Chroniqueurs de droite: leur morale et la nôtre

Dans son article intitulé Ovation pour les perdants, Lise Ravary tente de désespérer les partisans du Canadien de Montréal – et par ricochet toute la population québécoise victime de la corruption et de l’austérité – en enchaînant leur désir d’améliorer leur sort à la défaite de leur club de hockey.

Les chroniqueurs de droite pullulant au Journal de Montréal déversent leur fiel dans l’espace public en espérant présenter les classes dominantes sous leur meilleur jour. On tente ainsi d’éviter toute remise en question de leur l’exploitation.

On se rappelle la fameuse épicerie à 75$ qui peut supposément nourrir une famille. Avec cette boutade, Philippe Couillard, le premier ministre de l’époque, a cherché à légitimer notre pauvreté. C’est ainsi que l’élite politique et économique, la bourgeoisie, diffuse sa morale dans les médias de masse pour justifier sa domination.

Un club de travaillants

Dans son article du 8 avril 2019, Lise Ravary démontre qu’elle ne connaît rien au hockey. Au cours des matchs de la saison 2018-2019, on a pu entendre au fil des conversations des resto-bars du Québec qu’on avait une équipe de travaillants. Perdre à 93 points pour le 9e rang, ça n’arrive pas souvent. Le 3e rang n’était qu’à quatre points. Les joueurs ont dû gagner plusieurs matchs. Ça s’est décidé à l’avant-dernier match.

Évidemment, les Québécois et les Québécoises se sont vus dans les efforts du Canadien. Les travailleurs et les travailleuses sont les mieux placé·e·s pour savoir comment on se sent quand on se donne à l’ouvrage et qu’on ne récolte presque rien des fruits de son labeur. Ça ne nous empêche pas d’être fiers·ères après une journée de travail. Même si on reste toujours enchaîné·e à notre patron·ne.

Les Québécois et les Québécoises ont vu leur équipe travailler, donner tout ce qu’elle avait. Mais, hélas, il a peut-être manqué juste un peu de chance pour participer aux séries. Les travailleurs et les travailleuses du Québec ne sont pas des perdant·e·s, mais des battant·e·s. On se reprendra l’an prochain. “J’irais la chercher mon augmentation salariale”, se dit un·e partisan·ne du Canadien entre deux périodes.

Des ratés et des scandales

Puis, madame Ravary poursuit en nommant des exemples de ratés qui, semble-t-il, sont tolérés par les Québécois et Québécoises: le deal poche du traversier Matane-Baie-Comeau orchestré par le Parti libéral, les différents scandales entourant les contrats informatiques gouvernementaux, les différents systèmes de gestion défaillants utilisés par les grandes sociétés d’État comme la SAQ… Ravary cherche même à faire honte au gouvernement fédéral ainsi qu’à tous les Canadiens et Canadiennes en évoquant le fameux scandale du système de paie des fonctionnaires fédéraux Phénix!

Mais, qui de mieux placés que les travailleurs et les travailleuses du Québec pour parler des ratés causés par ces systèmes implantés par des technocrates à genoux devant le grand capital?

Ravary ne semble pas comprendre pour quelle raison les Québécois et les Québécoises ont ovationné leur équipe de hockey. Le peuple s’est reconnu dans son équipe et a applaudi l’effort soutenu, le sacrifice, la persévérance et la discipline. À la fin du dernier match, on a pu entendre aux sorties des bars sportifs du Québec que les Canadiens ont bataillé jusqu’à la toute fin. Que l’équipe n’a pas baissé les bras. Ce n’est pas la défaite qu’elle ovationne, mais le travail.

La prêcheresse de la morale bourgeoise capitaliste ne comprend rien au hockey. Elle ne semble pas en mesure de comprendre ces Québécoises et ces Québécois qui se lèvent tous les matins pour travailler. Ravary termine son article en écrivant : “Tout n’est pas la faute des Québécois, mais c’est notre responsabilité d’exiger mieux”. Nous n’exigeons rien de moins qu’un système à la hauteur de notre travail et de nos efforts, Mme Ravary. Un système où tout le monde reçoit ce dont il a besoin et fournit tous les efforts possibles à la hauteur de ses capacités.

Rémi A.

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