Action devant la résidence Des Ateliers le 16 janvier 2023

Nouvelle résidence de l’OMHM : Nous méritons plus que des peanuts!

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Les membres de la campagne Nos quartiers ne sont pas à vendre se sont mobilisé⋅es lundi dernier pour l’inauguration de la toute nouvelle résidence pour aîné⋅es de l’OMHM. Pendant que les responsables politiques de la crise du logement se félicitaient pour ce projet, nos membres soulignaient leur hypocrisie et l’insuffisance de cette nouvelle construction.

Nous nous réjouissons de la construction de 193 nouveaux logements plus abordables dédiés aux personnes âgées de Montréal. Toutefois, l’Office municipal d’Habitation de Montréal (OMHM) a mis près de 10 ans pour construire sa nouvelle résidence pour personnes âgées située au-dessus de la station de métro Rosemont à Montréal. Cette nouvelle offre est dérisoire face à l’ampleur du problème actuel d’accès au logement. Durant la même période, les grands groupes de résidences privées pour aîné⋅es (RPA) ont construit des dizaines de milliers d’unités. Ces unités à fort prix poussent les familles à dilapider leur héritage et en poussent même certaines à la ruine.

D’un côté, les promoteurs immobiliers et les compagnies de construction ont bénéficié de la complaisance du gouvernement québécois pour réaliser leurs projets. De l’autre, les gouvernements successifs ont coupé les budgets des Offices municipaux d’habitation (OMH). Les trois quarts des habitations à loyer modique (HLM) de l’OMHM sont en mauvais état. Les élu⋅es de Montréal se bornent à blâmer le manque de financement provenant de Québec et à mentir sur leur échec à livrer les logements sociaux promis il y a cinq ans. Plus de 24 000 ménages sont officiellement sur sa liste d’attente pour un logement abordable. Au rythme actuel, l’OMHM prendra plus de 1 200 ans à régler la crise du logement à Montréal!

Lundi, l’élite politique s’est tapée dans le dos pour un projet de résidence en branle depuis une décennie. Steven Guilbeault, le ministre fédéral de l’Environnement, a souligné l’importance du logement social, alors que son gouvernement a investi le minimum possible dans ce poste budgétaire, à peine pour assurer l’entretien des HLM déjà en ruine. Le gouvernement Trudeau gaspillera toutefois 19 milliards $ dans l’achat de 88 avions de chasse F-35. Benoit Dorais, le responsable de l’habitation à la Ville de Montréal, est allé dans le même sens, alors qu’il est l’architecte principal de la gentrification massive des quartiers du Sud-Ouest de Montréal. Aussi présente à l’inauguration, la ministre de l’Habitation du Québec France-Élaine Duranceau s’en remet quant à elle aux mesures déjà existantes pour aider les locataires. Elle a déclaré quelques jours plus tard qu’il «n’y a pas grand-chose à faire» face aux hausses de loyer.

Pendant que les dignitaires se félicitaient, les loyers continuaient d’augmenter dans Rosemont-La Petite-Patrie. Les anciens propriétaires des nouveaux locataires de la résidence Des Ateliers augmentent abusivement leurs loyers en ce moment même! Une diminution de l’accès au logement décent est également à prévoir avec la prochaine récession économique.

Pourquoi l’administration montréalaise en profite-elle pour investir 10 fois plus d’argent dans la police que dans le logement? Pourquoi la ville n’utilise-t-elle pas ses pouvoirs pour exproprier les terrains vacants, abandonnés ou négligés pour les transformer en logements publics? Pourquoi n’y a-t-il toujours pas de loi qui gèle les loyers ou interdit la spéculation immobilière? Pourquoi les amendes pour l’hôtellerie illégale sont-elles si risibles? Pourquoi le gouvernement provincial ne nationalise-t-il toujours pas les RPA et CHSLD privés?

Les locataires de Montréal méritent plus de que peanuts! Le droit au logement décent sera une réalité quand nos quartiers seront arrachés des griffes des grands propriétaires, des spéculateurs, des promoteurs privés et des élites politiques à leur service. Nous appelons les locataires, les syndicats et les associations étudiantes à rejoindre notre campagne, et les encourageons à redoubler leur action militante sur l’enjeu du logement.

Pour leur manque d’action durant la pire crise du logement depuis 40 ans, la campagne Pas à vendre décerne le Prix Peanut d’Or du logement à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et à la ministre caquiste de l’Habitation, France-Élaine Duranceau.

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