Déportée au goulag, puis livrée par Staline à la Gestapo

L’histoire tragique de Margarete Buber-Neumann

Voici l’histoire tragique de communistes allemands tombés dans les griffes de Staline. En 1926, à 25 ans, Margarete Thüring adhère au Parti Communiste d’Allemagne (KPD). Elle épouse Rafaël Buber dont elle aura deux enfants mais le couple divorcera peu après en 1929. Elle devient ensuite la compagne de Heinz Neumann, un jeune et brillant cadre du KPD à qui l’internationale confie des tâches importantes (Chine, Espagne). En 1932 Neuman, député et membre du Bureau politique, entre en violente opposition avec le président du KPD, Ernst Thälmann, sur la question du plébiscite « rouge-brun » (un vote commun des nazis et des communistes contre les socialistes en Prusse). Neumann est mis à l’écart et rappelé à Moscou en 1935. Arrêté à Moscou par le NKVD1 en avril 1937, il disparaît pour toujours, vraisemblablement assassiné.

En juin 1938, Margarete est arrêtée à son tour par le NKVD. Lors d’un simulacre de procès, elle est accusée d’activités contre-révolutionnaires et est condamnée à cinq ans de prison dans un camp de travail et déportée au goulag de Karaganda, au Kazakhstan où elle passe deux ans dans des conditions atroces.

En août 1938 est signé le pacte germano-soviétique, un pacte de non-agression entre Hitler et Staline. Dans le cadre de ce pacte, les communistes allemands réfugiés en URSS sont livrés à Hitler en 1940. C’est ainsi qu’après deux années de goulag Margarete Buber-Neumann est remise à la Gestapo qui l’interne au camp de concentration de Ravensbrück, au nord de Berlin. Elle va y passer cinq ans et se liera d’amitié avec des résistantes déportées : l’ethnologue française Germaine Tillon et la journaliste tchèque Milena Jesenska qui mourra en 1944 et dont Margarete écrira la biographie.

En avril 1945, confrontée à l’avancée de l’Armée rouge, la direction du camp libère un grand nombre de détenues. Margarete entreprend alors un long périple à pied à travers l’Allemagne pour éviter l’armée soviétique et rejoindre sa famille en Bavière.

Œuvres de Margarete Buber-Neumann (Ed. Du Seuil, Témoignages)
– Déportée en Sibérie, prisonnière de Staline et d’Hitler
– Déportée à Ravensbrück, prisonnière de Staline et d’Hitler
– Milena