Wiki-Leaks : Non à l’extradition et à la persécution de Julian Assange

5 min de lecture

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, peut désormais être extradé vers les États-Unis et va probablement l’être suite à une décision de la Haute Cour britannique. S’il perd son appel, son sort sera entre les mains de la ministre de l’Intérieur conservatrice Priti Patel, ce qui signifie dans les faits que son extradition sera assurée.

Ironiquement, ce jugement, qui concerne une affaire ayant de profondes implications pour la liberté de la presse à travers le monde, a été annoncé lors de la Journée internationale des droits humains. La décision de la Haute Cour a annulé la décision d’un tribunal de première instance de janvier 2020, qui avait rejeté la demande d’extradition des États-Unis en raison de préoccupations relatives au bien-être mental d’Assange et au risque de suicide.

La possibilité d’une peine de 175 ans de prison aux États-Unis pour des accusations de conspiration et de violation de la loi sur l’espionnage – accusations tout à la fois scandaleuses et sans fondement – pourrait pousser n’importe qui au suicide. Et c’est encore plus le cas pour quelqu’un qui a passé sept ans dans les minuscules locaux de l’ambassade d’Équateur avant d’être détenu dans la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres sans avoir été condamné pour quoi que ce soit.

Une condamnation à mort

Malgré tout cela, le Lord juge en chef d’Angleterre et du Pays de Galles a déclaré : «Ce risque [de suicide] est à notre avis exclu par les assurances offertes [par les États-Unis].» Ces assurances ont été décrites par les avocats d’Assange comme étant «vagues» et «dénuées de sens». Selon Amnesty International, elles reviennent à dire : «Nous garantissons qu’il ne sera pas détenu dans un établissement de sécurité maximale, qu’il ne sera pas soumis à des mesures administratives spéciales et qu’il bénéficiera de soins de santé. Mais s’il fait quelque chose qui ne nous plaît pas, nous nous réservons le droit de ne pas le garantir, nous nous réservons le droit de le placer dans un centre de sécurité maximale, nous nous réservons le droit de lui proposer des mesures administratives spéciales. Ce ne sont pas du tout des garanties.»

Plus précisément, elles proviennent d’un État américain qui poursuit une vicieuse vendetta politique contre Assange et WikiLeaks depuis la publication en 2010 de centaines de milliers de documents exposant les crimes de guerre commis par les États-Unis en Afghanistan et en Irak.

Pas plus tard qu’en septembre 2021, une importante enquête de Yahoo News a révélé que «des discussions sur l’enlèvement ou le meurtre d’Assange ont eu lieu au plus haut niveau, entre de hauts responsables de la CIA et de l’administration Trump jusqu’à demander des croquis ou des options concernant la manière de l’assassiner.» Bien sûr, aucune de ces preuves documentées n’a été prise en compte par les juges de la Haute Cour, dont la décision équivaut en réalité à une condamnation à mort, d’une manière ou d’une autre.

La vengeance de l’impérialisme

La menace pour la santé d’Assange, voire pour sa vie, est indiscutable et, en ce sens, la décision de la Haute Cour est une parodie. Toutefois, la vérité est qu’Assange devrait être libéré indépendamment de cette menace: les crimes dont il est accusé par les États-Unis constituent une attaque dangereuse contre les droits démocratiques et la liberté journalistique.

L’hypocrisie de l’impérialisme américain (qu’il soit dirigé par Trump ou Biden), qui se présente sans vergogne comme un défenseur de la «démocratie» et de la «liberté», est pleinement exposée dans cette affaire. Il en va de même pour ses homologues britanniques et australiens – tous alliés dans la nouvelle guerre froide avec l’impérialisme chinois – qui sont prêts à réprimer le droit à une presse libre afin d’aider les États-Unis dans leur persécution de WikiLeaks et dans leur bellicisme en général.

Julian Assange et Chelsea Manning ont rendu un précieux service à la classe ouvrière et aux opprimés du monde entier en divulguant des documents qui ont mis à nu la sauvagerie meurtrière de la machine de guerre américaine. Cela mérite d’être soutenu, ainsi que tout travail que WikiLeaks continue de faire pour dévoiler dévoile l’activité criminelle d’États et d’institutions puissants.

Libérez-le!

Assange lui-même a un passé trouble. Il a fait l’objet d’accusations de viol et d’agression sexuelle par deux femmes en Suède. Les poursuites pénales liées à ces accusations ont été abandonnées en raison du temps écoulé. Ces femmes ont été privées de justice et n’ont pas pu aller jusqu’au bout des poursuites qu’elles auraient dû engager contre Assange. Sa politique est également extrêmement douteuse. Il a par exemple soutenu Poutine et Trump à différents moments et a rencontré le populiste d’extrême droite britannique Nigel Farage.

Ce n’est toutefois pas pour ces raisons qu’il est visé par l’État américain, mais pour la menace que WikiLeaks fait peser sur le secret qui entoure ses manœuvres impérialistes. Assange n’est pas un anticapitaliste socialiste, mais nous le défendons contre ces attaques car elles visent toutes celles et ceux qui s’opposent à la corruption et aux guerres capitalistes. Les accusations portées contre Assange doivent être abandonnées et il doit être immédiatement libéré.

Mots clés , , .