Grève mondiale pour le climat : Qui a peur de Greta?

Greta Thunberg serait-elle une jeune femme « mentalement instable » porte-parole de « l’alarmisme climatique »? C’est pourtant en ces termes que la petite élite québécoise décrit la militante écologiste suédoise qui sera l’invitée d’honneur de la grande marche pour le climat ce 27 septembre. Pourquoi s’en prendre à elle avec une telle agressivité?

Il n’est pas surprenant d’entendre de tels propos venir de la droite radicale climatosceptique dont le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, est l’émissaire en chef. Ce dernier préfère blâmer « l’immigration de masse » pour les problèmes actuels. Bernier s’est retrouvé d’ailleurs plusieurs fois dans l’eau chaude en raison de la présence d’éléments suprémacistes blancs dans son parti. Les nationalistes xénophobes du JOURNAL DE MONTRÉALMathieu Bock-Côté et Richard Martineau en tête – n’ont pas manqué d’écorcher Thunberg et de lui rappeler que sa place « n’est pas dans la rue, mais à l’école ».

Comme la crise climatique, la haine des élites envers Greta Thunberg est mondiale. Un philosophe français l’a comparé à un « cyborg du 3e millénaire », tandis que des climatosceptiques australiens et anglais considèrent son influence au même titre que celle d’une leader de culte.

Plusieurs mois après les mobilisations historiques de centaines de milliers de jeunes partout dans le monde, ces agressions illustrent l’inquiétude croissante des élites politiques capitalistes. Ces mêmes élites qui savent pertinemment quels sont les dangers climatiques qui nous font face, mais qui choisissent délibérément de ne rien faire.

Le capitalisme tue, et ils le savent

Le système capitaliste est responsable de la production de 1 400 milliards de tonnes de CO2 depuis le début de l’industrialisation. Dès lors, la biodiversité ne cesse de décliner. Bien que les grandes entreprises investissent des millions de dollars pour avoir l’air écolos, la consommation industrielle de charbon continue de croître. La consommation de pétrole vient pour la première fois de passer les 100 millions de barils/jour!

Depuis deux siècles, des médecins et des avocats alertent les classes dirigeantes quant aux impacts de l’environnement sur la santé des gens. Durant deux siècles, les lobbies industriels les ont étouffés. Aujourd’hui au Québec, on voit bien où se trouvent les priorités du premier ministre François Legault lorsqu’on apprend qu’il n’a même pas daigné assister au sommet international de lutte contre les changements climatiques parrainé par l’Organisation des Nations unies (ONU), à New York. Greta Thunberg sera toutefois accueillie dans l’agora de l’Assemblée nationale à la suite d’une demande de Québec solidaire.

Pas de temps à perdre!

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) estime qu’il reste 12 ans pour imposer une alternative radicale afin d’éviter les effets les plus graves des changements climatiques.

Mettons un terme à la combustion d’énergies fossiles et à la production de plastique au cours des prochaines années! Nous avons besoin d’aliments qui ne ruinent ni la planète ni notre santé. Cela exige des changements urgents et profonds dans la production énergétique, industrielle, alimentaire et agricole, dans les transports et dans le logement.

Les besoins des gens, pas les profits des élites!

Le cabinet indépendant Carbone 4 soutient que les efforts individuels sont insuffisants pour s’engager sur la voie de la transition écologique. L’équipe d’experts et d’expertes explique que nous devons exiger une transformation radicale du système. Cette transformation implique que le 3/4 des efforts doivent être fournis par les États et les entreprises, principaux responsables de pollution.

Nous avons besoin d’un plan d’investissements publics massifs dans le secteur des énergies renouvelables et du transport en commun public, efficace et gratuit. Ce plan doit aussi concerner la construction et la réparation de logements abordables et écologiques, d’infrastructures publiques et la mise sur pied d’usines publiques de recyclage. Tout cela est réalisable pourvu que la richesse que nous produisons ne soit pas accaparée par une petite élite.

Stoppons les 100 principaux pollueurs!

Au cours des trois dernières décennies, plus de 70% des émissions industrielles de gaz à effet de serre ont été produites par 100 entreprises. Ces dernières ignorent les recommandations et les législations environnementales. Et les élites politiques sont leurs marionnettes. Nous ne pouvons pas contrôler que ce que nous ne possédons pas.

Par conséquent, nous devons faire en sorte que les grandes entreprises de l’industrie énergétique, de la construction, des transports, de l’agro-industrie et de la finance passent du privé au secteur public.

Une société à notre service!

Avec les ressources actuelles, il est possible de libérer la science des limites du capitalisme. Au lieu d’investir des milliards de dollars dans des subventions aux pétrolières, nous pourrions développer des technologies et des matériaux écologiques. Nous défendons le droit de chaque personne à un bon emploi et à une vie exempte de pauvreté, d’oppression, de dévastation et de destruction.

Les grandes entreprises et leur puissance colossale doivent être contrôlées et gérées démocratiquement par notre classe et nos communautés. Cela garantira qu’aucun emploi ne sera perdu. Ils pourront être convertis en emplois socialement utiles et sans perte de salaire.

La planification, pas le chaos!

Les élites tentent d’opposer la création d’emplois aux pratiques écologiques. Les programmes de type Green New Deal vont dans la bonne direction. Nous devons toutefois aller plus loin, au-delà des limites du système capitaliste.

Au lieu de l’anarchie capitaliste de la production pour le profit, nous devons planifier démocratiquement la manière d’utiliser durablement les ressources de la planète afin de répondre aux besoins réels de la majorité de la population.

Faire grève ensemble!

Nous, les gens ordinaires, souffrons le plus des changements climatiques. En revanche, c’est notre classe qui a le pouvoir de changer l’histoire. Le blocage de l’économie capitaliste montre notre potentiel à prendre le pouvoir économique entre nos mains.

En faisant la grève tout le monde ensemble, nous stoppons ce dont les capitalistes ont le plus besoin : l’accumulation de profits. En reliant la lutte initiée par la jeunesse avec les luttes de la classe ouvrière, nous pouvons organiser des grèves puissantes pour un changement réel et fondamental de la société.

Au-delà des grèves ponctuelles, il est essentiel de s’organiser dans des comités d’action, que ce soit dans nos syndicats, dans nos associations étudiantes, dans Québec solidaire ou dans nos quartiers. Faisons vivre localement notre militantisme à travers des campagnes concrètes, par exemple pour la gratuité du transport en commun. Transformée en mouvement de masse, une telle campagne peut servir de levier politique contre les politiques gouvernementales.

Pour une alternative socialiste!

Les êtres humains font partie de l’écosystème planétaire, pas le capitalisme. Combattons-le et construisons une société socialiste démocratique reposant sur les besoins de la majorité, non pas sur les profits d’une minorité. À ce stade-ci, ce n’est plus un slogan, mais une nécessité vitale! Les membres d’ALTERNATIVE SOCIALISTE sont organisé·es au niveau international dans plus de 35 pays, sur tous les continents. Impliquez-vous avec nous pour arrêter la destruction de la planète!