Changements climatiques et protestation mondiale : Sauvons l’environnement, luttons pour le socialisme!

Partout à travers le monde, des manifestations et des actions en tout genre ont lieu afin de protester contre l’inaction climatique. Signe d’une nouvelle phase de ce combat pour notre survie collective contre les intérêts d’une minorité puissante et richissime, des travailleurs et des travailleuses envisagent désormais une grève pour le climat le 27 septembre. Sur différents campus, les étudiants et les étudiantes votent et se mobilisent pour une grève sur le thème de l’environnement le 15 mars.

Cette nouvelle liaison entre l’enjeu climatique et les méthodes de lutte traditionnelles de la classe ouvrière révèle également de quel côté se trouve l’avenir du mouvement écologiste. Les scientifiques et les expert·e·s ont joué un rôle important en sonnant l’alarme, mais les actions à poser et l’ampleur du problème suppose que la majorité s’empare politiquement de l’enjeu.

Crise climatique et responsabilité du capitalisme

Le capitalisme est à la fois responsable de notre appauvrissement collectif en plus d’être la source de la crise climatique. La lutte pour le climat est par conséquent également une lutte contre le capitalisme et sa classe dirigeante qui mènent actuellement l’humanité au bord de la catastrophe. Contrairement à cette minorité privilégiée, la majorité laborieuse ne peut ignorer les conséquences du réchauffement climatique. C’est pourquoi elle commence à se préparer pour l’affrontement dont l’issue est littéralement une question de vie ou de mort collective.

Force est d’admettre qu’il n’y a pas d’égalité face aux répercussions de cette crise. Internationalement et localement, ce ne sont pas les capitalistes qui en subissent d’abord les contrecoups, mais les populations les plus pauvres. Des tsunamis, des sécheresses et des inondations sans précédent dévastent déjà les pays où les conditions de vie sont les plus difficiles. Dans les pays plus riches, les canicules, les feux de forêt et les grands froids affectent d’abord et avant tout la qualité de vie des travailleurs et des travailleuses.

Crise climatique et profits

Les groupes richissimes et les propriétaires des entreprises les plus polluantes tirent même profit de la crise climatique actuelle. Ces catastrophes créent de nouvelles opportunités de commerce. Les pénuries qui en résultent permettent aux capitalistes de s’enrichir encore plus. Le cas de l’ouragan Katrina, qui a frappé la Nouvelle-Orléans en 2005, est exemplaire. Les milliers de morts et la dévastation qui a suivi son passage n’ont pas été causés par le raz-de-marée lui-même, mais par le sous-investissement dans les infrastructures de secours et les délais d’intervention des autorités. Suite aux événements, des entrepreneurs ont construit des condos de luxe sur d’anciens quartiers populaires tandis que d’autres en ont profité pour reconstruire le système d’éducation sur la base d’écoles privées.

Ici comme ailleurs, les capitalistes sont incapables de respecter les écosystèmes. Toutes les raisons sont bonnes pour contourner les lois antipollution ou investir le moins possible en prévention, ce qui entraîne des risques inutiles pour la santé publique.

Pour une sortie de crise socialiste et démocratique

Affronter réellement l’enjeu climatique suppose de lutter contre le capitalisme. La solution aux deux problèmes est la même : il faut que les travailleurs et les travailleuses prennent le pouvoir. Ce n’est qu’en planifiant démocratiquement l’économie que nous arriverons à nous déprendre du piège de la production anarchique et entièrement tournée vers l’accumulation de profits. Le contrôle de la majorité laborieuse sur l’économie doit permettre d’organiser la production de manière à ce qu’elle satisfasse les besoins de tous et de toutes sans ruiner nos écosystèmes. Avoir la possibilité de décider collectivement ce que nous voulons produire et comment nous voulons le faire est fondamental afin de sortir de la crise actuelle.

La sortie de crise passe aussi par une solidarité internationale forte et par la collaboration des peuples. Le capitalisme nous a mis en oppositions entre nous, il est temps d’en finir avec cela et de nous unir contre la menace qui plane sur l’humanité entière. Dans cette lutte contre les changements climatiques, les peuples qui ont subi le plus durement le colonialisme et l’exploitation extrême se retrouvent également à être les premiers à subir les conséquences du système. Nous devons faire preuve plus que jamais de solidarité et d’entraide à un niveau mondial si nous voulons réussir à relever les défis devant nous.

Le Plan de transition économique de Québec solidaire

Lors des dernières élections, Québec solidaire a proposé son Plan de transition économique. Bien qu’ayant ses limites, cette approche qui consiste à lier le volet économique à la question environnementale est une alternative intéressante. Il s’agit également d’une stratégie beaucoup plus réaliste que celles qui prônent une sorte de désertion du système pour aller vivre dans des collectivités alternatives. On retiendra aussi que l’indépendance du Québec est un outil fondamental pour lutter contre l’État pétrolier canadien. Ce Plan est un premier pas dans la bonne direction. Ni simple « correction » des paramètres de l’économie capitaliste ni fuite « hors système », il propose d’affronter les changements climatiques en s’attelant à une transformation majeure de l’économie.

Or, le principal écueil avec ce Plan de transition est de ne pas assumer pleinement son caractère anticapitaliste. Les mesures contenues dans le plan sont impossibles à réaliser dans le cadre d’une économie capitaliste. À peine QS serait parvenu au pouvoir et commencerait à appliquer quelques réformes que déjà, le patronat et les capitalistes se mettraient en opposition frontale et tenteraient de saboter toute tentative qui pourrait nuire à leurs profits. Pour s’en convaincre, il suffit de constater les attaques médiatiques dont QS est régulièrement la cible pour ne pas se plier à l’agenda économique des élites. Un tel plan de transition s’attirerait aussi la foudre des capitalistes d’autres pays.

Autrement dit, sans une prise du pouvoir par la classe ouvrière et sans une forte solidarité internationale, les plans de transition n’ont aucune chance de réussite et sont condamnés à être battus.

Lors du Conseil national de décembre 2018, les membres de QS ont élaboré et voté en faveur d’une campagne de mobilisation sur les changements climatiques prévue dès le printemps 2019. Il s’agit d’une occasion pour les travailleurs et les travailleuses de s’impliquer dans un mouvement de masse qui lie la question économique à la question environnementale en vue de forcer l’imposition de premières mesures nécessaires. Bien évidemment, il ne faut pas s’arrêter là! Ce n’est que le début d’une lutte plus grande et plus profonde qui a le potentiel de vaincre le capitalisme et de donner aux travailleurs et aux travailleuses les leviers économiques nécessaires pour une vraie transition.

Nos vies et nos écosystèmes valent plus que leurs profits!

L’urgence climatique nous force à mettre de l’avant des revendications permettant de donner le pouvoir aux travailleurs et aux travailleuses afin d’éviter une hécatombe mondiale.

  • Pour un service public national de transport en commun gratuit!
  • Pour l’indépendance de la recherche publique qui n’a pas à être soumise aux intérêts capitalistes!
  • Pour la nationalisation du secteur de l’énergie et son contrôle par les travailleurs, les travailleuses et la population!
  • Pour la fin de l’obsolescence programmée!
  • Pour la création d’emplois verts et socialement utiles grâce à une véritable transition écologique!
  • Pour un Québec socialiste et indépendant de l’État pétrolier canadien!
  • Pour le soutien aux luttes qui se déroulent ailleurs dans le monde contre le capitalisme et ses conséquences!

William C-F

Tagged , , , , , , , , .