Squid Game : Une manière originale d’inviter la lutte des classes aux repas de fin d’année

Qui dit fête dit débat autour de la table. Cette année encore, les sujets ne vont pas manquer… et le Squid Game peut en faire partie. La série sud-coréenne est rapidement devenue le plus gros succès de Netflix. L’écho rencontré par cette histoire d’un groupe de personnes fortement endettées, voire ruinées, qui risquent leur vie dans un jeu de survie mystérieux avec comme récompense une somme colossale en dit beaucoup sur la société dans laquelle nous vivons.

L’art est le reflet de chaque époque, le cinéma et les séries n’échappent pas à la règle. Joker, La Plateforme, Parasite, This is us… Le social revient en force dans la culture pop, un indice de la radicalisation qui prend place dans la société. Alors, quels sujets de débat cette série vous offre-t-elle pour animer vos repas au pied du sapin?

La répression des luttes sociales

Le personnage principal est alcoolique, mais l’on découvre après quelque temps qu’il fut ouvrier dans une usine automobile et a perdu son emploi après une grève brutalement réprimée, au point de tuer l’un de ses plus proches amis. Cela n’est pas sans nous rappeler la répression des Gilets jaunes par la police française et son lot de mutilations. Mais cela vous permettra aussi d’aborder en douce la condamnation récente des syndicalistes FGTB pour fait de grève.

L’égalité des chances

Le jeu a beau prôner l’égalité des chances, il n’en est rien. Le jeu est truqué par ses organisateurs. Mais au-delà de ça, quand le choix de retourner à la vie normale s’offre aux joueurs, nombre d’entre eux reviennent vivre le cauchemar du Squid Game par désespoir. Peut-on qualifier de véritable choix une décision prise sous la pression intense de la pauvreté absolue et d’autres circonstances dramatiques? Ce sont les conditions matérielles qui déterminent la conscience. Un beau tremplin pour aborder la philosophie marxiste…

Qui est le camp d’en face?

Le jeu ne laisse aucun mystère sur ce point: il n’existe que pour satisfaire des ultra-riches avides de violence qui ne se seraient jamais retrouvés contraints d’être les victimes d’un tel piège sanglant. C’est encore une fois une belle occasion de parler de Marx qui écrivait dans le Capital: «(Dans la société capitaliste) l’accumulation de richesse à un pôle, c’est également l’accumulation de pauvreté, de souffrance, d’ignorance, d’abrutissement, de dégradation morale, d’esclavage, au pôle opposé, du côté de la classe qui produit le capital même.»

Comprendre le monde pour le changer

Vous n’avez peut-être pas remarqué ce petit détail: au fur et à mesure que les participant·es décèdent et que leurs lits sont enlevés, une fresque se révèle dans le dortoir où ils vivent entre les jeux. Elle révèle les jeux et l’ordre dans lequel les épreuves vont se dérouler. Cependant aucun des personnages ne le remarquera dans la série. Pourrions-nous faire un parallèle avec notre situation actuelle? Il ne tient qu’à nous de révéler notre fresque en observant le monde et en l’analysant pour en tirer les conclusions qui s’imposent.

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