Pour quelle raison l’Ontario a-t-il adopté le salaire minimum à 15 $ de l’heure?

Entrevue avec Tim Heffernan, militant de la campagne Fight for $15 and Fairness (Lutter pour 15 $ + Justice), à Toronto.

Depuis combien de temps dure la campagne pour l’adoption du salaire minimum à 15 $ de l’heure en Ontario?

Lorsque la campagne a débuté en 2014, la demande s’élevait en fait à 14 $ de l’heure, salaire le plus élevé que les organisateurs pensaient pouvoir obtenir de façon réaliste. Puis, probablement à la suite des succès remportés dans le cadre de la lutte pour le 15 $ de l’heure aux États-Unis, la demande a été remplacée par « 15$ et justice ». Le terme justice a été ajouté en vue d’inclure des demandes liées, entre autres, au paiement des jours de congé de maladie, aux vacances, aux taux de salaire identiques pour les travailleurs temporaires et les travailleurs à temps plein, au droit de se syndiquer.

Comment expliquez-vous la décision du gouvernement de l’Ontario d’augmenter le salaire minimum à 15 $ de l’heure?

Ne nous leurrons pas au sujet de la politique derrière tout ça! L’annonce n’a pas été faite uniquement parce que les libéraux se sont rendus à la raison et ont décidé de faire ce qui était juste. Ce ne serait pas arrivé sans la pression du combat pour fixer le salaire minimum à 15 $, pression qui est partie de la base aux États-Unis tout d’abord puis en Ontario et dans d’autres régions du Canada par la suite. De plus cette augmentation est dictée par de purs motifs politiques de la part de la première ministre Kathleen Wynne dont le gouvernement accuse un sérieux retard dans les sondages. Cette annonce sera bien accueillie par la population en général et elle peut aussi avoir comme effet de couper l’herbe sous le pied du NPD qui, pendant quelque temps, a eu cette revendication inscrite dans sa plateforme.

Quels rôles ont joués les syndicats dans cette campagne?

Les syndicats n’ont pas joué un grand rôle durant cette lutte qui s’est toutefois intensifiée au fil du temps. Le Workers’ Action Centre de Toronto qui est en partie financé par le conseil du travail municipal et des syndicats individuels a fourni le gros de l’effort.

UNITE-HERE – local 75, un syndicat qui organise les travailleurs des services alimentaires a joué un rôle positif dans la campagne. Plus tôt au cours de l’année, UNITE-HERE et des militants de 15 $ et justice ont organisé deux grèves des travailleurs des services alimentaires à l’Université York et à l’Université de Toronto. Leur principale demande portait sur l’obtention du 15 $ de l’heure et dans les deux cas, ils ont obtenu gain de cause.

Bruno G.

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