Rassemblement contre la fermeture de RPA à Verdun devant les bureaux de la députée libérale le 26 mai 2022

Investiture QS à Verdun : nouvelle étape de franchie pour les socialistes

La course interne pour choisir la prochaine candidate de Québec solidaire dans Verdun a été l’affrontement politique le plus direct et symbolique entrepris par l’opposition socialiste au sein du parti face à la direction actuelle. La candidate socialiste Rosalie Bélanger-Rioux et son équipe ont franchi une nouvelle étape dans la construction d’une plus grande solidarité dans le quartier, en particulier avec des personnes âgées mobilisées contre les requins de l’immobilier.

Les idées socialistes et les méthodes militantes d’organisation de Rosalie Bélanger-Rioux et son équipe ont eu un large écho au sein des membres de Québec solidaire (QS) de Verdun. Plus d’une vingtaine de personnes ont participé à sa campagne à l’investiture. Près de 1 000$ ont été amassés sous forme de donations des résidents et résidentes du quartier. Des centaines d’appels de soutien ont été réalisés, tout comme des centaines de discussions en porte-à-porte. Rosalie a d’ailleurs bénéficié de l’appui d’anciennes candidates solidaires comme Véronique Martineau (Verdun, 2016) et Kathleen Gudmundsson (Notre-Dame-De-Grâce, 2018).

Davantage d’ouverture aux idées socialistes

Rosalie et son équipe ont profité des deux mois de campagne d’investiture pour proposer des solutions socialistes aux problèmes les plus criants du quartier: l’accès au logement, la perte du pouvoir d’achat et l’accès au transport en commun.

Rosalie a défendu les positions solidaires tout en les poussant à leur aboutissement socialiste logique. Pour construire les 50 000 logements publics abordables et écoénergétiques nécessaires depuis des décennies au Québec, nous aurons besoin d’une industrie de la construction résidentielle nationalisée. Pour combler les besoins urgents, nous devons dès maintenant réquisitionner les logements, immeubles et terrains vacants.

Pour assurer un salaire décent à tout le monde, il faut hausser le salaire minimum à 18$/h. Pas dans quatre ans, maintenant! Mais il faut surtout l’indexer automatiquement au coût de la vie afin d’arrêter de se faire rattraper par l’inflation.

Pour vivre dans un milieu sain et faire diminuer la pollution provenant des transports, le système de transport en commun doit être développé, électrifié et gratuit. Dans le cas des industries polluantes, elles ne doivent pas simplement être fortement taxées. Comme l’a défendu Rosalie lors du débat public entre les deux candidates à l’investiture, les industries polluantes doivent être mises sous contrôle public et démocratique afin d’opérer nous-mêmes une transition écologique et juste.

Ce ne sont pas uniquement les idées socialistes de Rosalie qui l’ont différencié, mais ses actions.

S’enraciner dans Verdun

Rosalie et son équipe ont joint la parole aux actes en mobilisant les gens de la résidence Les Jardins Gordon autour de leur droit à vieillir dans leur propre quartier. Un rassemblement s’est tenu le 26 mai devant les bureaux de la députée libérale Isabelle Melançon afin d’exprimer une fois de plus la colère des locataires de Verdun.

«Vous vous rappelez au début de la COVID, Legault nous avait dit qu’il pensait nationaliser les CHSLD, a lancé Rosalie lors du rassemblement. Tiens, tiens ça ne s’est pas passé finalement! Pourquoi? Parce que les partis traditionnels comme la CAQ ne sont pas capables de mobiliser leur base – comme ce que nous tentons de faire dans QS – pour tenir tête au privé et encore moins attaquer le privé.» Face à l’incapacité du privé à s’occuper des personnes aînées, les protestataires se sont unis autour du slogan de nationalisation des résidences et CHSLD privés. C’est une victoire de convaincre les gens, dans l’action, de la nécessité des idées socialistes pour enrayer la spéculation, pour bâtir un monde à échelle humaine, un monde socialiste. La campagne a semé des graines, les graines d’une mobilisation de masse, d’une organisation de quartier pour résister aux requins de l’immobilier.

Une élue pour stimuler les luttes

Aider les gens à s’organiser dans leur milieu, c’est les aider à prendre conscience de leur propre force. Ça brise l’image cynique des élu⋅es qui ne cherchent qu’une victoire électorale pour aller travailler à l’Assemblée nationale, loin des considérations du petit monde. Une élue qui représente les personnes qui travaillent, qui étudient ou qui sont à la retraite n’a de légitimité que si elle relaie et amplifie leurs combats pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.   

C’est ce genre d’approche qui a permis aux activistes socialistes de Seattle et à sa conseillère municipale Kshama Sawant d’arracher un salaire minimum à 15$/h en 2014. Même chose pour leur victoire de 2020 avec la taxe sur Amazon pour financer du logement abordable. Cette approche militante de terrain a également permis aux employé⋅es d’Amazon de se syndiquer à New York durant le printemps.

C’est ce type d’approche socialiste que doit adopter QS dès maintenant pour affronter et vaincre les propriétaires, les patrons en plus des gouvernements Legault, Trudeau et municipaux. Or, la stratégie adoptée par la direction nationale et l’aile parlementaire mise plutôt sur une image modérée, sur des candidatures vedettes d’experts et un discours de main tendue aux entreprises privées, petites et grandes.

Cette image de collaboration dite «progressiste» a notamment permis à plusieurs partis municipaux d’entrer au pouvoir ou de se fortifier à Montréal, Sherbrooke ou Longueuil. Toutefois, le taux de participation à Montréal a chuté. Le pari d’attirer le vote des jeunes professionnel⋅les aisées des villes est risqué parce qu’il est instable. Il peut probablement fonctionner dans un contexte où le Parti libéral et le Parti québécois sont en chute libre. Mais il scelle le sort de QS comme réelle alternative au système capitaliste actuel. La polarisation politique au Québec, au Canada et dans le monde entier impose de prendre une approche bien plus ferme, ne serait-ce que pour éviter le pire. Une approche qui vise à faire voter et à mobiliser les travailleurs et les travailleuses, pas les éléments de la petite-bourgeoisie montante. 

Même si ses appuis électoraux pourraient augmenter cet automne, QS marche vers le même cul-de-sac qui a sonné le glas pour SYRIZA en Grèce, PODEMOS en Espagne ou encore DIE LINKE en Allemagne.

Course à l’investiture dans Verdun

La course à l’investiture dans Québec solidaire Verdun a été le lieu d’un affrontement politique symbolique entre l’aile socialiste et l’appareil du parti. La présidente du parti, Alejandra Zaga-Mendez, a gagné face à la socialiste Rosalie Bélanger-Rioux.

La campagne de Rosalie a ravivé la flamme militante chez plusieurs membres déçu⋅es de QS. Certaines ont repris leur carte pour la soutenir. Des militantes d’autres candidatures radicales défaites dans QS sont aussi venues nous appuyer.

Pour Alternative socialiste, la lutte pour le socialisme au sein de QS comme à l’extérieur n’est pas une simple question de discours radical et de branding. C’est d’abord et avant tout une pratique, un rapport de force à établir sur le terrain.

Faire de la politique partisane prend du temps. Les membres de QS doivent être informé⋅es, formé⋅es politiquement et des débats doivent se tenir constamment en personne pour que le parti ait une base dynamique et impliquée. C’est ce qui fait cruellement défaut dans de nombreuses associations locales de QS, en particulier dans Verdun.

Les dangers politiques du vote électronique

Plus d’une centaine de personnes ont été nouvellement recrutées dans QS Verdun durant cette course à l’investiture. C’est presque le tiers des membres. Et la vaste majorité de personnes membres qui ont voté pour choisir leur nouvelle candidate l’a fait en ligne. Celles et ceux qui ont milité durant la grève étudiante de 2012 se souviendront du combat des associations étudiantes contre les directions universitaires et collégiales voulant leur imposer le vote électronique pour adopter des mandats de grève et d’autres moyens de pression. Les associations étudiantes ont alors dénoncé cette tentative visant à éviter les échanges politiques entre étudiantes et étudiantes, les débats et les confrontations en personne.

Cette dépolitisation semble s’être observée à Verdun. Plusieurs personnes ayant voté par internet pour Alejandra nous ont avoué ignorer qu’il y avait course à l’investiture et deux candidates en lice.

Mais nous ne laisserons pas tomber ces membres de QS Verdun! Les luttes du quartier sont loin d’être terminées. Alternative socialiste et sa campagne Nos quartiers ne sont pas à vendre continuerons de travailler avec les militants et militantes de QS Verdun pour résister activement aux puissants qui nous mangent la laine sur le dos. Pour cela, une participation encore plus grande est requise pour établir un rapport de force en notre faveur. Si ça vous intéresse de contribuer à bâtir un mouvement militant et socialiste, contactez-nous!


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