Agression contre-révolutionnaire provoquant une réponse furieuse

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Les événements ont pris un rythme frénétique au Sri Lanka au cours des dernières journées. C’est une véritable crise révolutionnaire qui s’est développée et qui risque d’être le précurseur de bouleversements similaires dans d’autres pays.

Lundi 8 mai, au matin, des centaines d’hommes de main pro-Rajapaksa et de bandes de malfrats à la solde du gouvernement, armés de matraques, de bâtons et de tiges métalliques, ont violemment attaqué deux sites de protestation anti-gouvernemental dans la capitale, Colombo. Ils ont quitté une réunion dirigée par celui qui était encore le Premier ministre, Mahinda Rajapaksa, dans sa résidence officielle, et ont attaqué les gens qui protestaient depuis des semaines devant cette résidence. Ils ont détruit leur campement, avant de descendre sur l’occupation «GotaGoGama» (GGG) face au bâtiment présidentiel de Galle Face Green, à un kilomètre de là.

Érigé il y a un mois, ce campement était devenu un symbole de défi à l’autorité du régime, et un point de ralliement quotidien pour toutes les couches soutenant le mouvement de masse. La foule de voyous pro-régime s’est déchaînée avec une extrême violence sur les manifestants et manifestantes qui étaient sur place, brûlant tentes et bannières et frappant de nombreuses personnes à sang. La police, présente en grand nombre, a simplement observé la scène. «La police n’a rien voulu faire» a rapporté une femme tamoule témoin des événements, ajoutant qu’elle a été explicitement ciblée pour son origine ethnique. «Nous avons perdu beaucoup d’effets personnels, car ils ont brûlé nos tentes, nos vêtements, nos couvertures, tout» ont expliqué d’autres manifestants présents lors de l’assaut. Des dizaines d’entre eux et elles ont été grièvement blessé·es et un jeune a été déclaré paralysé à vie par la suite.

Par cette action, le régime de Rajapaksa pensait pouvoir frapper au cœur du mouvement de masse, intimider les manifestants et manifestantes pacifiques et les faire fuir du site. Cela aurait ouvert la porte à une contre-offensive plus large afin de briser la révolte des masses. Mais cela s’est avéré être une erreur de calcul phénoménale. Après le choc initial de l’attaque, des milliers de jeunes, aidé·es par des passants solidaires, des conducteurs et des travailleurs et travailleuses du quartier, et par des personnes qui avaient entendu parler de ce qui s’était passé, ont commencé à poursuivre les hooligans à la solde du gouvernement dans les rues pour leur donner une leçon. Certains ont été déshabillés, jetés dans le lac Beira tout proche ou dans des poubelles; de nombreux bus qui avaient été utilisés pour les transporter à Colombo ont été incendiés, jetés dans le lac, ou les deux. Le lac de Beira offre aujourd’hui une vue surréaliste, avec des dizaines de bus calcinés à moitié immergés dans l’eau.

Des sections de la classe ouvrière ont immédiatement débrayé pour protester contre ce déchaînement contre-révolutionnaire, comme les travailleurs et travailleuses de la santé de l’hôpital général de Colombo et les avocats devant le complexe judiciaire de Hulftsdorp. Les postiers ont également décidé de lancer une action de grève dans toute l’île en réaction.

Défiant le couvre-feu annoncé lundi après-midi par le gouvernement pour tenter de repousser les masses hors des rues – ce qui a impliqué depuis un très important déploiement militaire, dans la capitale et dans le reste du Sri Lanka – les manifestants et manifestantes anti-gouvernementaux ont entièrement réoccupé Galle Face Green. À 16 heures, «GGG» renaissait des ruines et les tentes étaient reconstruites, avec de nombreuses autres personnes venant des différents coins de la ville qui affluaient par vagues pour défendre l’occupation et montrer leur solidarité, y compris des religieuses catholiques qui sont restées debout toute la nuit pour protéger la zone.

Son plan s’étant totalement retourné contre lui, Mahinda Rajapaska s’est officiellement retiré dans les heures qui ont suivi. Des pétards ont été allumés dans la banlieue de Colombo, tandis que des habitants et habitantes ont été vus en train de préparer du kiribath (riz au lait, un plat traditionnel sri-lankais) pour célébrer la nouvelle.

Après Chamal, Namal et Basil Rajapaksa – qui ont tous été écartés à la mi-avril de leurs postes ministériels – Mahinda est le dernier membre de la famille Rajapaksa à tomber. Il est particulièrement méprisé par la communauté tamoule pour avoir supervisé le massacre de dizaines de milliers de civil·es tamoul·es pendant la guerre civile. Depuis sa démission, les demandes de départ de son frère cadet, le détesté président Gotabaya Rajapaksa, n’ont fait que s’amplifier de manière exponentielle dans tout le pays. Jusqu’à présent, le mélange incessant de concessions et de violence répressive déployé par le régime n’a pas réussi à décourager la lutte révolutionnaire dans laquelle se sont engagé·es les travailleurs et travailleuses, les jeunes et les pauvres du Sri Lanka.

Encouragés par la démission du Premier ministre et furieux de l’attaque vicieuse du régime, des masses de personnes ont manifesté dans divers quartiers de Colombo et dans de nombreuses autres régions du pays. La foule a brûlé des villas, des maisons et d’autres propriétés appartenant à la famille Rajapaksa, aux dirigeants et aux députés du parti au pouvoir, le Sri Lanka Podujana Peramuna (SLPP). Plus de 50 maisons de politiciens auraient été brûlées dans la nuit, et d’autres ont été prises d’assaut et incendiées mardi.

Lorsque je suis arrivé à Colombo mardi après-midi, l’une de ces grandes villas était en flammes, des centaines de personnes manifestaient à l’extérieur et des lettres rouges indiquaient «Gota Go Home» sur la façade. À Tangalle, dans l’extrême sud du pays, des manifestants et manifestantes en colère ont arraché la statue de D.A. Rajapaksa, le père des frères Rajapaksa. Quant à Mahinda, il a été évacué de sa résidence après que celle-ci ait été assiégée par des centaines de manifestants et manifestantes, et transporté dans un hélicoptère militaire vers le Nord-Est tamoul. Cela a ensuite provoqué des manifestations devant la base navale de Trincomalee, où il aurait trouvé refuge. Cette base navale a été utilisée par le régime Rajapaksa comme centre de détention et camp de torture pour les Tamoul·es pendant la guerre civile.

Au moins huit personnes sont mortes à ce jour et des centaines d’autres ont été blessées lors des récents affrontements. Avec leur trope habituel, la plupart des médias internationaux ont évoqué des «émeutes» et des «violences» entre manifestants et manifestantes pro et anti-gouvernementaux dans les rues de Colombo, et les gouvernements et ambassades occidentaux ont appelé à la «retenue». Mais on ne peut douter de l’identité de ceux qui ont déclenché cette violence, en attaquant sauvagement des manifestants et manifestantes entièrement pacifiques et sans défense, parmi lesquels se trouvaient des familles avec de jeunes enfants.

Ce qui a suivi est un exemple typique du «fouet de la contre-révolution» qui déclenche un déchaînement révolutionnaire. Dans un contexte de profonde souffrance et d’exaspération face aux énormes problèmes économiques auxquels sont confrontés des millions de Sri Lankais et Sri Lankaises, notamment les pénuries massives de carburant, de gaz et de médicaments, les coupures d’électricité de longue durée et la flambée des prix de la nourriture et d’autres produits essentiels, il n’est pas étonnant que cette attaque ait suscité une réaction furieuse de la base à l’encontre de ceux qui mènent un style de vie ostensiblement luxueux.

Il est également frappant de constater que la violence des jeunes n’était pas indiscriminée. Pour autant que l’on puisse en juger, aucun arrêt de bus, aucun petit magasin ni aucune propriété de personnes ordinaires n’ont été endommagés lors de ces incidents. La rage était finement orientée contre les symboles et la richesse du régime oppressif et corrompu, et contre ses lèche-bottes violents.

La lutte continue

Dès l’aube du mardi, alors que des rumeurs se répandaient au sujet des fidèles du régime qui tentaient de fuir le pays – dont le deuxième fils et chef de cabinet du désormais ex-Premier ministre qui s’était enfui la veille en Australie – des milliers de manifestants et manifestantes révolutionnaires ont commencé à se rassembler sur les routes menant à l’aéroport international Bandaranaike. Majoritairement jeunes, avec des femmes en grand nombre, beaucoup portant des casques et armés de bâtons pour se défendre, ils ont organisé des points de contrôle sur l’axe principal, patrouillant dans les rues et fouillant chaque voiture, pour s’assurer que la cabale corrompue qui a mis le pays à genoux soit tenue responsable de ses crimes. Les soldats stationnés sur place, dont certains discutaient avec les manifestants et manifestantes, regardaient imperturbablement ce qui se passait. Au moment où cet article est rédigé, le 11 mai, les zones entourant l’aéroport semblent toujours être sous le contrôle des patrouilles populaires.

Dans le même temps, le gouvernement a également émis des ordres de «tir à vue» contre toute personne endommageant des biens publics, portant atteinte à la vie ou violant le couvre-feu. Cette mesure intervient alors que les forces de l’État se sont déjà vu accorder des pouvoirs étendus d’arrestation et de détention arbitraires dans le cadre de l’état d’urgence déclaré la semaine dernière. Depuis lundi, des dizaines de milliers de soldats lourdement armés se sont rassemblés à Colombo et des barrages militaires ont été érigés tout autour, donnant l’impression d’une ville assiégée par l’armée, un peu comme ce que les Tamoul·es vivent encore quotidiennement dans le nord et l’est du pays. Les rues du centre de Colombo étaient en grande partie désertes aujourd’hui et les magasins, restaurants et bureaux étaient fermés, en raison de la prolongation du couvre-feu et des actions de grève menées par de nombreux syndicats publics et privés.

Une impasse volatile et précaire prévaut. Les masses ont arraché une victoire importante contre la réaction, et un sentiment de détermination amère à poursuivre la lutte jusqu’à ce que Gota tombe est profondément ancré dans l’esprit de chacun. Pourtant, la menace d’une violence contre-révolutionnaire accrue ou d’une répression plus large de l’État est loin d’avoir disparu.

Au moment où nous écrivons ces lignes, l’armée a lancé un avertissement aux occupants et occupantes du GGG pour qu’ils et elles quittent les lieux, et la perspective d’une attaque de l’État contre le camp plane dans l’air. Le mouvement de masse doit se préparer pleinement à de nouvelles tentatives de riposte de la part du régime. Les patrouilles de manifestants et manifestantes qui sont apparues dans certains quartiers de Colombo, notamment autour de l’aéroport, constituent un pas très encourageant dans cette direction. Elles doivent prendre un caractère plus organisé et généralisé afin de protéger toutes les manifestations, tous les lieux de travail et toutes les communautés contre la possibilité de nouvelles attaques de la part d’hommes de main pro-régime, de la police ou de l’armée, et pour s’assurer que le contrôle des rues ne reste pas entre les mains de la machine d’État – qui, malgré la sympathie pour le mouvement qui semble exister dans certains rangs de l’armée, est toujours contrôlée par les bouchers à la gâchette facile qui ont mené un génocide contre la population tamoule. Les travailleurs et travailleuses en grève et les syndicats devraient peser de tout leur poids pour protéger le campement des GGG, en envoyant d’urgence des délégations sur place pour aider à organiser sa défense.

Le danger de la violence communautaire doit également être activement repoussé. On a déjà vu des éléments pro-régime inciter à de telles divisions ces derniers jours, notamment dans la ville occidentale de Negombo, où des chauvins bouddhistes cinghalais ont tenté de diffuser des discours de haine pour provoquer une réaction contre la minorité musulmane.

La révolte de masse a apporté des caractéristiques d’unité parmi les différentes couches de la population qui auraient été à peine imaginables jusqu’à récemment. La lutte a donné lieu à des scènes réconfortantes, comme lorsqu’un étudiant activiste de l’université de Jaffna a été appelé par des manifestants cinghalais à s’adresser en tamoul à son auditoire majoritairement cinghalais, lors du blocage de la route du Parlement à Colombo, la semaine dernière, par les étudiants et étudiantes. Au camp GGG, un militant cinghalais victime de l’attaque du 9 mai m’a expliqué humblement: «maintenant que nous avons vu ce que ce régime peut nous faire, nous pouvons commencer à mieux comprendre ce que nos frères et sœurs tamoul·es ont vécu dans le passé».

Cela dit, les cicatrices du passé n’ont manifestement pas été entièrement refermées, et il est un fait que le cœur du mouvement bat, pour l’instant, plus fort dans les zones à majorité cinghalaise du Sud. Plusieurs Tamoul·es, tout en soutenant le mouvement, sont légitimement préoccupé·es par le fait que leurs revendications de justice et de réparation, de procès en bonne et due forme des criminels responsables des disparitions massives, des meurtres et des viols pendant la guerre, et du droit fondamental des Tamoul·es à décider de leur propre avenir, pourraient être mises de côté dans une configuration politique post-Rajapaksa. Le mouvement gagnerait donc en force en reprenant vocalement ces revendications, en luttant pour l’égalité des droits pour toutes les minorités et pour le droit inconditionnel des Tamoul·es à l’autodétermination nationale – y compris leur droit de se séparer et de former leur propre État.

Un Hartal total pour faire tomber le régime!

Le mouvement ouvrier et syndical dans toute sa diversité a un rôle essentiel à jouer pour garantir que la lutte conserve son caractère massif, ordonné et uni. La solidarité et la puissance affichées par toutes les couches de la classe ouvrière ont été une caractéristique remarquable de cette lutte: des ouvriers du bâtiment qui ont repoussé les bus pro-gouvernementaux des rues avec leurs excavatrices, aux agents d’immigration de l’aéroport qui se sont donné la main pour s’engager à ne laisser passer aucun député ou ministre du gouvernement; des nombreux avocats qui se sont mobilisés pour assurer la libération des jeunes manifestants et manifestantes arrêté·es par la police, au personnel médical qui a apporté son aide aux blessé·es après l’attaque de l’occupation GGG.

L’appel de l’alliance syndicale à un «Hartal» (grève totale) vendredi dernier, le 6 mai, a été solidement soutenu par l’ensemble de la classe ouvrière du Sri Lanka dans une démonstration de force historique qui a complètement paralysé l’économie de l’île, ébranlant l’ensemble de l’establishment et de la classe capitaliste du pays. Les travailleurs et travailleuses des zones franches d’exportation et de transformation ont généré des pertes de 22 millions de dollars US pour les grands fabricants industriels en une seule journée de grève! Après ce succès, les syndicats avaient initialement appelé à une semaine de protestations et à un nouveau Hartal total à partir du mercredi 11, exigeant la démission du président. Du point de vue des directions syndicales, il s’agissait plus d’une menace que d’un plan qu’ils s’engageaient pleinement à réaliser. L’attaque de lundi par les voyous pro-gouvernementaux et la démission de Mahinda ont à la fois précipité et embrouillé leurs plans: des actions de grève à l’échelle nationale ont effectivement commencé mardi dans plusieurs secteurs – tels que les employé·es des services administratifs, les cheminots, les enseignants et enseignantes universitaires, les professionnel·les de la santé – mais certaines directions syndicales ont également profité des récents événements pour annuler leurs appels à la grève.

Mercredi, d’autres secteurs se sont joints à la grève, comme les travailleurs et travailleuses des ports et de l’électricité. Mais la grève devrait s’étendre à tous les lieux de travail, et les syndicats devraient lancer un appel clair aux piquets de grève et aux rassemblements de masse dans les rues pour défier ouvertement le couvre-feu. La situation actuelle exige un Hartal efficace et total jusqu’à ce que Gota Rajapaksa, son entourage proche et son gouvernement soient renversés. C’est l’objectif que doivent se fixer les travailleurs et travailleuses et toutes les couches de la population qui luttent contre le régime en déliquescence, indépendamment de l’attitude tiède des directions syndicales.

Cependant, pour parvenir à un véritable changement, les masses devront aller plus loin et élargir leurs revendications au-delà du slogan populaire «Gota Go Home» et du renversement du président actuel – qui est la figure de proue de tout un système basé sur l’exploitation économique, l’extorsion impérialiste et l’oppression nationale. Elles devront rejeter toute négociation avec le FMI, qui subordonnera davantage le Sri Lanka à ses créanciers internationaux, en poursuivant le piège vicieux de la dette qui prive la population de ressources précieuses pour ses besoins vitaux, et qui sera utilisé comme chantage pour imposer de nouvelles mesures d’austérité qui ne feront qu’aggraver la situation de la majorité.

Elles devront s’assurer que non seulement les immenses richesses pillées par le clan Rajapaksa soient restituées au peuple, mais que les principales ressources et les moyens de production et de distribution du pays soient mis en mains publiques, sous le contrôle démocratique de la classe ouvrière, afin de réorganiser et de planifier l’économie en fonction des besoins de tous les Sri Lankais et Sri Lankaises.

Elles devront résister à toute prise de pouvoir non démocratique, que ce soit par les militaires ou – ce qui semble le plus probable – par une nouvelle série de politiciens non élus nommés par le haut pour préserver le système en place et éviter la révolte de masse. En effet, à l’heure où nous terminons cet article, le président Gota Rajapaksa vient de terminer un discours public à la nation dans lequel il affirme qu’il nommera un nouveau cabinet cette semaine, et qu’un amendement constitutionnel sera proposé pour promulguer le contenu du 19e amendement à la Constitution, destiné à conférer davantage de pouvoirs au Parlement, et ouvrant la voie à l’abolition du système de la présidence exécutive «une fois que le pays sera stabilisé». Il s’agit sans doute d’une énième tentative pour conserver son emprise sur le pouvoir, dernière et principale assurance de la dynastie Rajapaksa pour se sauver de l’effondrement politique.

Face à ces manœuvres incessantes, une véritable alternative doit être forgée de manière organique, par l’organisation politique indépendante des travailleurs et travailleuses, des jeunes, des agriculteurs et agricultrices pauvres et des masses révolutionnaires elles-mêmes – plutôt qu’en dépendant des partis d’opposition politique officiels, dont aucun n’articule un programme économique radicalement différent de celui qui a conduit des millions de Sri Lankais et Sri Lankaises dans un tel enfer en premier lieu.

Plusieurs manifestants et manifestantes à qui j’ai parlé ont exprimé au mieux leur scepticisme, voire leur mépris total pour ces partis. Le leader de l’opposition Sajith Premadasa, du parti de droite SJB (Samagi Jana Balawegaya), qui se présente comme le prochain candidat au poste de Premier ministre, a même été attaqué par des manifestants et manifestantes à Galle Face Green et a dû être escorté hors du site de la manifestation par son personnel de sécurité. Le JVP (Janatha Vimukthi Peramuna), pour sa part, se limite à des revendications politiques sur la démission du gouvernement, mais reste largement muet sur les questions économiques qui écrasent le peuple sri-lankais.

Afin d’apporter le changement radical de système nécessaire pour faire face à la situation désastreuse vécue par des millions de personnes à travers le Sri Lanka, l’ISA (Alternative socialiste internationale) défend les revendications suivantes :

  • Un Hartal total pour faire tomber Gota Rajapaksa et toute la famille dirigeante! Interdiction immédiate de voyager pour tous les amis du régime – restitution des biens volés et saisie de toutes leurs propriétés et richesses;
  • Pour la fin de l’état d’urgence, l’arrêt de la militarisation et le retrait des troupes des rues dans toutes les régions du Sri Lanka;
  • Abolition de la présidence exécutive et la constitution actuelle: pour une assemblée constituante révolutionnaire basée sur des élections totalement libres dans toutes les régions de l’île;
  • Création de comités d’action et d’autodéfense sur tous les lieux de travail, de protestation, dans les quartiers et les villages;
  • Pas de négociation avec le FMI et non à de nouvelles mesures d’austérité: annulation inconditionnelle de la dette du pays;
  • Imposition d’un contrôle des prix, avec une augmentation massive des salaires dans tous les secteurs;
  • Monopole public sur le commerce extérieur et nationalisation, sous le contrôle des travailleurs et travailleuses, des industries clés, des propriétés foncières et des banques. Pour une économie socialiste planifiée démocratiquement par les travailleurs et travailleuses et les agriculteurs et agricultrices, et un gouvernement composé de leurs représentants et représentantes élu·es;
  • Non aux divisions communautaires – pour un mouvement uni de tous les travailleurs et travailleuses, pauvres et opprimé·es de la société;
  • Défense du droit à l’autodétermination du peuple tamoul, y compris le droit à son propre État. Une justice complète et une compensation adéquate pour les victimes de la guerre et la restitution de toutes les terres occupées. Il faut organiser des procès populaires pour juger les criminels de guerre et révéler toute la vérité sur les meurtres et les disparitions forcées;

Solidarité internationale avec le soulèvement de masse au Sri Lanka.

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