37e Congrès du Conseil central du Montréal métropolitain : Élection d’une socialiste au CCMM-CSN

La présidente du syndicat de l’informatique de La Presse et Nuglif, Chantal Ide, a été élue au poste de vice-présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), à l’issue de son 37e congrès tenu à Montréal du 10 au 14 juin. Membre d’Alternative socialiste depuis trois ans, Chantal s’est fait connaître en tant que responsable du comité de la condition féminine et membre du comité de mobilisation du CCMM-CSN.

La militante a dû affronter le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du ClUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal (CSN), José Jimenez, pour le poste de 1ère vice-présidence au CCMM-CSN. Alternative socialiste s’est entretenu avec Chantal quelques heures après son élection.

Pourquoi t’es-tu présentée à l’exécutif du CCMM-CSN?

Le CCMM est un lieu déterminant pour organiser les luttes. Pas juste celles pour de meilleures conditions de travail. Mais, aussi celles qui font avancer les conditions de vie de tous les travailleurs et travailleuses, autant au public qu’au privé. Les attaques des boss et du gouvernement tombent sur la tête de tout le monde: les travailleuses de la petite enfance, les tuteurs et tutrices de la TELUQ, à Velan, etc.

Les inégalités ne font que s’accentuer. Tout augmente, sauf nos salaires et nos conditions de travail. Les capitalistes et leurs partis sont incapables de prévoir une transition écologique juste, de créer des emplois de qualité et de nous offrir un niveau de vie convenable. Ça suffit! Nous avons besoin d’un syndicalisme combatif et inclusif pour rétablir notre rapport de force. Nous le pouvons, surtout en cette période de pénurie de main-d’œuvre.

Outre ta combativité, qu’est-ce qui fera de toi une élue différente?

Je ne suis pas là pour l’argent. Lors de mon discours de candidate, j’ai pris l’engagement formel, devant tous les délégué·e·s, de ne pas prendre plus d’argent en salaire que ce que je gagne sur le plancher. Ç’a été un moment fort du congrès. J’ai senti qu’il y a eu une vibe dans la salle. Ç’a éveillé quelque chose chez les gens.

Pourquoi revendiquer le salaire ouvrier chez les dirigeants et dirigeantes syndicales?

Si nous voulons des dirigeants et des dirigeantes syndicales à l’écoute de nos intérêts, ces personnes ne peuvent pas gagner des salaires de boss. Il faut qu’elles aient les mêmes conditions de vie que les gens qu’elles représentent.

Que feras-tu avec ton excédent de salaire?

Je vais le verser à des organismes en lutte pour l’avancée de la classe ouvrière. Je vais devoir déterminer la meilleure façon pour le faire. Par exemple, la conseillère municipale d’Alternative socialiste à Seattle, Kshama Sawant, a décidé de financer des campagnes de terrain. Une bonne partie de son excédent est directement allé dans le financement de la campagne 15NOW pour le salaire minimum à 15$/h. C’est d’ailleurs la première ville majeure aux États-Unis à l’avoir adopté.

Ici, il a plusieurs organismes de sensibilisation et d’action comme le Centre d’histoire et d’archives du travail (CHAT), le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI), le Centre International de Solidarité Ouvrière (CISO) ou l’Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (UTTAM) qui dépendent fortement du financement populaire pour se maintenir en vie.

Il y a aussi les différentes activités de formation et d’organisation de lutte qu’offrent les membres d’Alternative socialiste et d’Étudiant·e·s socialistes UQAM. Elles sont toutes dirigées vers les travailleurs et les travailleuses, que ce soit pour le 15$/h minimum, contre la loi sur la « laïcité de l’État » ou encore pour l’indexation automatique des salaires au coût de la vie et des hausses salariales selon un montant fixe.

Quels sont tes objectifs pour le prochain mandat?

LUTTER! Au CCMM, tous les combats sont importants. Il faut continuer de construire des campagnes de terrain autour de revendications concrètes et tenir jusqu’au bout pour aller les chercher. Tout en défendant un projet de société qui vise l’émancipation complète de la classe ouvrière.

Les négociations du secteur public vont commencer dans le prochain mandat. Elles sont essentielles pour le bien-être des travailleurs et des travailleuses de ce secteur, mais également pour l’ensemble de la population québécoise. Des services publics gratuits, accessibles et de qualité passent par l’amélioration des conditions de travail de tous les employé·e·s, peu importe leur affiliation syndicale. Ce ne sont pas les partis patronaux comme la CAQ, le PQ ou le PLQ qui vont nous autoriser ça!

En contexte de pénurie de main-d’œuvre, nous avons une raison de taille pour redynamiser la lutte pour le 15$/h minimum. Tant qu’on n’a pas gagné, on continue! C’est également l’occasion de développer des campagnes de syndicalisation dans des domaines plus difficiles à syndiquer, mais qui prennent toujours plus d’expansion. Davantage de solidarité internationale est aussi essentiel. En ce moment même, des mouvements de masse déferlent partout dans le monde contre les attaques des élites envers les conditions de vie de la majorité.

Es-tu confiante d’y arriver?

C’est formidable de sentir qu’on a le soutien des membres, des camarades. J’ai été élue en affichant clairement mes valeurs. Cela démontre qu’il y a une volonté chez les travailleurs et les travailleuses de lutter, d’aller plus loin et de dépasser le capitalisme. Avec les politiciennes et les politiciens réactionnaires, pollueurs et sans envergure qui nous gouvernent, les occasions de lutte ne manqueront pas!