Le capitalisme nous assèche : Il faut un plan d’urgence pour le climat et la sécurité alimentaire!

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Alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine a privé beaucoup de pays d’une importation vitale de blé, le gouvernement Indien avait promis de «nourrir le monde». Mais le deuxième plus grand grenier du monde se referme. Touchée par une vague de chaleur extrême avec des pics à 50°C affectant les récoltes, l’Inde a décidé en mai interdire toute exportation de blé. En raison du changement climatique, les canicules sont plus fréquentes mais aussi bien plus sévères.

Pouvoir d’achat ou écologie : il ne faut PAS choisir!

Ces événements nous rappellent que le problème climatique n’est pas une abstraction, un phénomène lointain ou une problématique d’ordre moral: il participe activement à la destruction de nos capacités de production et la dégradation de nos conditions de vie. Mais pas forcément pour tout le monde.

En effet, si la classe travailleuse paye sévèrement le prix du réchauffement climatique dans les pays capitalistes avancés (inondations, inflation) et dans le monde néocolonial (destruction de récolte, famine, etc.), certains tirent de cette destruction des bénéfices records. En effet, les grandes entreprises pétrolières comme Exxon, BP, Shell et Chevron ont à elles seules engendrées près de 2000 milliards de bénéfices depuis les années 90!

Les capitalistes et leurs représentants politiques savaient, mais ils n’ont rien fait

C’est pourtant pendant cette décennie que les dangers du réchauffement climatique et son origine humaine ont commencé à devenir évidents pour la communauté scientifique. Ce n’était pourtant pas une partie de plaisir, quand on sait que certains groupes de réflexion, comme le Marshall institute, ont été payés par ces mêmes compagnies pour mener à bien des études niant les causes humaines du réchauffement climatique1.

Le but de ce genre d’institut pseudo-scientifique est simple: semer le doute afin de préserver leurs profits, comme autrefois le faisaient les cigarettiers en payant des médecins niant le lien entre le cancer et la consommation de tabac. Depuis les années 90, chaque année, Exxon, BP, Chevron, Shell et Total dépensent en moyenne tous les cinq 200 millions de dollars en lobbying pour se présenter comme éco-responsable2.

Pourtant, les entreprises pétrolières et les gouvernements savaient que les émissions de CO2 dues à la combustion de fossiles entraînent une augmentation de la température et ce depuis longtemps. Un rapport déposé auprès du président des États-Unis datant de 1965 en faisait déjà mention3.

Toutes ces connaissances ne les ont pas empêchés de continuer à mener à bien l’écrasante majorité des émissions de gaz à effet de serre. Seuls 20 compagnies s’occupant de l’extraction de charbon, de gaz et de pétrole sont responsables de 35% des émissions de gaz à effet de serre depuis 1965, dont 10% uniquement pour les 4 grandes compagnies pétrolières citées plus haut.

Le syndrome de Stockholm

Le 2 et le 3 juin aura lieu une réunion internationale des Nations unies sous le thème «Stockholm+50: une planète saine pour la prospérité de toutes et tous – notre responsabilité, notre chance» avec l’objectif de «célébrer» 50 ans d'(in)action climatique à partir de la Conférence des Nations unies sur l’environnement humain de 1972. C’est une vaste blague. Les capitalistes et leurs politiciens n’ont et ne vont jamais agir pour le climat, car cela signifie de mettre de côté leur soif illimitée de profit. Cette conférence ne sert qu’à susciter notre sympathie pour ceux qui prennent en otage notre environnement et notre avenir.

Seul le mouvement organisé des jeunes et des travailleurs pourra imposer le changement nécessaire.


1. Nationalisation du secteur de l’énergie!

On ne contrôle pas ce qu’on ne possède pas: si nous voulons réduire le prix de l’énergie et assurer la transition écologique, il nous faut nationaliser le secteur sous le contrôle démocratique des travailleurs et travailleuses et des consommateurs et consommatrices!

2. Investissons massivement dans un logement public de qualité!

Nous manquons cruellement de logements sociaux. Il faut investir massivement dans leur construction et dans la rénovation de bâtis abandonnés aux spéculateurs immobiliers, afin également d’instaurer une pression à la baisse sur l’ensemble des loyers, en accompagnant le tout d’un plan public d’isolation et de rénovation des bâtiments, quartiers par quartiers, pour mettre fin au gaspillage énergétique!

3. Mettons fin à la destruction de l’environnement!

Luttons contre les projets de pipelines et la prédation de l’agro-business, qui détruisent chaque jour des hectares de forêts qui pourraient absorber le CO2 émis, en luttant aux côtés des populations autochtones et en assurant la reconversion des travailleurs et travailleuses des secteurs polluants avec de bons salaires et de bonnes conditions de travail.

4. Mettons fin aux guerres impérialistes!

Chaque année, les armées du monde entier émettent des quantités hallucinantes de CO2 pour mener à bien des massacres. Des centaines de milliards qui pourraient être investis dans la transition écologique sont dévorés dans ces guerres, qui ne font qu’enrichir la classe capitaliste des pays impérialistes!

5. Contre le chaos du marché, la planification socialiste!

Le système capitaliste fonctionne sur deux bases: la concurrence et la recherche de profit. Isolés chacun dans leur coin, les capitalistes sont incapables d’avoir une vision d’ensemble de l’économie, et sont trop occupés à chercher à gagner plus de dividendes. Ils ne peuvent penser à diriger la production pour répondre aux besoins sociaux (et donc les limites de notre planète, au-delà desquelles on ne peut plus répondre aux besoins). Contre ce chaos du marché, luttons pour une économie planifiée démocratiquement répondant aux besoins, une économie socialiste!

6. Le capitalisme détruit nos emplois, la planète et notre niveau de vie!

Le système actuel est basé sur l’exploitation des humains et de la nature, et détruit les deux. Il ne sert à rien d’opposer climat et emploi: le dérèglement climatique touche avant tout la classe travailleuse, et la transition écologique créerait plus d’emplois vert qu’elle n’en détruira dans les secteurs polluants!

7. A la rivalité nationaliste des capitalistes,opposons la solidarité internationale des travailleurs et travailleuses!

Le changement climatique est un problème mondial. Aucun pays, même le plus émetteur, ne pourra, s’il agit seul, agir concrètement contre le réchauffement climatique. Il faut revenir à la tradition internationaliste du mouvement ouvrier, c’est pourquoi Alternative socialiste fait partie d’une organisation internationale, Alternative Socialiste Internationale, présente dans plus de 30 pays sur tous les continents.

8. Changer le monde exige de se battre pour le socialisme international!

Nous ne pouvons pas compter sur les politiciens et politiciennes capitalistes pour lutter contre le réchauffement climatique, car le système sur lequel ils et elles se fondent ne peut que détruire la planète. Seul le mouvement organisé des travailleurs et travailleuses et de la jeunesse le peut. Le mouvement pour le climat a démontré ses forces mais aussi ses limites. Il faut qu’il se montre plus organisé, avec des comités démocratiquement élus, capables de défendre un programme et de lier les revendications écologiques à celle du mouvement ouvrier organisé, qui a le pouvoir de bloquer l’économie par la grève, et qui est la seule force sociale capable de reprendre en main l’économie et de faire tourner le monde d’une autre manière – une économie planifiée démocratiquement – et d’ainsi transformer notre société capitaliste destructrice et à bout de souffle en une société différente, capable de répondre aux besoins sociaux et environnementaux: une société socialiste.


Notes

1. L’Histoire Continue : 1995, comment le doute a été semé sur un rapport du GIEC, rtbf.be, 20 mai 2022.
2. Revealed: the 20 firms behind a third of all carbon emissions, theguardian.com, 9 octobre 2019.
3. Restoring the quality of our environment report of the environmental pollution panel president’s science advisory committee, The White House, novembre 1965.

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