Décès d’Alicia: les victimes de l’austérité à la DPJ

À la fin avril, c’est avec énormément de tristesse et de consternation que nous avons appris le décès d’une fillette de 7 ans à Granby. La fillette – nommée Alicia par les médias en raison d’un interdit de publication de son identité – a subi de multiples sévices tout au cours de sa trop courte vie.

La classe politique pleure des larmes de crocodile sur le sort d’Alicia. Le premier ministre François Legault a déjà promis une commission parlementaire non partisane à l’image de celle sur l’euthanasie et l’aide au suicide. C’est honteux. Non seulement il se permet des amalgames douteux, mais combien d’enfants vont devoir souffrir le martyre avant que cette commission parlementaire arrive à mettre sur pied des mesures concrètes pour aider toutes les Alicia du Québec?

Des réformes qui tuent

Rien n’a été fait par le passé. Au contraire. Alicia et bien d’autres enfants sont victimes de l’austérité et des réformes du gouvernement libéral précédent, celui de l’équipe de médecins et de banquiers qui entourait Philippe Couillard. Les coupes massives dans les services publics – qui entraînent par la suite un manque de ressources, de personnel, de suivis, etc. – sont les principales causes de ce genre de situation.

L’ex-ministre libéral de la Santé, le transfuge de la CAQ Gaëtan Barrette, refuse de reconnaître les failles de ses réformes. Il clame au contraire que tout a été fait correctement: Alicia a été prise en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). C’est un fait, on ne peut le nier. Mais, la charge de travail des travailleuses et des travailleurs de la DPJ est telle, qu’il est impossible pour eux de s’occuper adéquatement des multiples signalements qu’ils et elles reçoivent. Dans les CLSC, les écoles ou les Centres de la petite enfance (CPE), la situation est similaire. Les travailleurs et les travailleuses responsables de l’éducation, de la santé et de la sécurité de nos enfants sont surchargé·e·s et n’ont que des moyens insuffisants.

Des promesses vides

Avec les promesses électorales et les premières mesures mises en place par les caquistes, rien ne laisse présager une amélioration des services publics. Combien de morts faudra-t-il pour que la classe politique reconnaisse ce dont nous avons besoin? Un réinvestissement massif dans des services publics destinés aux familles et aux parents! Il est essentiel pour les parents d’avoir des ressources d’aide et de répit pour que de tels drames ne se produisent plus jamais.

Legault va tenter de se faire du capital politique en instrumentalisant le décès d’une enfant. La commission parlementaire promise risque de prendre plusieurs mois avant d’arriver à des conclusions. Impossible de savoir combien de temps sera nécessaire avant d’avoir des moyens concrets et accessibles pour toutes les familles québécoises.

Des moyens, maintenant!

Le décès d’Alicia était évitable.

Si elle et sa famille avaient eu accès à des services publics accessibles, gratuits et de qualité, on ne parlerait pas d’elle aujourd’hui. De plus en plus de familles vivent dans la pauvreté et tentent de joindre les deux bouts avec un revenu insuffisant. Une fois les comptes et le loyer payés, la part du revenu disponible diminue d’année en année. Les familles du Québec sont plus endettées que jamais. La criminalité et la violence ont des chances bien plus élevées d’éclore dans des familles défavorisées.

Pendant ce temps, nos gouvernements à la solde des riches dilapident nos taxes et des nos impôts en cadeau à des compagnies privées. Le montant total des pots-de-vin du gouvernement Couillard à SNC-Lavalin pour la construction du Centre Universitaire de Santé McGill – estimés à 1,3 milliard $ – est inégalé dans l’histoire du Canada. Ces gouvernements propatron laissent également fuir dans des paradis fiscaux les milliards de $ que des multinationales comme Google, Apple, Uber ou Netflix auraient dû payer en impôt.

Nous l’avons déjà dit, ce qu’il faut, c’est un réinvestissement massif dans les services publics. N’hésitons pas à réclamer une forte taxation des multinationales ainsi que la nationalisation sous contrôle démocratique de celles qui offrent des services essentiels à la population. Ensemble, luttons pour des CPE et des écoles gratuites avec des spécialistes pour aider les enfants et leurs familles dans le besoin. Luttons pour que toute personne puisse choisir librement d’avoir des enfants sans s’appauvrir. Luttons pour un salaire décent qui permet aux travailleurs et aux travailleuses d’avoir une vie décente.

Dans un monde où les familles ont le soutien dont elles ont besoin, des drames comme celui d’Alicia n’ont pas de raisons de se produire. Et un tel monde est possible. Il s’agit d’un monde où la société est dirigée démocratiquement par les travailleuses, les travailleurs et la jeunesse. Et non par une élite de rapaces capitalistes qui ne pensent qu’à exploiter l’environnement et la population.

Alexandra L.

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