Rien à foutre (film)

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Cassandre, une jeune femme de 26 ans originaire de Huy, est hôtesse de l’air chez Wing, une compagnie low cost semblable à Ryanair. Elle exerce ce métier «pour voyager». Mais son emploi du temps se résume invariablement à des vols moyen courrier au départ de Bruxelles vers Malaga ou Lanzarote alors que son rêve serait de pouvoir assumer chez Emirates des vols long courrier vers des destinations prestigieuses telles que Dubaï. Mais en 2024 le statut du personnel de cabine des compagnies low cost ne correspond plus à celui du personnel de la Sabena il y a 25 ans.

Les relations humaines avec la hiérarchie sont impersonnelles et cassantes. Elles se limitent le plus souvent à des directives communiquées à distance sur écran. Pour exercer ce métier chez Wing, il faut avant tout apprendre à faire fi de ses émotions, s’entraîner à sourire pendant minimum 30 secondes et encaisser sans broncher les grossièretés de l’un ou l’autre passager. L’évaluation du personnel de bord se fait sur le montant de la vente en cabine: boissons, sandwiches, friandises et parfums.

Pour tenter d’oublier quelque peu cette situation aliénante, lors des escales, Cassandre fait souvent la fête la nuit en boîte. Après trois ans de vol elle doit choisir: soit passer des tests pour devenir chef de cabine, soit perdre son emploi. C‘est de cette façon que Wing organise la rotation du personnel, élimine les moins «performantes» et s’assure de n’employer que du personnel jeune et mal payé.

Ce film de fiction réalisé par deux jeunes auteur et autrice belge  (Emmanuel Marre et Julie Lecoustre) nous fait partager le sort des précaires bossant dans les compagnies low cost. Dans une séquence tournée à Zaventem, un petit clin d’œil à Didier Lebbe, secrétaire syndical CNE en charge du personnel naviguant (dans la vraie vie).

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