Le capitalisme assassine l’humanité et le climat

«Il nous est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme», expliquait cet été l’anthropologue économique Jason Hickel dans le magazine Humo. Avec la pandémie, les inondations catastrophiques, les feux de forêt en Europe du Sud et en Afrique du Nord, les incendies en Sibérie et bien d’autres phénomènes météorologiques extrêmes, beaucoup peuvent imaginer la fin de l’humanité. La fuite du rapport provisoire sur le climat réalisée par le GIEC rend ces avertissements plus fort que jamais. Alors que la situation réclame à grands cris un plan mondial pour faire face à la grave crise climatique, les politiciens traditionnels ne vont pas beaucoup plus loin que de nous faire payer plus cher l’énergie et les transports. Nous n’y arriverons pas comme ça!

Avec les phénomènes météorologiques extrêmes que nous connaissons aujourd’hui, le changement climatique n’est définitivement plus un sujet abstrait réservé aux scientifiques et spécialistes ou aux jeunes inquiets pour leur avenir. C’est bien concret, avec des conséquences terribles, notamment pour les travailleurs et leur famille. Les catastrophiques inondations en Wallonie, en Allemagne, au Luxembourg et aux Pays-Bas l’ont bien démontré. Le désastre était important et les services d’urgence n’ont pas pu faire face à la situation en raison des économies budgétaires dictées par la logique d’austérité. Les victimes ont largement été laissées à elles-mêmes. La solidarité des autres travailleurs était par contre impressionnante.

Il est de moins en moins possible de stopper le changement climatique. Nous ne pouvons qu’essayer d’en atténuer l’impact pour ne pas atteindre de points de basculement. Il faut parallèlement déjà agir pour affronter les conséquences du changement climatique. Cette tâche ne peut être laissée précisément aux responsables de la catastrophe climatique.

Le capitalisme crée un fossé métabolique sans précédent entre l’humanité et la nature. Ces ruptures s’aggravent et deviennent irréparables. La réponse à cette situation a été décrite à juste titre dans le mouvement pour le climat de 2019 comme un System Change. Nous devons toutefois préciser ce que nous entendons par là. Et c’est tout autre chose que de conclure des accords climatiques vagues et insuffisants entre responsables de la crise écologique! Cela signifie un total changement de cap.

Assurer que le globe terrestre soit vivable est l’un de nos besoins les plus fondamentaux. Même cela est aujourd’hui mis en péril par la course au profit capitaliste. Alors que toutes les alarmes retentissent, nous devons mobiliser tous les moyens disponibles pour y faire face. Il nous faut une planification démocratique de l’utilisation des ressources disponibles ainsi qu’un partage des connaissances technologiques et des richesses pour que tout cela serve à sauver l’humanité et la planète. Nous devons renverser le capitalisme avant que ce système ne détruise la planète.
C’est dans les moments les plus difficiles que l’on voit sur qui on peut compter. C’était vrai pendant la pandémie et c’est vrai maintenant pour chaque catastrophe majeure. À un niveau plus fondamental, ce n’est pas différent. Les grandes entreprises ne regardent que leurs bénéfices et leurs marionnettes politiques se contentent de déclarations insignifiantes. Même les scientifiques du GIEC ne savent plus où donner de la tête: leur rapport provisoire a été divulgué aux médias en désespoir de cause qu’il soit édulcoré par les décideurs politiques. La seule force capable d’imposer le changement, c’est la classe des travailleuses et des travailleurs.

La classe des travailleuses et travailleurs doit prendre le contrôle des secteurs clés de l’économie et des industries polluantes afin de rendre possible une planification démocratique. C’est indispensable pour préserver la viabilité de la planète. Mettre un terme au capitalisme et à sa pollution ne se fera pas tout seul : nous devons nous organiser et préparer la lutte. Les actions de cet automne pour le climat, autour du sommet des Nations unies sur le climat qui se tiendra en Écosse en novembre, sont très importantes à cet égard. Nous y défendrons notre alternative socialiste de planification rationnelle démocratique comme réponse à un système capitaliste qui menace de plus en plus les personnes et la viabilité de l’environnement.