Non aux exécutions politiques en Iran ! Appel urgent à la solidarité internationale

Le mercredi 24 juin, nous avons appris la condamnation à mort de trois jeunes manifestants Iraniens, Amir-Hossein Moradi, Saeed Tamjidi et Mohammad Rajabi sur base de charges mensongères. Ces condamnations à mort visent à effrayer et à paralyser les manifestants et les militants pour les droits des travailleurs et la démocratie. Il y a un besoin urgent de solidarité internationale pour empêcher ces exécutions.

En novembre 2019, des protestations de masse ont secoué l’Iran avec des millions de manifestants à travers tout le pays. Le point de départ des manifestations était une protestation contre la hausse du prix de la vie et plus spécifiquement une hausse de 300% du prix de l’essence, mais elles ont rapidement pris la forme d’une contestation généralisée du régime. Ce soulèvement était marqué par de nombreuses grèves dans les usines, parmi les enseignants ou encore parmi les chauffeurs routiers et a impliqué des jeunes ainsi que des travailleurs de différentes communautés (perses, arabes, kurdes,…).

La réponse du régime fut une répression brutale avec environ 1500 morts et des milliers d’arrestations arbitraires. Aujourd’hui, des mois après la fin des manifestations, les arrestations se poursuivent. C’est ainsi qu’Amir-Hossein Moradi a été arrêté sur base d’images de vidéosurveillance, puis battu, torturé, et forcé à de fausses confessions. Ses deux amis Saeed Tamjidi et Mohamad Rajabi ont cherché refuge en Turquie, mais l’État turc a choisi de littéralement les livrer au régime Iranien. Tous les trois ont été accusés d’être membre d’une organisation terroriste et ont été condamnés à être fouettés puis exécutés.

Les libertés politiques sont quasiment inexistantes en Iran. Les syndicats sont interdits, la peine de mort pour crimes politiques est largement appliquée et les arrestations arbitraires sont monnaie courante. Cette répression est utilisée pour intimider le mouvement et garantir un semblant de stabilité au régime face à la grande colère qui est présente dans la classe travailleuse iranienne.

La solidarité internationale avec la jeunesse et les travailleurs d’Iran est vitale pour arrêter ces exécutions. Nous vous appelons à signer la lettre de protestation en bas de cet article et à l’envoyer à l’ambassade d’Iran dans votre pays. Si un consulat ou une ambassade Iranienne existe dans votre ville, considérez la possibilité d’organiser une action de protestation.

Non à l’exécution de Amir-Hossein Moradi, Saeed Tamjidi et Mohammad Rajabi !
Liberté pour tous les prisonniers politiques !
A bas la dictature Islamique en Iran ! Pour un Iran libre et socialiste, basé sur la démocratie des travailleurs !

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Exemple de lettre de protestation à envoyer à l’ambassade d’Iran
Avenue F.D. Roosevelt 15
1050 BRUXELLES
Ambassadeur Gholamhossein DEHGHANI
+32 2 627 03 51
+32 2 627 03 50
+32 2 762 55 49
secretariat@iranembassy.be

Non aux exécutions de manifestants en Iran !

Le mercredi 24 juin, l’Iran Human Right News Agency (HRANA – Agence de presse iranienne pour les droits humains) a rapporté que la Cour suprême d’Iran a entériné la condamnation à mort de trois jeunes manifestants arrêtés par les forces de sécurité durant les manifestations de Novembre 2019.

La confirmation de ces condamnations à mort n’a pas été annoncée officiellement, bien qu’elle ait été communiquée et confirmée par l’avocat d’un des étudiants emprisonnés.

Amir-Hossein Moradi, Saeed Tamjidi et Mohammad Rajabi ont tous été condamnés à la prison, au fouet et à la peine de mort par le tribunal révolutionnaire islamique (un tribunal politique compétent pour la sécurité nationale, les délits politiques et les « crimes contre la décence publique ») en février. Après un appel, la cour suprême a validé la décision du tribunal révolutionnaire islamique.

Le 15 novembre, le gouvernement iranien avait annoncé une augmentation de 300% du prix de l’essence, ce qui fut l’élément déclencheur de manifestations de masse dans 29 des 31 provinces d’Iran. La protestation a fait face à de violentes attaques de la police et du bras paramilitaire des gardiens de la révolution (basiji) ce qui a amené à des centaines de morts et de blessés, et à des milliers d’arrestations, qui se poursuivent encore des mois après la fin de manifestations.

Les forces de sécurité ont identifié et arrêté Amir—Hossein Moradi à partir de vidéos de surveillance pendant les manifestations de Novembre 2019. Il a été battu durant son arrestation et ses interrogatoires, et a été maintenu à l’isolement pendant un mois entier. Il a également été torturé et contraint d’apparaître à la télévision d’État pour « confesser » qu’il avait mis le feu à des banques et à des stations essence, et qu’il avait endommagé des biens publics. Cela même avant d’avoir été jugé et condamné par un tribunal ! Moradi et les autres accusés dans cette affaire se sont vu retirer le droit à avoir accès à un avocat durant la phase d’investigation.

Les deux autres, Mohammad Rajabi et Saeed Tamjidi, ont fui en Turquie après l’arrestation de leur ami Moradi mais ont été arrêtés en Turquie et, malgré qu’ils aient produits d’amples preuves du fait qu’ils étaient en danger pour avoir participé aux manifestations, les forces de sécurité Turques les ont extradé en Iran où ils ont immédiatement arrêtés.

Les trois accusés, tous dans la vingtaine, ont été accusés d’être de membre de l’organisation Mujahedin-e Khalq (« les moudjahidin du peuple »), qui est considérée comme une organisation terroriste par le régime iranien. Ils ont tous nié ces accusations.

Nous exigeons l’annulation des exécutions des trois manifestants !
Nous exigeons la libération de tous les manifestants, syndicalistes et prisonniers politiques !
À bas la dictature islamique en Iran !