La division érigée en valeur

Le Parti québécois est passé maître dans l’art de faire diversion pour masquer les vrais enjeux. En ce moment, les actionnaires de Pétrolia doivent être morts de rire. On vient de cacher le vol odieux du pétrole d’Anticosti sous un débat identitaire stérile. En plus de camoufler de telles attaques à notre égard, le PQ cherche à se faire du capital politique facile sur le dos des minorités religieuses avec leur idée de Charte des faux problèmes.

Les conseillers marketing du PQ sont prêts à descendre très bas pour sauver la position politique de leur parti comme l’avait également montré leur montée de lait au sujet de la viande halal, enjeu directement importé du Front National. Il faut dire qu’après avoir saboter les luttes sociales et de libération nationale qu’il a usurpées, le PQ ne peut plus compter sur son vernis social-démocrate et indépendantiste pour se différencier des autres partis patronaux. Il n’a donc plus aucun scrupule à utiliser la seule carte qu’il lui reste, celle identitaire, pour sauver l’emploi de ses permanents et de ses députés.

Par ailleurs, on cherche insidieusement à faire croire aux travailleurs-euses que nous avons plus d’intérêts communs avec le patronat québécois qu’avec leurs collègues juifs, musulmans, sikhs ou autres dont on menace l’emploi dans la fonction publique.

C’est évident que le maintien du crucifix à l’Assemblée nationale est un aveu du caractère identitaire de leur soi-disant laïcité. C’est aussi évident que d’interdire les signes ostentatoires participera à la discrimination des minorités. Il faut dénoncer tout cela. Il ne s’agit cependant pas là de discuter de la forme de la Charte ou de philosopher sur les réelles implications de la laïcité. Il s’agit plutôt de nommer les choses par leurs noms et de s’y opposer fermement : Non à ces tactiques scabreuses de divisions et de diversions ! Pendant que les gouvernements libéraux et péquistes appliquent tour à tour mesures d’austérité par dessus mesures d’austérité, leurs laquais osent dissimuler les attaques récurrentes sur notre qualité de vie et le pillage de nos ressources derrière des faits divers montés en épingle au profit de l’establishment.

Ce n’est pas d’hier que l’État et la classe dirigeante utilisent la dissimulation et la division pour affaiblir le rapport de force des travailleurs-euses. On ne s’étonne donc pas du projet de Charte discriminatoire du Parti québécois. On s’étonne par contre des positions prises par certains représentants syndicaux ou divers acteurs populaires et progressistes. La présidente du SFPQ, par exemple, déclarait : « L’idée selon laquelle c’est l’État qui est neutre et non les individus est fausse. Les fonctionnaires doivent refléter concrètement ces valeurs de neutralité. Ainsi, il serait impensable de voir des employés de l’État manifester leur appui à l’un des partis présents à l’Assemblée nationale par le port d’un macaron en milieu de travail, il en va de même pour les croyances religieuses ». Or, ce qui est réellement impensable, c’est de voir une présidente de syndicat répéter servilement ces propos démagogues et faire passer son appartenance au PQ avant l’intérêt de ses propres membres qu’elle n’a d’ailleurs pas consultés. D’autant plus que les membres du SFPQ, comme travailleurs-euses de la fonction publique québécoise, seront directement touchés par la Charte.

Par delà les différences de chacun, c’est dans la lutte contre les offensives antisociales du patronat et de l’État que la solidarité concrète des travailleurs-euses doit plus que jamais s’exprimer.

Pierre-André, section Québec.

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