Norman Bethune, médecin révolutionnaire

5 min de lecture

Norman Bethune est originaire de Gravenhurst, en Ontario, où il est né en 1890. Durant la Première Guerre mondiale, il travaille comme brancardier en Europe. De retour au pays après avoir été blessé, il poursuit ses études en médecine à l’Université de Toronto. Il s’enrôle de nouveau dans l’armée britannique pour exercer la chirurgie en France durant les six derniers mois de la Grande Guerre.

En 1926, Bethune est atteint de tuberculose pulmonaire. Échappant de peu à la mort, son expérience le motive à mener une croisade contre cette impitoyable maladie. Il se consacre alors à la chirurgie thoracique à l’Hôpital Royal Victoria de Montréal puis à l’Hôpital Sacré-Cœur à Cartierville, toujours à Montréal.

Durant les années 1930, il invente ou redessine 12 instruments médicaux ou chirurgicaux, dont le fameux « écarteur de Bethune », aussi appelé « l’interne de fer », utilisé pour maintenir l’écartement des côtes ou du sternum lors de chirurgies cardiaques ou pulmonaires.

Pionnier de la médecine sociale

De plus en plus concerné par l’impact des conditions de vie médiocres sur la santé des travailleurs et travailleuses, le médecin décide de militer pour des réformes radicales des services de santé au Canada. Il obtient très peu de réceptivité auprès de ses collègues professionnels et des politiciens. Bethune met alors sur pied une clinique médicale offrant des soins de santé gratuits à la classe ouvrière montréalaise. En 1935, sa visite en URSS le convainc de la nécessité d’un système de santé universel et gratuit au pays. Il adhère au Parti communiste du Canada la même année et s’implique dans le mouvement des chômeurs.

La Guerre civile espagnole

Bethune est également conscient qu’un danger différent, le militarisme fasciste et fanatique, déferle sur le monde depuis l’Allemagne et le Japon. Le Québec de Maurice Duplessis appuie alors ouvertement les nationalistes espagnols de Francisco Franco ainsi que les fascistes italiens de Benito Mussolini. En 1936, Bethune se rend dans une Espagne déchirée par la guerre civile afin de lutter contre les troupes du général Franco. Le médecin met sur pied un service de transfusion sanguine mobile au bénéfice des Républicains. En 1937, Bethune échappe de peu aux purges staliniennes en Espagne et regagne le Canada.

La Seconde Guerre sino-japonaise

En 1938, Bethune traverse de nouveau les océans pour se rendre en Chine, alors sous occupation japonaise. Il y aide les communistes de Mao Zedong à repousser l’envahisseur et à établir leur autorité. Sur le front, Bethune crée des blocs opératoires mobiles. En octobre de l’année suivante, Bethune se coupe lors de l’opération d’un soldat blessé. Une infection se développe et il meurt d’une septicémie environ un mois plus tard. Il devient un héros de la Révolution chinoise à titre posthume.

Hommage

En hommage à Bethune, Mao Zedong écrit un essai que tous les écoliers chinois de l’époque doivent lire. À Shijiazhuang, une statue honore la mémoire du médecin. Un pavillon, un musée, une école et un hôpital portent aussi son nom.

En 1976, la République populaire de Chine offre une statue de Norman Bethune à la ville de Montréal. La Place Norman-Bethune est inaugurée le 23 mars de la même année à l’angle de la rue Guy et du boul. De Maisonneuve.

Une multitude de livres et d’études, ainsi que d’adaptations musicales et cinématographiques sont consacrés à la vie du médecin révolutionnaire. Durant les décennies 70 et 90, l’acteur canadien Donald Sutherland interprète Norman Bethune dans une émission télévisée ainsi que dans deux longs métrages.

En 1990, la Chine et le Canada émettent un timbre poste à l’effigie du médecin pour le 100e anniversaire de sa naissance.

En 2006, la ville de Málaga, en Espagne, ouvre la Promenade des Canadiens. Cette avenue commémore l’aide offerte par Bethune et ses collègues aux réfugiés de Málaga en février 1937.

De 2008 à 2009, plusieurs institutions et organismes du Québec organisent des expositions et des activités pour souligner le 70e anniversaire du départ de Norman Bethune en Chine, en 1938, et le 70e anniversaire de son décès, en 1939.

Murale hommage à Bethune

Le projet de murales hommage du comité Étudiant·e·s socialistes, en collaboration avec Alternative socialiste et la Fondation Aubin, vise à mettre de l’avant des personnages et des événements marquants, mais méconnus, de l’histoire populaire et militante de Montréal.

Après la réalisation de la murale hommage à Léa Roback (4502, rue Saint-Dominique) et à celle d’Albert Saint-Martin (4532, rue Drolet), la murale Norman Bethune située au 4800, av. Henri Julien au coin de la rue Villeneuve Est à Montréal vise à réactualiser les idées et les combats d’un homme qui a déjà été le Canadien le plus connu dans le monde. Le projet s’insère dans le cadre des célébrations entourant le 75e anniversaire du décès de Bethune le 12 novembre 1939.

Les éléments principaux de la murale sont un portrait style street art hyperréaliste du militant communiste sur un fond graphique où figure le slogan ¡No Pasarán! (Ils ne passeront pas !). Ce slogan antifasciste est emblématique de la lutte républicaine menée durant la Guerre civile espagnole de 1936-39. Bethune et plusieurs centaines de Canadiens enrôlés au sein des Brigades internationales y ont participé. L’emblème étoilé des Brigadistes mobilisés durant ce conflit est aussi représenté.

Mots clés , , , , , , , , , , .