Greta Thunberg : « Pour sauver la planète, le monde doit se débarrasser du capitalisme »

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Ce n’est une nouvelle pour personne, mais la lutte pour l’écologie fait partie de la politisation grandissante de la jeunesse mondiale. Son héritage d’une planète meurtrie sans justice sociale pousse de plus en plus d’adolescents et jeunes adultes à entrer en lutte et à approfondir leur politisation. L’évolution de Greta Thunberg, militante écologiste suédoise de 19 ans et figure de proue du mouvement de la jeunesse pour le climat, est symptomatique de celle de toute une génération en pleine radicalisation.

De l’alarmisme…

C’est en 2018 que la jeune suédoise de 15 ans fait son entrée sur la scène internationale en appelant en novembre 2018, à une mobilisation de la part de la jeunesse mondiale par l’organisation de grèves scolaires à travers le monde. Le but? Être le porte-voix des scientifiques et alarmer les politiciens et politiciennes sur l’urgence climatique.

«Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos mots vides. Et pourtant, je fais partie des chanceux. Des gens souffrent. Des gens meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent. (…) et tout ce dont vous pouvez parler, c’est d’argent et de contes de fées de croissance économique éternelle. Comment osez-vous!» Greta alarme, Greta accuse, Greta appelle à militer lors de son discours aux Nations Unies de 2019. Mais elle laisse encore la politique «à d’autres».

… à l’intégration de la lutte sociale dans son discours.

Les termes se sont précisés: «les COP (Conférences de l’ONU sur le climat, NDLR) sont surtout utilisées par les politiciens et les personnes au pouvoir comme une occasion de se faire remarquer, grâce à de nombreux types de greenwashing», a-t-elle déclaré en annonçant son boycott du sommet de 2022 organisé en Égypte. Fini de vouloir influencer les décideurs politiques de la classe dominante, elle parle désormais de «lutte sociale», appelle à la mobilisation de tous et désigne des responsables: «Un milliardaire émet un million de fois plus de gaz à effet de serre qu’une personne moyenne, selon Oxfam. Nous savons quels sont ceux que nous devons tenir pour responsables de la crise climatique.»

Elle en appelle également à arrêter l’utilisation et l’exploitation des énergies fossiles que les «arrangements» des COP successives n’ont fait «que pousser sous le tapis». Elle ajoute également qu’«il n’y a pas de justice climatique sans justice sociale et sans droits humains.»

La COP27 se distingue cette année par son manque d’ambition et l’adoption de «mesurettes» pour faire bonne figure: la création d’un fonds d’aide pour les pays touchés par les conséquences climatiques, présentée comme une avancée «historique» alors que strictement rien n’a été décidé concernant son financement et son fonctionnement. Sur ce point comme sur l’objectif de ne pas dépasser les 1,5° degrés d’augmentation d’ici 2100, les COP sont incapables de dépasser le stade des belles paroles.

Orienter la lutte sociale vers le cœur du système

L’évolution du discours de Greta Thunberg symbolise bien l’évolution de la conscience politique de la jeune génération: ayant débuté dans la prise de conscience de l’urgence climatique, elle s’est ensuite forgée par la lutte de terrain et face à l’inaction des gouvernements capitalistes. Désormais, ces jeunes militants et militantes lient lutte climatique et lutte sociale. Ils et elles critiquent le capitalisme, le racisme et les inégalités de genre.

Le chemin est encore long vers un changement de système. Militants et militantes manifestent leur colère et leur impatience avec des actions individuelles, par exemple en ciblant symboliquement des œuvres d’art. Mais ces actions ne visent pas à convaincre et à impliquer de larges couches de la population, alors qu’une lutte commune de toute la classe travailleuse est nécessaire pour briser le pouvoir des capitalistes.

De prochains éléments restent à intégrer dans ce processus de conscientisation, dont le fait que nous ne pouvons pas contrôler ce que nous ne possédons pas. Les criminels climatiques que sont les multinationales de l’énergie et autres puissantes entreprises qui sacrifient la planète pour leurs comptes en banque doivent être expropriées et placées sous contrôle et gestion de la collectivité pour être reconverties de toute urgente. Les meilleurs outils pour y parvenir proviennent de l’arsenal du mouvement des travailleurs et travailleuses comme le blocage de l’économie par la grève et l’occupation des sites par la classe travailleuse elle-même.

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