Le Brésil épicentre de la crise en Amérique du Sud

Avec plus de 15 000 morts à la mi-mai, le Brésil est devenu l’épicentre de l’épidémie de Covid-19 en Amérique du Sud. Les agences sanitaires alertent sur le fait que ce chiffre pourrait être largement sous-estimé et évoque un nombre de décès jusqu’à 12 fois plus grand !

Malgré l’ampleur de la catastrophe, le président Jair Bolsonaro continue de s’opposer aux mesures préconisées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en matière de prévention et de confinement et prend le risque d’augmenter encore le nombre de victimes. Son unique action sur le plan sanitaire a été de promouvoir l’usage massif d’hydroxychloroquine (une molécule controversée utilisée dans le traitement du paludisme et dont l’efficacité contre le coronavirus n’est pas prouvée). Cette décision a par ailleurs poussé le ministre de la Santé à «jeter l’éponge» après que le président l’ait contraint à un ultimatum pour faire changer le protocole de test contre l’avis des médecins. C’est le deuxième ministre de la Santé à démissionner en moins d’un mois.

Pour rappel, Bolsonaro est arrivé au pouvoir en 2018 au terme d’une campagne le présentant comme une alternative populaire aux élites corrompues (opération Lava Jato : Car Wash). Un discours qui a depuis largement été mise à mal par les affaires judiciaires le mettant en cause lui et sa famille. Ces affaires ont fini par l’éloigner de son ministre de la Justice démissionnaire, Sérgio Moro, un ancien allié primordial dans son accession au pouvoir. Aujourd’hui esseulé à la tête de l’État, Bolsonaro se cherche des alliés auprès des sénateurs centristes très proches des milieux d’affaires. Le fait que ces politiciens professionnels ne soient pas moins corrompus qu’au temps de sa campagne ne semble plus être un problème pour Bolsonaro.

Mais les méthodes de Bolsonaro sont loin de faire l’unanimité y compris parmi les capitalistes qui se sont ralliés à lui tardivement par opportunisme et qui ont besoin d’un climat social apaisé pour faire marcher leurs affaires. Beaucoup s’inquiètent, à présent, de le voir jeter ainsi de l’huile sur le feu et lui reprochent son caractère incontrôlable. Ceci explique la trentaine de procédures de destitutions entamée contre Bolsonaro; la droite traditionnelle espère tirer avantage de la crise politique pour récupérer le soutien perdu en 2018.

Dans cette triple crise sanitaire, politique et économique, le mouvement des travailleurs et travailleuses organisé·es est le seul à pouvoir présenter un programme de rupture avec le capitalisme. Nos camarades du LSR (Liberdade-Socialismò-Revoluçào, ISA au Brésil) encouragent toutes les initiatives populaires réclamant la destitution de Bolsonaro ainsi que de tout son gouvernement et représentant de sa politique.

Jeremy (Namur) du Parti Socialiste de Lutte (ISA en Belgique)

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