NÉGO en santé : « Ne comptons que sur nos propres moyens »

Personne ne va entrer en lutte à notre place.

Selon François Legault, s’il y a eu autant de cas de COVID-19 dans les CHSLD c’est de la faute du personnel qui utilisait mal le matériel! Aujourd’hui, il change d’idée et c’est maintenant la faute des boss du réseau de la santé.

Bref, c’est la faute de tout le monde sauf lui! Évidemment, il ne mentionne pas ses propres politiques d’austérité ou celle de ces prédécesseurs comme coupables! Et pourtant, son « plan » pour la deuxième vague, ne propose rien pour améliorer le fonctionnement du réseau de la santé.

Cela résume bien à qui nous avons à faire. Un gouvernement incapable d’autocritique qui préfère avoir raison, tout seul sur Facebook, plutôt que de proposer des mesures concrètes pour améliorer nos conditions de travail.

Aucune solution concrète de sa part alors que 24 % des cas de COVID-19 au Québec sont des travailleuses et des travailleurs de la santé et plusieurs en sont morts. Uniquement à Montréal, c’est 800 infirmières qui ont quitté le réseau de la santé depuis mars dernier. Ce chiffre ne compile pas les autres titres d’emploi aussi touchés.

Pour ne pas que le même scénario se répète, nous devrons montrer les dents et dire la vérité sur ce qui se passe, et sur ce qui s’est passé. Pas seulement en paroles, mais également en actes. Nous n’avons pas le choix ! Nous n’avons rien à attendre de ce gouvernement-là ! Ce n’est que par notre mobilisation que nous pourrons aller chercher des gains. Nous devons nous entendre sur les moyens d’y arriver et cela implique d’avoir une vision commune de la situation.

La CAQ : un colosse au pied d’argile

Tant et aussi longtemps qu’il n’y aura aucune opposition politique organisée, la CAQ va rester haut dans les sondages. Sauf que cet appui est fragile et peut s’effondrer.

Les députés de la CAQ, c’est le Québec inc., la petite-bourgeoise et la bourgeoisie nationaliste. C’est un gouvernement de boss qui gère le Québec comme des boss. La CAQ n’a jamais défendu autre chose que l’intérêt des grandes compagnies. Même si dans son discours, la CAQ doit ratisser le plus large possible pour gagner de l’électorat, c’est clair qu’elle n’est pas au pouvoir pour l’engouement de son programme : ses appuis reposent essentiellement sur le rejet du PQ et du PLQ.

C’est pour cette raison que plusieurs personnes dans le réseau de la santé ont voté pour la CAQ, mais cet appui n’existe pratiquement plus. Par exemple, la CAQ a dit sur toutes les tribunes pendant plus d’un an que le salaire des préposés aux bénéficiaires allait augmenter pour, finalement, n’augmenter que ceux dans les CHSLD (et encore!).

« L’offre » de la CAQ

L’offre de la CAQ est maintenant la même qu’en décembre 2019, soit 5% sur 3 ans. Cela donne un peu plus de 35 cennes par année aux bas salarié·es (préposé·es aux bénéficiaires, agentes administratives, entretien ménager, etc.). C’est insuffisant pour combler le retard salarial et surtout pour attirer et retenir de nouvelles personnes dans un réseau où il y a un manque criant de personnel dans tous les titres d’emploi.

Comme si cela n’était pas suffisant, la CAQ propose également la fusion du régime de retraite des boss (les cadres) avec celui des employé.es. Le fonds de retraite du personnel est en pleine santé alors que celui des boss est déficitaire et maintenu artificiellement en vie par le gouvernement. Si cette mesure passe, cela serait un autre recul quant à notre régime de retraite, comme en 2015. Visiblement, pour que les boss s’enrichissent, même à leur retraite, ça va se faire sur notre dos.

Pour créer l’unité, la balle est dans le camp des hauts salariés

Toutes les centrales syndicales formulent leurs demandes différemment, mais deux priorités ressortent. Les travailleuses et les travailleurs veulent des augmentations salariales ET plus de personnel.

La question du personnel fait l’unanimité, mais pas celle des salaires. La centrale qui regroupe le plus grand nombre de bas salariés, la CSN, établit ses augmentations salariales en montants fixes. La FIQ et l’APTS gardent la formule des pourcentages. Depuis des décennies, cette façon de faire entraîne énormément de frustration chez les bas salariés qui voient leur pouvoir d’achat diminuer année après année.

Si uniquement les bas salariés étaient calculés dans cette moyenne, la ligne verte serait plus basse…

L’unité entre les différentes organisations syndicales en santé est nécessaire plus que jamais. Pour qu’elle se réalise, il suffit que les professionnels de l’APTS et de la FIQ se rallient à l’idée des augmentations salariales en montant fixe. Alternative socialiste encourage donc les travailleuses et les travailleurs de ces syndicats, ainsi que leurs exécutifs locaux à défendre la nécessité d’une alliance avec les bas salariés, et par conséquent, d’ouvertement prendre position en faveur des montants fixes.

Taxons les riches pour financer les services publics !

Nous devons impérativement mettre de l’avant un moyen de financer l’amélioration de nos conditions de travail. Nous avons commencé la négociation alors que le gouvernement avait 10 milliards de surplus, maintenant il affirme avoir la même chose en déficit! Il faut tuer cet argument dès maintenant, parce que de l’argent, il y en a ! Il faut aller la chercher !

C’est pourquoi Alternative socialiste a lancé au début du mois de mai la pétition Taxons et imposons les riches pour financer les services publics!

Si vous voulez contribuer à défendre cette revendication dans vos instances syndicales ou dans vos associations locales de Québec solidaire, contactez Alternative socialiste.

Construire un rapport de force dans les établissements et les départements

Il y a une volonté de se battre et des actions sont organisées dans tous les établissements de la santé. Ça bouille et c’est positif ! Ce n’est toutefois pas encore suffisant. Pour construire un réel rapport de force, il faut d’abord casser la mentalité de « syndicats de services ». Il ne faut pas non plus attendre l’opinion d’un messie. Pour gagner, nous devons nous défendre nous-mêmes !

Les syndicats locaux demeurent, dans la vaste majorité des cas, des espaces démocratiques. Il faut simplement se relever les manches si quelque chose ne fait pas notre affaire et proposer des idées pour aller de l’avant.

Le mouvement syndical a perdu ses réflexes de lutte. Les directions syndicales ont une part importante de responsabilité. Mais ce n’est pas une raison pour se laisser abattre et ne rien faire !

Comment faire? Il faut s’organiser démocratiquement à la base. «Dans le bon vieux temps», les délégués «callaient» des réunions de département ou d’étage, informaient les membres de la situation, débattaient et prenaient une décision. C’est ça un comité d’action ! Tant que cela représente la volonté de vos collègues, faites-le!

Interdiction de faire de la grève? Un décret? Et alors?

Que faire si le gouvernement nous impose nos conditions de travail? Il faut continuer de faire des actions! La CAQ peut nous interdire de faire la grève, mais ça ne nous empêchera pas d’agir ! Selon le niveau d’organisation que vous avez dans vos milieux et de votre volonté de vaincre, mais les possibilités d’actions sont infinies. L’important est de passer à l’action le plus démocratiquement possible et de ne pas attendre l’appel d’en haut. Dans un mouvement de masse démocratique, tout le monde a une responsabilité d’organisation !

Ça fonctionne ailleurs !

Les députés de Québec solidaire ou les bureaucrates syndicaux peuvent pleurer qu’ils et elles ont «fait leur travail» pendant la pandémie. Le résultat demeure que les anti-masques organisent des manifestations plus importantes que nous. C’est un fait.

Pourtant ailleurs le mouvement ouvrier et la gauche se mobilisent et gagnent ! En ce moment, tous les travailleurs et les travailleuses de la santé dans le monde sont en lutte.

En Belgique, le gouvernement a «lâché» 600 millions pour la santé à la fin de la pandémie, mais cela a été possible que par une mobilisation importante des travailleuses et des travailleurs. Notamment ceux et celles organisés dans le collectif La santé en lutte. Manifs, prise de photos pour dénoncer la situation et haie de déshonneur systématique lors de la visite d’un membre du gouvernement dans les établissements ont permis de faire des gains.

En juillet, aux États-Unis, nos camarades d’Alternative socialiste ont réussi à faire passer une résolution pour taxer les grandes fortunes et «définancer la police» pour diriger l’argent vers le logement abordable dans la ville de Seattle. Ce n’est pas uniquement une conseillère municipale qui a réussi ça. C’est un mouvement de masse démocratiquement implanté dans les quartiers. Des comités d’action sont toujours constamment mobilisés pour parler au plus grand nombre de personnes possible.

Si nous voulons réellement nous défendre, nous pouvons le faire. Cela implique de s’organiser localement et démocratiquement. D’avoir des revendications claires et d’y intégrer une revendication qui explique déjà comment les financer. Tout en utilisant notre imagination et notre détermination pour continuer la lutte malgré un décret.

Une lutte qui concerne tout le monde

La lutte des travailleuses et des travailleurs de la santé est une lutte qui concerne tout le monde. L’accès aux soins de santé de qualité est toujours important, mais en pleine pandémie mondiale, c’est vital. En plus, la lutte du milieu de la santé est fondamentalement antiraciste et féministe.

Le meilleur levier pour renverser la CAQ en ce moment, c’est via les travailleuses et les travailleurs de la santé et de l’éducation. Une victoire du secteur public va redonner confiance aux autres groupes en luttes !

Nous devons saisir cette occasion de lutte ! Pour se bâtir des conditions de travail et des salaires décents, pour s’assurer que les services rendus répondent aux besoins de la population et aux capacités des travailleurs et des travailleuses à y subvenir, nous devons nous organiser pour gagner cette lutte et toutes celles à venir !

Pour rentrer en contact avec des militantes et des militants du secteur de la santé, que vous le soyez vous-même que vous vous leur êtes solidaires, contactez Alternative Socialiste par courriel ou via notre page Facebook (AlternativeSocialisteQc)

Nous sommes dans l’action et disponible pour venir vous aider à lutter en première ligne !

Bruno G.

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