Plan budgétaire de la CAQ : acheter des votes avec des miettes

Alors que travailleurs et travailleuses traversent une crise inflationniste de niveau mondial, subissent les répercussions d’une guerre impérialiste dont personne ne voulait – à part les gouvernements belligérants – et sont frappé·es de plein fouet par une crise du logement qui s’accentue sans arrêt, le gouvernement caquiste sort son carnet de chèques préélectoral pour nous envoyer quelques centaines de dollars.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) se targue de son nouveau budget 2022-2023 en donnant des cadeaux en argent pour faire oublier sa mauvaise gestion des quatre dernières années. Donner 500$ aux Québécois et Québécoises qui ont de la misère à faire leur épicerie et se payer un logement décent, c’est comme donner son p’tit change à un sans-abri: ça ne le sortira pas de la misère.

Cette mesure est purement électoraliste, étant donné que ce montant est envoyé à tous et toutes, qu’ils ou elles gagnent 10 000$ ou 100 000$ par année, question de rallier le plus de monde possible avant les élections l’automne prochain. Près de 94% des travailleurs et travailleuses au Québec gagnent des salaires qui se situent entre 0 et 100 000$ par année.

Le logement inabordable

La construction incessante d’immeubles à condos ne s’estompe pas, surtout dans la métropole montréalaise. Les promoteurs immobiliers font la piasse en vendant à fort prix leurs microcondos. Ces derniers seront utilisés par leur nouveau propriétaire comme un actif qui gagnera de la valeur lorsqu’il sera revendu encore plus cher.

Les propriétaires de vieux immeubles, aussi attirés par l’appât du gain, veulent profiter de cette manne. Plus de la moitié des nouveaux propriétaires de logements locatifs en profitent pour évincer et imposer des hausses de loyers exagérées. Ces hausses des loyers font augmenter le prix moyen des loyers. 

Toutes les pénalités qui sont mises de l’avant pour décourager les propriétaires véreux de recourir à ces tactiques malintentionnées sont insignifiantes en rapport aux profits engendrés. Plusieurs n’ont aucun problème à payer les amendes reçues pour continuer leur sale besogne et mettre des gens à la rue. Avec l’augmentation des loyers, trouver un loyer décent après s’être fait évincer de son logement n’est pas une tâche facile. Surtout si le, la ou les locataires ont des salaires misérables, des emplois précaires, sont sur l’aide sociale ou sont à la retraite.

Tant que la construction de logements restera entre les mains du privé, impossible de régler cette situation intenable. Il est impératif que ce contrôle revienne entre les mains de l’État, et ultimement entre les mains des travailleurs et travailleuses. Il faut aussi que le prix des loyers soit contrôlé beaucoup plus sévèrement en fonction de la capacité de payer des travailleurs et travailleuses et que les immeubles vides, qui servent uniquement à faire grimper la valeur, soient saisis immédiatement pour être transformés en logements publics réellement abordables.

Le prix de l’essence : à quand le point de rupture?

Chaque situation de conflit mondial est un bon prétexte pour que les pétrolières engrangent encore plus de profits et que le gouvernement en profite par la bande. Avec la guerre en Ukraine, le prix de l’essence a bondi considérablement, même si nous ne sommes pas aussi dépendants que les Européens des importations de pétrole hors de l’Amérique. Mais lorsqu’on touche au prix de l’essence, les prix de tous les biens montent à cause du transport des marchandises, notamment le prix des aliments et autres produits essentiels. Le réflexe des gouvernements de droite, c’est de tendre vers une économie plus fermée, pour devenir moins dépendants des pays qui sont en conflits directs avec leurs intérêts géopolitiques. 

La hausse du coût de la vie a dépassé une barrière psychologique importante pour plusieurs personnes. Par manque de moyens et n’ayant plus grand-chose à perdre, certaines personnes se révoltent. On voit une augmentation des vols d’essence, non pas seulement à la pompe, mais directement de voitures garées dans la rue en perçant les réservoirs d’essence. Au Pérou, il y a présentement une révolte populaire qui fait suite à une montée du prix de l’essence que les gens n’ont pas du tout digérée.

Les partis plus réformistes de gauche se rabattent majoritairement sur des alternatives comme l’achat de voitures électriques, autant pour devenir moins dépendants du pétrole étranger que pour trouver une solution qui soit compatible avec la protection de l’environnement. Néanmoins, produire des voitures électriques dispendieuses et entretenir le même trafic routier n’est pas une vraie solution. Oui, l’électrification des transports est un incontournable, mais pas pour plus de voitures individuelles. La production de batteries pour les voitures, à base de lithium, a aussi son coût environnemental

Par contre, le développement d’un réseau de transport en commun qui soit beaucoup plus accessible pour tous et toutes, autant au niveau local (autobus, métro, tramway) que interrégional (train, autocar, etc.), participerait largement à hausser la qualité de vie de tout le monde. Les travailleurs et travailleuses passeront bien moins d’heures sur les routes pour se rendre au travail. Ce serait aussi plus avantageux pour l’environnement, étant donné qu’on produirait un nombre donné de véhicules et qu’on n’aurait ensuite qu’à investir sur l’entretien. La cerise sur le crémage serait de faire passer sous contrôle public et démocratique les différents réseaux de transports (ferroviaire, autobus interurbains, autopartage, etc.) et de les intégrer afin de mettre sur pied un réseau de transport public rationnel, gratuit et écologique.

Encore le privé pour nous «sauver» en santé

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a fait connaître ses intentions de réformer le système de santé en se tournant encore plus vers le privé. Les partis de droite font toujours miroiter que privatiser et abolir une grande partie des taxes et des impôts se traduit par plus d’argent dans les poches des gens et la liberté de choisir les services qu’on veut se payer. Mais plus d’argent pour qui au juste? 

Les gens qui n’ont pas les moyens de se payer des services de santé n’auront pas plus les moyens de s’en payer avec quelques dollars de plus dans les poches. Entre manger, se loger et aller faire une réparation chez le dentiste, lequel des trois choix va prendre le bord en premier vous pensez? Et pourtant, la santé générale, c’est un besoin essentiel dont tous et toutes devraient jouir de la naissance à la mort, sans avoir à couper dans d’autres nécessités de la vie courante. Vivre dans un système capitaliste qui permet à certaines personnes d’en exploiter d’autres fait en sorte que, pour pallier au problème de façon superficielle, on se dote d’un système de taxation et d’imposition qui tente, du moins en partie, de rééquilibrer les chances pour les personnes les moins nanties. Un système où les besoins essentiels sont des droits inviolables pour tous et toutes – se nourrir, se loger, se soigner, s’instruire – est un système qui ne permet pas de monnayer la qualité des services.

Le but ultime du privé, c’est de faire du profit. Peut-on accepter que l’intérêt pécunier passe devant la santé et la qualité de vie? La réponse est bien évidemment non. Ce qui fait qu’il est totalement ridicule que le privé soit impliqué dans le secteur de la santé, c’est en fait dangereux et – on peut le dire sans exagérer – mortel! La réflexion est exactement la même en ce qui concerne le logement public.

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