Coordonnons notre colère ! Pour des comités d’actions intersyndicaux !

Ces bandits à cravate rient de nous depuis trop longtemps. Nous n’avons pas des milliers d’alternatives : nous attendons soit le messie ou nous nous organisons par nous-mêmes dans nos milieux de travail et de vie. Un mouvement de révolte gronde en ce moment contre les politiques d’austérité. C’est la survie même des services publics et du mouvement syndical qui est en jeu. Il nous faut donc, toutes et tous, s’investir à fond dans la bataille à venir.

Cette résistance doit passer par le mouvement syndical, la seule structure qui organise massivement le monde du travail. Malheureusement, nous sommes devant une situation où la mobilisation des militant·e·s de la base n’est presque plus une priorité des centrales syndicales. Nous pourrions même dire que nous avons vu une perte d’expertise en la matière, une rupture dans les traditions de mobilisation du mouvement ouvrier. Il s’agit d’une conséquence de plus de trente ans de partenariat social, où une grande partie de l’énergie des appareils syndicaux, incluant les exécutifs locaux, consiste à préparer les rencontres d’arbitrages, lors desquelles les décisions prises sont majoritairement en faveur des patron·ne·s…

Nous voyons bien les conséquences de cette rupture : pendant que le gouvernement annonçait ses mesures d’austérité, les directions syndicales ont passé plus de 6 mois à élaborer un argumentaire pour convaincre le gouvernement et les médias du bien-fondé de leurs revendications. Mais dans ce genre de conflit, ce n’est pas celui qui a raison qui gagne, mais le plus fort. Il ne faut pas attendre l’autorisation des directions syndicales pour se mobiliser, il faut le faire par nous-mêmes. La création de comités d’action intersyndicaux est une solution pour faire le pont entre l’appareil syndical et les travailleurs·euses, en créant un mouvement d’opposition qui part d’en bas et non pas d’en haut, comme en ce moment.

Construire la solidarité à la base

La création de comités d’action intersyndicaux, regroupant les travailleurs·euses les plus politisés d’un même lieu de travail, pourrait être une solution intéressante pour redynamiser les appareils syndicaux et surtout impliquer les travailleurs·euses dans les actions du syndicat. Ces comités auraient comme principaux objectifs de diffuser l’information, de participer activement à l’organisation d’activités, de réunir les travailleurs·euses pour discuter d’enjeux précis et toutes autres actions qu’ils jugent pertinentes.

C’est ce type d’organisation qui explique la grande capacité de mobilisation du mouvement étudiant. L’exécutif gère les affaires courantes, mais se sont les « comités mob » qui distribuent l’information et mobilisent la base. Dans les milieux de travail, les délégué·e·s sont responsables de cette tâche, mais sont souvent isolé·e·s entre eux et elles et ne mènent pas de campagne d’envergure, ce qui serait le rôle d’un comité mob. Le ou la syndicaliste doit être visible en tout temps. La mobilisation est un travail de longue haleine et doit être permanente, plutôt que faite à la va-vite et de façon ponctuelle.

Ces comités relèvent évidement des assemblées générales et doivent respecter la démocratie syndicale, mais ils doivent également avoir une certaine autonomie. Souvent, les directions syndicales ont peur de perdre le contrôle sur les membres, ce qui a pour conséquence de concentrer l’organisation d’activités entre quelques mains et s’avère dramatique pour la mobilisation. On demande aux travailleurs·euses de répondre à l’appel syndical, mais presque jamais de s’organiser eux et elles-mêmes. Il ne faut pas s’étonner si les travailleurs·euses sont souvent passif·ve·s et ne se sentent responsables de rien.

Pour un mouvement de masse démocratique

L’ampleur des attaques nécessite la plus grande unité possible. Certains milieux de travail possèdent 2 ou 3 syndicats pour un même établissement. Ce n’est pas nécessairement négatif en période calme, mais en période de lutte, la coordination entre les différentes structures doit être une priorité. La solidarité entre les exécutif locaux est une bonne chose, mais pour vaincre, c’est la solidarité entre les travailleurs·euses qu’il faut construire. Ces derniers·ères se côtoient quotidiennement, il n’y a pas de raison majeure pour une organisation séparée. Pour construire une unité réelle et durable, elle doit prendre une forme organisée. La tenue d’assemblées générales conjointes doit être priorisée lors de l’élaboration d’un plan d’action. Pour en faire le suivi, un comité intersyndical est vital. Cette forme d’organisation est un moyen de contrer les campagnes de maraudage que les directions chercheront probablement à faire, à cause de l’adoption de la loi 10.

Ces comités d’action doivent être redevables et être initiés, pour qu’ils soient légitimes, et offrir les ressources de base nécessaires, par les groupes communautaires dans les quartiers et par les syndicats locaux sur les milieux de travail. Ces comités de base doivent être fédérés entre eux avec des représentant·e·s élu·e·s et révocables en tout moment. La démocratisation des structures passe par l’implication active de la base et la solidarité de classe. Ces différents comités pourraient devenir l’ossature d’un mouvement de masse démocratique contre l’austérité.

Créons nos comités d’action dans nos milieux de travail et de vie!

Pour un mouvement de masse démocratique contre l’austérité!

Construisons la grève générale!

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