Ce système est malade!

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Les vaccins contribuent à nous protéger. Il ne faut toutefois pas y voir la panacée qui nous conduira au «Royaume de la liberté», surtout en l’absence de stratégie de vaccination mondiale. Les capacités de production ne manquent pas pour ce faire, mais elles sont emprisonnées dans la propriété privée des moyens de production. La crise sanitaire met à nu les déficiences du capitalisme. Des problèmes économiques à l’escalade des catastrophes environnementales, les crises se renforcent les unes les autres et conduisent toutes à une même conclusion: ce système est malade, il est grand temps de le renverser!

La quatrième vague de la pandémie illustre dans la douleur le cul-de-sac où conduisent les raccourcis et les belles paroles. Celles-ci sont de moins en moins convaincantes, si bien que les gouvernants se rabattent sur la division et la répression.

Cela ne peut que renforcer la méfiance qui se diffuse déjà aux quatre vents, avec son lot de conversations pénibles entre collègues et amis. Seul le mouvement des travailleuses et travailleurs est en mesure de nous tirer de cette impasse. La première vague a mis en lumière que c’est lui qui fait tout tourner, pas les actionnaires. C’est également lui qui peut tout renverser et prendre en main.

Quand notre vie est confrontée à de graves difficultés, nous ne négligeons aucun effort pour y faire face. À chaque catastrophe, nous constatons à quel les gens regorgent d’une grande inventivité et d’une grande solidarité instinctives. Nous devons traduire cela pour affronter un problème social comme cette pandémie. Il faut rassembler toutes les connaissances, tout le savoir-faire et toutes les capacités scientifiques pour les déployer de façon à vaincre la pandémie. Mais cette mise en commun des possibilités entre immédiatement en conflit avec la loi du profit aujourd’hui au centre de tout.

Pfizer, BioNTech et Moderna réalisent ensemble 1000 dollars de bénéfices PAR SECONDE alors que les populations des pays les plus pauvres n’ont pas accès aux vaccins. Ces trois géants ont pu compter sur au moins 8 milliards de dollars d’argent public pour le développement de leurs vaccins. Le doublement du chiffre d’affaires de Pfizer a déjà permis à la société d’augmenter de 3% ses dividendes par action.

La science qui sous-tend les vaccins est essentielle pour protéger la population mondiale de cette pandémie. Mais la stratégie vaccinale ne sera efficace que si cette technologie est libérée des contraintes imposées par la propriété privée de la connaissance et des capacités de production. Big Pharma n’a finalement absolument aucun intérêt à ce que cette pandémie se termine rapidement. Nous ne devons pas laisser ce secteur vital être la proie de la recherche du profit maximal!

Combien d’autres vagues nous faudra-t-il avant que le secteur des soins de santé ne soit revu de fond en comble? En commençant par drastiquement augmenter le personnel et les infrastructures. Actuellement, le manque de moyens conduit la totalité du personnel soignant droit à l’épuisement. Quant aux capacités de dépistage et de traçage, tout a été réduit au premier signe de diminution des contaminations. Près de deux ans après le début de la pandémie, il n’existe toujours pas de véritable système de tests gratuits à grande échelle. Les gouvernements semblent n’avoir rien appris des vagues précédentes. Ils ne sont pas stupides, ils sont juste coincés dans la camisole de force de la logique du système capitaliste. Les travailleurs et travailleuses de la santé et la collectivité doivent pouvoir décider eux-mêmes de ce qui est nécessaire pour sortir de l’impasse.

Chaque contradiction du capitalisme renforce l’impact de la pandémie. La rupture croissante de l’harmonie entre l’homme et la nature a joué un rôle dans la transmission du virus de la chauve-souris à l’homme. Le capitalisme est fait de relations mondiales, mais le système reste essentiellement géré au niveau national. La propriété privée des moyens de production empêche la libre coopération dans le développement des vaccins et l’élaboration d’une stratégie globale pour la vaccination. Avec la logique austéritaire de ces dernières années, c’est à peine si des secteurs tels que les soins de santé et l’enseignement ont pu garder la tête hors de l’eau.

Notre destin doit être protégé de la course infernale aux profits. La classe des travailleurs et travailleuses elle-même doit passer à l’offensive et mobiliser toutes les ressources et richesses disponibles. Aucune crise ne peut être résolue sans remettre en question l’ensemble du système capitaliste. Nous en débarrasser exige de construire dès aujourd’hui le rapport de force nécessaire pour briser l’emprise de Big Pharma, arracher plus de moyens pour les soins de santé, placer la totalité de la recherche scientifique sous contrôle et gestions publics, élaborer une véritable stratégie mondiale contre la pandémie reposant sur la solidarité et la coopération, etc. Le potentiel pour des luttes croissantes est là: début novembre, des dizaines de milliers de jeunes et de travailleurs et travailleuses ont manifesté pour un «changement de système» lors de la COP26 à Glasgow; fin novembre nous avons protesté contre les violences sexistes et LGBTQUIA+phobes ; dans de nombreux secteurs les travailleurs et travailleuses ont mené des grèves et actions. Nous devons réunir et mobiliser tout ça en une lutte commune pour une transformation socialiste de la société, c’est-à-dire une société où la classe des travailleurs et travailleuses est aux commandes!

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