Barcelone: Plus de 600 personnes au meeting du CIO consacré à la révolution russe!

Le 19 juillet dernier, le Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO) et Izquierda Revolucionaria avaient organisé ensemble un meeting en défense de la révolution d’octobre 1917. Ce rassemblement international fut un succès massif. Plus de 600 travailleurs-euses, jeunes et militants de nos organisations et de l’ensemble de la gauche ont envahi la salle principale des Cocheras de Sants. L’atmosphère était électrique pour entendre cette défense d’Octobre et du marxisme internationaliste révolutionnaire.

Les camarades qui ont pu prendre la parole étaient, par ordre d’intervention : Ana Garcia, secrétaire générale du Sindicato de Estudiantes, Paul Murphy, député marxiste Irlandais, qui vient de remporter une victoire historique contre l’establishment qui a tout fait pour l’emprisonner lui et d’autres activistes pour avoir lutté avec succès contre l’implantation d’une taxe sur l’eau (JobstownNotGuilty); Juan Ignacio Ramos, secrétaire général d’Izquierda Revolucionaria; Peter Taaffe, fondateur du Militant et secrétaire général du Socialist Party (Section sœur du PSL en Angleterre et au pays de Galles) et enfin Kshama Sawant, élue marxiste au conseil de la ville de Seattle aux États-Unis, l’une des figure les plus importantes de la gauche américaine.

Il est difficile de décrire l’impact des intervenants qui, pendant 2 heures, ont couvert de nombreux sujets de la révolution d’Octobre à la lutte des classes aujourd’hui. Tous les orateurs ont insisté sur l’héritage extraordinaire du bolchevisme, les idées de Lénine et Trotsky et l’exemple de dizaines de milliers de combattants anonymes, de si importantes leçons pour ceux qui se battent actuellement pour un monde socialiste.

La bannière de la révolution d’Octobre est selon nous un guide pour l’action. Lorsque les travailleurs-euses et les jeunes de Russie ont pris le pouvoir, ont exproprié les capitalistes, ont donné les terres aux paysans, des droits aux femmes et défendu l’autodétermination des nations opprimées, ils ont montré dans leurs actes et non seulement en paroles qu’il est vraiment possible de changer la réalité et d’abattre le capitalisme.

La victoire d’Octobre a ébranlé le monde, a inspiré les travailleurs-euses et la jeunesse et a donné espoir à l’humanité. L’idée du socialisme avait quitté le domaine de la théorie pour devenir une tâche pratique. Cette révolution fut la plus démocratique, la plus participative et la plus généreuse de l’histoire.

Les orateurs ont également abordé l’effondrement de l’URSS et des régimes staliniens en Europe de l’Est qui ont cédé place à une vicieuse contre-révolution capitaliste. La bureaucratie, qui avait depuis longtemps abandonné l’internationalisme prolétarien pour la théorie anti-marxiste du « socialisme dans un seul pays », a détruit la démocratie ouvrière pour établir un état autoritaire. Cette bureaucratie avait écrasé et emprisonné les véritables Bolsheviks et trahi la révolution. Lors de la chute du mur de Berlin, elle s’est transformée en une nouvelle classe capitaliste.

À cette époque, la bourgeoisie internationale a crié victoire et les dirigeants des organisations traditionnelles de gauche – les anciens partis communistes, la social-démocratie, ainsi que les syndicats – se sont fortement orientés vers la droite et ont accepté le dogme du néolibéralisme. Mais au milieu de la tempête de la réaction et de l’abandon de la lutte, les marxistes ont résisté. Nous savions que le triomphe apparent du capitalisme serait temporaire et qu’une nouvelle crise dissiperait toutes les illusions.

Tous les orateurs ont souligné comment, depuis dix ans, le capitalisme mondial connaît sa pire récession depuis 1929. L’équilibre interne du système a été rompu. Un chômage de masse de se développe, de même que les inégalités, les guerres aux milliers de morts et de réfugiés, ou encore la catastrophe écologique qui se propage comme une peste.

La base matérielle de la société détermine la conscience, comme l’a dit Marx. La crise a accéléré tous les processus de la lutte des classes et a entraîné une reprise de la lutte sans précédent au cours des 40 dernières années. La conscience de millions de travailleurs-euses et surtout de jeunes a avancé, de même que la polarisation sociale. Le capitalisme a été jeté dans une période d’incertitude et de pessimisme.

Mais l’expérience de ces années a également montré que si nous voulons un vrai changement, la rhétorique et les discours ne suffisent pas. L’exemple de la Grèce est frappant. Jusqu’à un certains point, Syriza et Tsipras ont soutenu les travailleurs-euses. Mais il manquait à Tsipras une politique révolutionnaire. Il a accepté la logique du système capitaliste et a honteusement capitulé face à la Troïka et a poursuivi la politique d’austérité.

La lutte de classe, avec ses montées et ses chutes spectaculaires, et l’exemple de la manière dont on construit les forces du marxisme, montrent qu’il faut non seulement intervenir énergiquement dans le mouvement mais aussi défendre une politique socialiste conséquente. C’est ce qu’a expliqué Kshama Sawant, à propos du travail-euses des marxistes dans le conseil de Seattle. Kshama a été l’une des dirigeantes de la campagne pour les 15 dollars de l’heure comme salaire minimum qui a été acquis à Seattle. Elle est aussi l’une des figures proéminentes des grandes mobilisations contre les politiques réactionnaires de Trump. Elle a expliqué comment utiliser une position élue afin de relever le niveau d’organisation et de conscience. Il en va de même pour Paul Murphy dans la lutte contre la taxe sur l’eau qui a provoqué une réaction brutale de l’État. La façon dont la section irlandaise du Comité pour une Internationale Ouvrière a mené campagne contre la criminalisation de la protestation a réussi à vaincre ces attaques et à obtenir l’acquittement de tous les accusés dans le procès des activistes de Jobstown (en savoir plus). Ce grand triomphe illustre comment les méthodes bolcheviques peuvent faire face à la réaction avec succès.

Peter Taaffe a donné une excellente explication des idées principale du bolchévisme, soulignant l’importance de l’existence d’un parti révolutionnaire pour transformer complètement une situation. C’est la tâche centrale de notre époque : construire des partis révolutionnaires partout dans le monde, à travers une intervention patiente dans la lutte de classe et dans les nouveaux phénomènes politiques qui se développent suite à la crise du système et de la social-démocratie. La position du Socialist Party (CIO en Angleterre et au Pays de Galles) appelant à un gouvernement Corbyn sur base d’un programme socialiste contre les coupes d’austérité est un chemin concret pour avancer en dialoguant avec les aspirations de millions de travailleurs-euses et de jeunes qui veulent faire tomber les Tories et transformer la société.

Ana Garcia a mis l’accent sur le rôle clé de la jeunesse dans tous les événements qui ont pris place en Espagne dernièrement. Les enfants de la crise comprennent très bien que ce système n’a rien à leur offrir. Ils ont été la colonne vertébrale de la rébellion sociale qui a mis à mal le PP. Le syndicat des étudiants a joué un rôle dirigeant dans cette bataille, défendant un programme révolutionnaire et anti-capitaliste, se basant sur la puissance de la jeunesse.

Ana a expliqué comment 25 grèves générales ont été organisées dans les écoles et universités qui ont vidé les classe et rempli les rues contre ce gouvernement héritier du franquisme. Des millions de jeunes veulent un changement profond et radical, mais ce changement ne peut être atteint en respectant la logique du capitalisme. C’est impossible. Nous voulons une éducation gratuite publique, mais nous voulons aussi de la santé, du travail et un logement décent. Nous voulons mettre fin à toute l’oppression de classe, de genre et nationale et construire un autre monde. Et nous savons que cela n’est possible qu’avec une lutte pour le socialisme. C’est pourquoi le Sindicato de Estudiantes défend les idées du marxisme et du bolchevisme.
La défense du droit à l’autodétermination en Catalogne a été présente tout au long du meeting, à partir des mots d’ouverture de Borja Latorre et surtout dans l’intervention de Juan Ignacio Ramos. Pour Izquierda Revolucionaria, le peuple catalan a le droit de décider, et cela ne devrait pas être conditionné par une acceptation par l’État. Ce droit doit être gagné par la mobilisation et la lutte des masses.

Nous ne pouvons pas nous subordonner à la bourgeoisie catalane, aux nationalistes de droite comme PDeCat, champions de l’austérité et de la répression. Nous nous battons pour une Catalogne socialiste, une République socialiste, pour unir les forces des travailleurs-euses et des jeunes de Catalogne avec celles du reste de l’État espagnol, pour gagner une véritable démocratie qui ne peut être que le socialiste. Une étape clé est la chute des gouvernements réactionnaires de Rajoy à Madrid, mais aussi de Puigdemont en Catalogne, nous ne pouvons accomplir cela que par la lutte de masse en cassant avec la paix sociale défendue par les dirigeants syndicaux.

Ce grand rassemblement a commémoré le centenaire de la Révolution russe, mais c’était aussi l’anniversaire d’une autre grande révolution: trois ans de lutte armée contre le fascisme dans les tranchées de rue et les usines de Catalogne, du Pays Basque et de toutes les parties de l’État espagnol.

Cette lutte héroïque reste une source d’inspiration pour poursuivre leur lutte afin de rendre hommage aux centaines de milliers assassinés par la dictature, qui n’ont reçu aucune reconnaissance.

Le rassemblement s’est terminé en soulignant l’idée qui a traversé tous les discours. Aujourd’hui, toutes les conditions matérielles objectives existent pour le socialisme. Ce ne sont pas des conditions objectives qui entraînent des opportunités perdues, mais le manque de direction révolutionnaire.

C’est notre tâche: contribuer à la construction de ce facteur subjectif sans sectarisme, en tendant la main à tous ceux qui souhaitent changer la société.

Le meeting s’est terminé après 21 heures, avec l’Internationale chantée avec émotion en plusieurs langues par plus de 600 personnes, mettant fin à un événement profondément rouge et internationaliste.

 

Izquierda Revolucionaria

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