale concerne l’approvisionnement en masques de protections. La communication de l’exécutif sur ce sujet a été catastrophique ! On a d’abord entendu que les masques ne servaient à rien, une affirmation rapidement démentie par les statistiques d’endiguement de la Chine, de la Corée qui ont montré leur utilité lorsque leur usage était généralisé. La porte-parole du gouvernement et le Premier ministre ont alors prétendu que leur port n’avait pas été recommandé par la population, car, compliqué à comprendre par les non-médecins… Après investigations, il s’est en réalité avéré que cette série de déclarations officielles visait à cacher une vérité un peu plus honteuse pour l’exécutif, à savoir le fait que la France avait abandonné la pratique du stockage préventif de masques héritée de l’épidémie de grippe H1N1, après avoir estimé, en 2013, qu’il était préférable d’avoir recours à la production chinoise… qui est très rapidement et assez logiquement arrivée à saturation au début de l’épidémie de Covid-19. Une amère leçon d’(in)efficacité du marché donnée au très libéral gouvernement Macron dont on aurait préféré qu’il fasse ses classes à un moment moins critique. Mais là où ce gouvernement n’a pas l’excuse de l’ignorance, c’est dans son retard de plus d’un mois pris pour relancer la production de masques sur le territoire national quand il s’est rapidement avéré que l’achat à l’étranger ne serait pas possible.

Mais le manque de préparation et l’amateurisme dans la classe dominante française ont des origines encore bien plus sérieuses dont les conséquences pourraient s’avérer tragiques dans les jours à venir.

Un lourd passif : la destruction du système de santé publique

Parmi les pays ayant eu droit à leur cure d’austérité lors de ces dernières années, la France ne fait certainement pas exception. Dans la déclaration de l’Exécutif international d’Alternative Socialiste Internationale (ASI) « La Récession Coronavirus a commencé » (19 mars 2020), nous indiquions que le nombre de lits d’hôpitaux par 10 000 habitants en France était passé de 110 à 65 entre 1981 et 2013 alors que la demande de soins de santé n’a cessé de croître dans l’intervalle. Comme l’ont répété certains commentateurs bourgeois, cette diminution est en partie explicable par l’évolution des techniques de médecine avancée qui impliquent des séjours en hospitalisation plus courts (ce qui est heureux). Néanmoins, si l’on regarde plus précisément l’évolution depuis 2003 représentée sur le graphique repris ci-dessous basé sur les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES, organisme d’État), on peut observer une nette diminution de la capacité de soins de longue durée autour de 2007-2010 qui n’est pas explicable par la seule évolution des techniques de soin. En revanche, cette chute coïncide parfaitement avec la crise financière de 2007-2008 et l’introduction des politiques de « rationalisation des coûts » (sic) qui a suivi. Cette tendance a été encore renforcée par la suite avec pour résultat une privatisation accrue du système de santé français et pour objectif de faire du secteur privé « la locomotive du virage ambulatoire ». La mise en place des mesures d’austérité a également eu un effet explosif sur la dette de l’hôpital public qui a triplé entre 2008 et 2018 pour atteindre 30 milliards d’euros ! Un montant gigantesque qui étouffe les possibilités de réaliser les investissements nécessaires dans ce secteur et qui est employé par la bourgeoisie comme un argument supplémentaire pour poursuivre sa politique de réduction des dépenses. Cette logique mortifère est sans fin… jusqu’à l’entrée en lutte des travailleurs et des travailleuses de la santé !

Au-delà des statistiques, la meilleure façon pour l’exécutif français de mesurer les effets de cette casse de l’hôpital public eut encore été de prêter l’oreille aux mouvements de masse qui ont explosé dans tout le secteur depuis des années ! En 2019, des membres du personnel de santé ont totalisé jusqu’à 9 mois de grève avec près de 300 services d’urgence mobilisés au plus fort du mouvement rejoint par tous les syndicats du service public (CGT, FO, CFDT…). Ils protestaient contre l’assèchement des finances et leurs effets au cri de : « L’État compte ses sous, bientôt on va compter nos morts », un slogan qui se révèle cruellement prophétique aujourd’hui. De nombreux médecins sont allés jusqu’à démissionner par protestation en indiquant qu’ils ne voulaient pas être rendus complices de la mort de patients qui aurait pu être évitée s’ils avaient pu recevoir les moyens de faire correctement leur travail. On a pu entendre ces médecins démissionnaires décrire l’aliénation qu’ils subissaient dans leur métier à se voir transformés progressivement de soignants en « bed-managers » chargés non plus de prendre soin de leurs patients, mais de « vendre du lit ». L’introduction de cette logique managériale néo-libérale a aussi eu des conséquences dramatiques sur la santé de l’ensemble du personnel soignant chez qui on a pu constater une forte hausse du taux de suicide ces dernières années. En 2017, une enquête de l’association Soins au personnel de Santé (SPS) révélait qu’un soignant sur quatre avait déjà pensé sérieusement au suicide, toutes activités confondues. En moyenne, chaque professionnel de santé rapporte environ 2,5 tentatives dans son entourage, dont la moitié a abouti à un décès. Rappelons également que la France est un des rares pays développés où le salaire des infirmiers est inférieur au salaire moyen de la population et en dessous de la moyenne de l’OCDE (27ème place au classement).

Le gouvernement a beau jeu de se joindre aux témoignages de solidarités qui ont éclos spontanément dans la population, alors qu’en 2018 Macron répondait aux demandes de moyens du personnel de santé en déclarant qu’il n’y a « pas d’argent magique » avant que son ministère de la santé supprime plus de 4.000 lits supplémentaires la même année.

Et maintenant ?

La grande majorité de la population a très bien compris les causes profondes de la crise sanitaire que nous traversons actuellement. Lors du rendez-vous désormais quotidien, des Français à leurs fenêtres pour applaudir les soignants à 20 h, on a pu entendre parfois le slogan « Du fric pour l’hôpital public ! »

L’opposition parlementaire, emmenée notamment par le mouvement La France Insoumise (LFI) et le Parti communiste Français (PCF), appelle à présent le gouvernement à prendre les mesures qui s’imposent et lancer un « plan de mobilisation sanitaire » incluant notamment la réquisition des entreprises qui ont la capacité de produire des respirateurs pour les personnes en soins intensifs et des masques en quantité suffisante. Un exemple faisant écho à cette demande : les anciens salariés de l’entreprise Luxfer, près de Clermont-Ferrand, qui fabriquait jusqu’en 2018 des bonbonnes d’oxygène pour l’usage médical avant d’être délocalisée pour motifs économiques, sont déjà prêts pour relancer la production. Devant l’urgence, les travailleurs et les travailleuses du secteur privé de la santé ont également réclamé que leurs cliniques soient réquisitionnées. Les exemples de telles mobilisations de la classe ouvrière ne manquent pas.

La planification de la production est évidemment la meilleure chose à faire. Mais le gouvernement vivote, tergiverse et perd du temps. Au lieu de prendre les choses en main, celui-ci met en avant les initiatives du secteur privé, comme celle du groupe LVMH de Bernard Arnault qui a réorienté une partie de sa chaîne de fabrication de parfums de luxe vers la production de gel hydroalcoolique en quasi-pénurie dans tout le pays s’offrant au passage un joli coup de pub en échange du travail de ses salariés qui sont la seule vraie force à l’œuvre derrière cette démonstration de « philanthropie » de la première fortune de France. C’est que de son côté, le gouvernement est déjà occupé à gérer une autre urgence.

Pour Macron et sa clique, l’urgence est avant tout économique

Parmi les directions évoquées lors des prises de parole publiques de Macron et de son gouvernement dans les premiers temps de la crise, on a d’abord pu voir une tentative de séduction de l’opinion, comme dans l’appel repris plus haut à « revoir le modèle social ». On s’est immédiatement mis à parler de (re)nationalisations de grandes entreprises (mais où il est question de socialiser les pertes d’entreprises en difficultés en les rachetant pour les privatiser ultérieurement), la dernière réforme des retraites, passée en force dans ces dernières semaines, a été suspendue jusqu’à nouvel ordre, ainsi que la dernière réforme de l’assurance chômage.

Par la suite, l’exécutif français a largement démontré que sa première priorité n’était pas la santé de sa population en s’empressant de voter une loi baptisée « urgence coronavirus ». Cette loi scélérate votée définitivement le 20 mars dernier entend revenir sur des conquêtes sociales majeures comme la semaine de 35 heures et les congés payés en autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnance directement en ce qui concerne le droit du travail. Alors que le nom de cette mesure vise à la présenter comme un outil de gestion exceptionnel de l’urgence sanitaire, il n’a été inscrit aucun délai permettant de la limiter dans le temps ! La ministre du Travail, Muriel Pénicaud a indiqué que cette nouvelle loi avait essentiellement pour but de permettre au gouvernement d’imposer aux salariés de prendre une partie de leurs congés pendant la période de confinement. Renseignements pris, il est apparu que cette décision avait pour origine une proposition du MEDEF, le principal syndicat patronal. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, interrogé sur cet appel à l’effort de la classe ouvrière par les journalistes de LCI a simplement déclaré « Arrêtons de parler d’efforts et parlons déjà plutôt de solidarité »… Pour les capitalistes, la solidarité ne signifie rien d’autre que de pouvoir rendre corvéable qui ils souhaitent pour sauver leurs profits.

Le même Bruno Le Maire a déclaré sur les réseaux sociaux : « Je demande à toutes les entreprises, notamment les plus grandes, de faire preuve de la plus grande modération sur le versement de dividendes. C’est un moment où tout l’argent doit être employé pour faire tourner les entreprises. » Comme nous l’enseigne toute l’histoire du mouvement ouvrier, rien n’a jamais été obtenu de la part des capitalistes en leur demandant gentiment. Naïveté de sa part ? Plutôt peut-être une sage mise en garde à destination de ses maîtres : faites bien attention, la révolte gronde ! Cela nous rappelle les déclarations grandiloquentes qui avaient suivi la crise de 2007-2008. Le président d’alors, Nicolas Sarkozy, en appelait à « moraliser le capitalisme » (sic) On a vu ce que ça a donné par la suite…

Se donner les moyens d’agir

Les mesures prises par le gouvernement de Macron sont très insuffisantes pour gérer l’urgence sanitaire à laquelle le pays est confronté. Nous évoquions plus haut certaines positions du mouvement LFI. Celle-ci a établi une série de 11 mesures d’urgence pour faire face à la crise, dont un financement immédiat à hauteur de 10 milliards pour les infrastructures de santé, l’obligation de fournir un masque à chaque salarié qui travaille pendant l’épidémie, la gratuité de l’électricité, du gaz et de l’eau dans les quantités nécessaires, le maintien du salaire y compris pour les personnes au chômage technique et l’interdiction des licenciements, l’arrêt du décompte des jours pour le droit au chômage et des radiations et la réquisition immédiate des entreprises dont l’activité est essentielle à la population : nourriture, électricité, etc. ainsi que des logements vacants pour l’hébergement en urgence des personnes sans-abris.

Les propositions de la LFI vont dans le bon sens, très certainement en soulignant la nécessité de procéder à des réquisitions pour assurer l’approvisionnement de matériel de protection ou d’autres nécessités. Nous l’appuyons également quand elle affirme que l’état d’urgence n’est pas incompatible avec la démocratie. Bien au contraire ! Et celle-ci doit s’étendre bien au-delà de son terrain habituel. Nous avons plus que jamais besoin de la délibération et de l’intelligence de groupe dans cette situation. Et la meilleure façon d’y parvenir est d’assurer que les secteurs clés de l’économie soient retirés du monde des actionnaires pour être contrôlés et gérés démocratiquement par les travailleurs. Ce sont en effet les travailleurs et les travailleuses qui savent le mieux organiser la production des entreprises essentielles. C’est à eux et pas aux patrons que doit revenir la gestion de la production. Les exemples d’entreprises productrices de masques et de bonbonnes d’oxygène citées plus haut ainsi que toutes les initiatives citoyennes qui ont fleuri un peu partout donnent une illustration parfaite que c’est la classe ouvrière qui est la plus à même de gérer la crise. Sur une telle base, il serait possible de planifier démocratiquement la production économique pour satisfaire les besoins de toutes et tous dans le respect de l’environnement.

S’organiser dès aujourd’hui

Les revendications énoncées plus haut pour faire face à la crise relèvent en réalité du bon sens, y compris hors temps de crise. Elles n’ont en revanche aucune chance d’être mises en pratiques par la classe dominante sans un puissant mouvement des masses pour lui imposer. Un tel mouvement est rendu difficile sur le plan pratique par les mesures de confinement à respecter pour ne pas aggraver l’épidémie. Mais ça n’empêche pas aux esprits de s’échauffer et la classe ouvrière de s’organiser. La CGT services publics a déposé un préavis de grève pour tout le mois d’avril pour dénoncer la mise en danger des travailleuses et des travailleurs de leur secteur contraints d’aller travailler sans un équipement de protection adéquat et pour s’opposer aux attaques contre le droit du travail. Une initiative citoyenne a également vu le jour pour que les instances de Justice fassent la lumière sur les manquements du gouvernement dans l’anticipation de la crise. L’exécutif essaie tant bien que mal de se défendre contre ces remises en cause en appelant à l’unité nationale et en dénonçant toute opposition démocratique comme contre-productive. Une position qu’il veut appuyer avec un recours constant au vocabulaire guerrier où Macron se rêve en général auto proclamée. Mais la tâche s’avère extrêmement difficile pour ce gouvernement qui était déjà largement décrédibilisé dans l’opinion avant la crise.

Même si le confinement marque un temps d’arrêt dans l’organisation des protestations dans la rue, elle se poursuit dans les consciences.

Jeremy (Namur), Parti Socialiste de Lutte (ISA en Belgique)