Répression brutale des manifestations antiguerre

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Le jour de l’invasion de l’Ukraine, des protestations immédiates ont éclaté en Russie. Le régime a tenté d’écarter le phénomène comme étant le fait d’une infime minorité. Vitaly Milonov, député du parti de Poutine, a décrit les premières manifestations sur Newshour (BBC, 26 février) comme l’œuvre de «plusieurs milliers de gays, de lesbiennes, de trotskistes et de racailles de gauche». Oui, nous plaidons coupables: nous sommes nous aussi des opposants véhéments au régime du Tsar Poutine.

Rien qu’à Saint-Pétersbourg, 1000 personnes ont été immédiatement arrêtées. En une vingtaine de jours, il y a eu au moins 14 000 arrestations dans 53 villes. La pression s’est faite de plus en plus forte pour ne plus s’opposer à la guerre. Une mère russe a témoigné dans De Standaard (12 mars): «Mon fils de huit ans a reçu la visite du service fédéral de sécurité FSB à l’école. Les agents lui ont expliqué que «les vilains papas et mamans vont en prison et les enfants finissent à l’orphelinat». L’école a également distribué des prospectus en langage enfantin expliquant pourquoi il est dangereux de manifester. Et ça marche, bon sang: mon fils me supplie maintenant avec des yeux de chien battu de rester à la maison. Ça me met tellement en colère.»

Le régime menace de punir sévèrement quiconque s’exprime contre la guerre, en particulier de manière organisée. Des peines de prison allant jusqu’à 15 ans sont prévues pour ceux et celles qui diffusent de «fausses informations» sur la guerre et l’armée russe. Qu’est-ce qu’une fausse information? Parler du nombre de victimes, prendre position contre la guerre ou simplement dire que Poutine ne fait pas du bon travail. Étant donné que du contenu anti-guerre continue de circuler sur les médias sociaux ou via des connexions Internet sécurisées, on rapporte que des agents arrêtent des passants et passantes au hasard dans la rue pour fouiller leurs téléphones portables. Quiconque refuse de le faire est un suspect et peut être poursuivi en justice.

Il y a même des rumeurs selon lesquelles le régime envisage d’instaurer la loi martiale, ce qui équivaut en quelque sorte à une déclaration de guerre à sa propre population. Il reste cependant à voir si, et pour combien de temps, cette répression sera en mesure d’arrêter les énormes contradictions à l’œuvre dans les tréfonds de la société russe.

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