Solidarité internationale avec les militants anti-guerre russes!

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Liberté pour Dzhavid Mamedov et tous les militants et militantes anti-guerre! La solidarité internationale de la classe ouvrière peut arrêter la guerre!

Le tribunal de Tverskoi, à Moscou, a condamné à 30 jours de prison supplémentaires Dzhavid Mamedov, militant socialiste et anti-guerre, défenseur des droits des femmes et des personnes LGBTQIA+, syndicaliste étudiant et participant à la résistance contre le régime de Lukashenko au Belarus et contre le régime de Poutine en Russie. Il venait à peine d’être libéré après avoir passé le mois précédent en détention.

Le régime russe montre de plus en plus de signes de désespoir face au manque de succès de l’«opération militaire spéciale» visant à «dénazifier» l’Ukraine.

Dès le début, des dizaines de milliers de Russes ont résisté et se sont courageusement exprimés contre la guerre et le régime, au risque de subir des persécutions politiques et des arrestations. Plus de 15.000 personnes ont été arrêtées au cours de cette période, et nombre d’entre elles ont été victimes de brutalités policières, de torture et d’emprisonnement de longue durée. Pour l’instant, la répression a réussi à empêcher l’organisation de l’opposition à la guerre, mais cela ne signifie pas que celle-ci n’existe pas.

Le mécontentement au sein de l’élite dirigeante s’exprime par des actes individualistes, comme la fuite à l’étranger de personnalités du monde du spectacle, ou un certain nombre de suicides au plus haut niveau et de démissions de conseils d’administration d’entreprises. Ces personnes ne pensent qu’à elles-mêmes, à sauver leurs carrières et leurs richesses. Ces actes sont accompagnées de rapports faisant état de l’arrestation d’officiers militaires de premier plan et de membres des services de renseignement.

Parallèlement, les travailleurs et travailleuses ordinaires, qui sont directement touché·es par la guerre, font désespérément ce qu’ils et elles peuvent en l’absence de résistance organisée. Les parents des jeunes marins qui ont apparemment péri lors du naufrage du croiseur «Moskva» sont rejoints par ceux et celles dont les fils ont «disparu» en Ukraine et qui cherchent frénétiquement des nouvelles. De nombreux rapports font état de soldats qui ne suivent pas les ordres en Ukraine, ou qui refusent tout simplement d’y être envoyés.

Parfois, des mesures encore plus désespérées sont prises. Un certain nombre de bureaux de recrutement de l’armée ont été attaqués avec des cocktails Molotov. Une vague d’incendies a détruit des dépôts de pétrole et d’armes en Russie, et pas seulement à la frontière avec l’Ukraine. La semaine dernière, une usine d’explosifs a brûlé dans l’Oural, tandis qu’un énorme entrepôt de manuels scolaires à Tver, une ville située à 100 km au nord de Moscou, a été détruit juste après que l’éditeur ait annoncé qu’il supprimerait toute mention de l’Ukraine dans les livres d’histoire.

Mais ce sont des actes individuels qui, à eux seuls, ne peuvent pas arrêter la guerre. Ils sont ignorés dans les médias, et le simple fait de les mentionner expose les gens à la persécution. C’est pourquoi le régime est si déterminé à prendre des mesures pour empêcher la résurgence des manifestations héroïques contre la guerre qui ont embrasé la Russie au début de la guerre. Les sondages d’opinion et diverses anecdotes démontrent que le sentiment anti-guerre se renforce parmi les jeunes et la classe ouvrière.

Pour le régime, le danger est que les protestations des jeunes rencontrent de manière organisée une mobilisation plus large de la classe ouvrière, qui subit des licenciements, des fermetures d’usines et une inflation galopante. Des grèves ont éclaté en nombre restreint, mais significatif.

L’utilité d’une action collective et organisée est apparue clairement à Saint-Pétersbourg, où le recteur de l’université de Saint-Pétersbourg a annoncé que 40 étudiants, dont des partisans et partisanes de Sotsialisticheskaya Alternativa, seraient expulsé·es de l’école. Lorsque les étudiants et étudiantes se sont organisé·es et qu’une journée d’action de solidarité a été organisée, le recteur a été contraint de retirer sa menace.

C’est pour cette raison que le régime est prêt à aller jusqu’à l’extrême pour empêcher toute opposition organisée.

Dzhavid Mamedov est victime d’une procédure arbitraire. Début avril, il a été envoyé en prison pour 30 jours parce qu’il avait publié un appel sur les médias sociaux pour s’opposer à la guerre. Une semaine avant la fin de sa peine, des choses étranges ont commencé à se produire. Il a eu un nouveau compagnon de cellule. Il s’est avéré que cette personne avait été arrêtée le 25 mars à grand renfort de médias l’accusant d’être un espion ukrainien. Ils l’ont qualifié de dangereux criminel qui, selon les médias, a avoué avoir espionné l’Ukraine et la Pologne. Le fait qu’il se soit soudainement retrouvé dans la cellule de Dzhavid dans une prison pour délinquants non criminels indiquait qu’il coopérait désormais avec les services de sécurité. Il a ouvertement menacé Dzhavid de le poursuivre pour «activités extrémistes» s’il ne quittait pas le pays avant le 2 mai. N’ayant pas réussi à le convaincre, il a ensuite suggéré à Dzhavid de faire entrer de l’alcool en prison, espérant sans doute l’amener à coopérer sous l’emprise de l’alcool.

En consultation avec d’autres militants et militantes, Dzhavid avait décidé de quitter le pays. Lorsqu’il a quitté la prison samedi, des précautions ont été prises pour s’assurer qu’il serait en sécurité jusqu’à son départ. Toutefois, grâce à une caméra de reconnaissance faciale ou à un message de chat dit sécurisé, la police a réussi à le retrouver. Pour ne rien arranger, il est à nouveau accusé du même crime que celui pour lequel il a purgé sa première peine, à la seule différence que la police prétend désormais qu’il est un organisateur. Une accusation qui ne tient pas la route, puisqu’il ne faisait que poster un appel. Outre sa deuxième condamnation à un mois de prison, il a également été condamné à une amende de 50 000 roubles (environ 700 euros) pour avoir «discrédité l’armée russe».

Alternative Socialiste Internationale (ISA) demande donc ce qui suit :

  • La libération immédiate de Dzhavid Mamedov et de tous les manifestants et manifestations anti-guerre;
  • La fin immédiate de la guerre en Ukraine, avec le retrait des troupes russes, l’arrêt de l’expansion de l’OTAN et des sanctions;
  • La réduction drastique des dépenses en armement et l’utilisation de ces fonds pour les soins de santé, l’éducation et la reconstruction du pays;
  • Pour la solidarité des travailleurs en Russie, en Ukraine et dans toute l’Europe contre les fauteurs de guerre, les oligarques et les politiciens de droite ! Pour un monde socialiste où le droit des nations à l’autodétermination avec des droits pour les minorités est garanti, et où les ressources naturelles et industrielles sont aux mains de l’État et leur utilisation est planifiée démocratiquement pour le bénéfice de tous!

ISA appelle à la solidarité internationale avec Dzhavid et tous les militants et militantes anti-guerre russes.

Parlez-en à vos collègues de travail, à vos camarades de classe, à vos ami·es et à tous ceux et celles qui sont contre la guerre:

  • Distribuez des tracts et des affiches dans votre quartier, sur votre lieu de travail et à l’école;
  • Faite signer des résolutions ou des lettres de protestation à votre syndicat, votre organisation ou votre collectif;
  • Organisez des piquets de protestation et de solidarité à l’ambassade de Russie de votre pays.

Vous trouverez ici des affiches en différentes langues, un modèle de tract et une résolution seront également disponibles sous peu.

Envoyez les protestations directement à votre ambassade, avec des copies et des rapports à intsocaltrussia@gmail.com.

Les militants et militantes socialistes anti-guerre en Russie ont également besoin d’un soutien financier. Ces fonds peuvent être transférés via les sections nationales de l’ISA ou les dons peuvent être envoyés directement via patreon ici.

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