Dix classiques du marxisme

Il n’y a pas de raccourci pour comprendre le marxisme dans toute sa complexité. Pour appliquer le marxisme aux luttes quotidiennes et aux processus actuels, il faut lire les classiques et étudier les événements historiques. Suivent ici dix textes classiques du marxisme que tout socialiste devrait lire afin de développer sa compréhension de la théorie marxiste.

1. Le manifeste du Parti communiste (Karl Marx et Friedrich Engels, 1848)

Ecrit dans un langage étonnamment clair (il avait été commandé par la première organisation internationale de la classe des travailleurs, la Ligue des Communistes), le Manifeste du parti communiste est le plus célèbre des textes socialistes. Il analyse la nature du capitalisme ainsi que sa portée internationale. Il explique pourquoi la classe ouvrière est le moteur du changement social. La dernière partie est un peu datée, en ce qu’elle analyse différentes organisations de cette époque. Quoi qu’il en soit, la première moitié reste la plus claire explication de la nature aussi bien progressive que réactionnaire du capitalisme, ainsi que des pistes pour mener à son renversement

2. Le Capital (Karl Marx, 1867)

Le Capital est l’explication du système économique dans lequel nous vivons aujourd’hui. Il défend que le travail non payé de la classe des travailleurs est la source de la plus-value et du profit. Il explique partiellement les forces motrices du capitalisme et ses contradictions internes. Commencez par une explication basique de l’économie marxiste avant de vous attaquer à ce classique.

3. Que Faire ? (Lénine, 1902)

La meilleure explication de l’importance d’un parti centralisé afin de s’assurer qu’un changement social advienne. Cela inclut le besoin d’organisateurs permanents et d’une presse. Il explique l’importance de l’implication d’un tel parti dans les luttes avec le but de promouvoir les idées du socialisme.

4. Réforme or Révolution (Rosa Luxemburg, 1900)

Encore aujourd’hui, une des plus claires explication de pourquoi seul un renversement du capitalisme peut mener à une paix permanente ainsi qu’à un progrès économique et une augmentation rapide du niveau de vie moyen.

5. Bilan et perspectives (Léon Trotsky, 1906)

Il s’agit du livre où Trotsky à pour la première fois ébauché un d’un thème centraux du marxisme contemporain, la théorie de la révolution permanente. L’idée qu’après s’être renforcés, les pays capitalistes avancés ont imposé leur système tel quel aux pays sous-développés. Ils ont exploité les matières première, utilisés une main d’œuvre bon marché et ont ouvert de nouveaux marchés. Ils ont transformé les couches dirigeantes fraîchement vaincues d’Afrique et d’Asie en une classe capitaliste faible et accommodante. La direction qui s’opposera au colonialisme et à l’impérialisme dans le dit « Tiers-monde » viendra d’une petite classe ouvrière urbaine prenant la tête des paysans et non de l’élite dirigeante locale.Une future révolution dans ces pays combinerait les tâches inachevées de la révolution bourgeoise comme les réformes agraires avec les tâches du socialisme. Le Comité pour une Internationale Ouvrière a réactualisé cette théorie dans la période d’après la seconde guerre mondiale.

6. L’Etat et la révolution (Lénine, 1917)

Lénine explique le rôle de l’Etat (forces armées, police, justice, etc.) sous le capitalisme et dans l’ensemble des sociétés de classe. En fin de compte, l’Etat est constitué e corps d’hommes en arme pour protéger la classe dominante. Aucune classe révolutionnaire ne peut utiliser la machine d’Etat d’une classe qu’elle souhaite renverser – ce qui ne signifie pas que nous ne devons pas essayer de diviser cette machine sur une base de classe lorsque c’est possible. Les idées que Lénine développe dans l’Etat et la révolution furent essentielles au succès de la révolution russe, la première où des travailleurs prirent le pouvoir et construisirent leurs propres institutions étatiques pour construire une société nouvelle

7. L’histoire de la révolution russe (Léon Trotsky, 1930)

Tout simplement la meilleure explication du plus important événement de l’histoire mondiale, écrite par l’un de ses principaux dirigeants. Cette anatomie d’une révolution contient des leçons générales pour toutes les révolutions. Bernard Shaw en parlait comme un des meilleurs textes en prose qu’il aie lu.

8. La révolution trahie (Leon Trotsky, 1936)

L’explication définitive de pourquoi la révolution russe a dégénéré –il ne s’agissait pas d’un fait inévitable ou naturel mais du résultat d’une suite de défaites et d’erreurs politiques que combattit l’Opposition de gauche à l’intérieur du parti bolchevique. Il est vital de comprendre ce processus afin de s’assurer qu’il ne se répète pas dans les révolutions futures.

9. Comment vaincre le fascisme ? (Léon Trotsky, années ’30)

Une série d’articles esquissant la stratégie du front unique. Trotsky croyait que les partis communistes et sociaux-démocrates devaient s’engager à empêcher les fascistes de prendre le pouvoir. En proposant de travailler ensemble sur des questions pratiques afin d’arrêter la montée du parti nazi, les communistes auraient pu gagner à eux une grande partie des militants du parti social-démocrate, en mettant en évidence la pourriture de leur direction au cours de la lutte. A la place de cela, suivant l’avis de Staline, le part communiste traita les sociaux démocrates comme les petits frères du fascisme (les ‘sociaux-fascistes’), permettant à Hitler de diviser la gauche et d’arriver au pouvoir

10. Le programme de transition (Leon Trotsky, 1938)

Ecrit à la veille de la seconde guerre mondiale, il s’agit d’une tentative de développer un programme et des perspectives politiques pour la classe des travailleurs. Il s’agit de prendre en compte le niveau de conscience des masses et d’essayer de l’amener à un niveau supérieur. L’approche transitoire est le point central ici, plus que le détail des revendications de 1938 qui peuvent ne plus être pertinentes aujourd’’hui.

La fonction d’un programme de transition est de construire un pont entre les différentes luttes et la nécessité d’une transformation socialiste de la société. « Ce pont doit consister en un système de revendications transitoires, partant des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvrière et conduisant invariablement à une seule et même conclusion : la conquête du pouvoir par le prolétariat. »