«Framing Britney Spears» : l’impact dévastateur du sexisme

Le documentaire du New York Times Framing Britney Spears explore la carrière de la célèbre chanteuse tout en soulignant l’impact dévastateur du sexisme et des médias commerciaux sur le bien-être d’une adolescente pleine de vie poussée à bout.

La jeune star a été sexualisée et considérée comme un simple objet dès son plus jeune âge. Sa maison de disques et les médias l’ont peu à peu coincée dans un cul-de-sac impossible : Britney devait être sexy, mais pas sexuelle. Tout était sexualisé autour de son image mais, en même temps, sa virginité faisait l’objet d’une véritable obsession.

Cette situation est révélatrice d’un problème social bien plus large, celui de l’objectivation des femmes sous le capitalisme, le processus déshumanisant de réduction d’être humains au rang de simples objets. Dans la société capitaliste actuelle, le processus d’objectivation des femmes est renforcé par l’importance accordée à leur apparence au travers de la publicité, de la télévision, des magazines, de la musique, du cinéma, etc.

Transformer en objet et le vendre

D’immenses industries se sont développées et reposent sur l’exploitation des femmes par le biais de l’objectivation. On estime que l’industrie cosmétique mondiale représentera 438,38 milliards de dollars en 2026. L’industrie pornographique représente 97 milliards de dollars par an. Une foule d’autres industries bénéficient de cette objectivation, notamment la mode, la télévision, le cinéma, la vente au détail, les médias de masse et les médias sociaux.

Si l’objectivation dévalorise les femmes en tant que personnes, elle dévalorise également les activités qu’elles pratiquent. C’est particulièrement vrai pour les activités spécifiquement associées aux femmes, telles que les tâches ménagères et les soins. Une grande partie de ce travail est effectué gratuitement au foyer tandis qu’elle ne rapporte qu’un salaire inférieur sur le lieu de travail. Au grand plaisir des patrons.

Déshumanisation et violence

Dépeindre les femmes comme des objets implique qu’elles peuvent être utilisées et jetées à volonté. C’est d’ailleurs très évident dans la manière dont Britney Spears a été traitée dans les médias : il a toujours été question de son apparence et de sa sexualité supposée, au détriment de son talent et de sa personnalité.

L’une des conséquences de cette déshumanisation est l’augmentation de la violence. Une grande partie des féminicides est causée par une connaissance des victimes. Un tiers des femmes subira un jour ou l’autre des violences physiques ou sexuelles, du harcèlement sur le lieu de travail aux attouchements non désirés en passant par les agressions verbales et les autres formes de sexisme, jusqu’au meurtre.

Une vie faite de telles expériences représente une intense violence. Les normes de beauté irréalistes, les agressions, le harcèlement et la manipulation psychologique de la société sont dévastateurs pour la santé mentale.

Nous refusons tout cela !

Le débat actuel sur la façon dont Britney Spears a été traitée contient également des éléments positifs. Il est remarquable de constater qu’un changement de mentalité majeur s’est opéré depuis la fin des années 1990. Ceux qui ont grandi avec Britney regardent avec horreur l’hyper-sexualisation de la star et son traitement par les médias de l’époque. Ce qui était alors normal ne l’est heureusement plus pour de nombreuses personnes. C’est en partie le résultat des mobilisations de masse en faveur de l’émancipation des femmes.

Malheureusement, cela ne signifie pas que la bataille est terminée. Le capitalisme comporte l’oppression des femmes et les discriminations dans son ADN. Pour obtenir un changement fondamental, nous devons nous organiser et utiliser toute la force du mouvement ouvrier pour renverser le capitalisme.

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