100 ans après la révolution russe, la lutte pour une autre société est plus pertinente que jamais

Il y a tout juste un siècle, un gouvernement ouvrier et paysan est arrivé au pouvoir sous la direction des bolcheviques et a mis fin à la domination capitaliste en Russie. Jusqu’à aujourd’hui, cela reste l’effort le plus conscient de construire une alternative socialiste.

Ce centenaire prendra place dans un contexte particulier, celui d’un système de société confronté à une crise mortelle partout à travers le monde. Le capitalisme est ébranlé jusqu’à ses fondations sur le plan politique, social et économique. Il se révèle également impuissant de faire face aux crises écologiques. Après une centaine d’années, nous sommes forcés de conclure que le capitalisme ne parvient toujours pas à répondre aux problèmes qu’il engendre. Ce système se fissure de toutes parts.

Si les élections présidentielles aux États-Unis ont bien illustré une chose, c’est l’aversion profonde et croissante que suscite l’establishment auprès de larges couches de la population désormais à la recherche d’une alternative. À l’époque des primaires démocrates, Bernie Sanders a réalisé ce qui a très longtemps été considéré comme impossible aux États-Unis. Il a défendu un programme de gauche, il s’est ouvertement réclamé du socialisme, il a construit une vaste campagne qui a même fait trembler le Parti démocrate. La victoire de Donald Trump doit nous servir d’avertissement. La droite aussi est capable de saisir l’espace ouvert par la radicalisation des masses et leur rejet de l’establishment.

De telles circonstances renforcent grandement l’inspiration que peut susciter l’exemple de la révolution russe. Tout sera utilisé pour dépeindre cette expérience révolutionnaire de la manière la plus sombre qui soit. Il suffit de voir comment l’on fait aujourd’hui reporter la faute du chaos contre-révolutionnaire en Lybie et en Syrie sur les processus révolutionnaires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. N’en doutons pas, la révolution russe sera automatiquement associée aux violences de la guerre civile et aux crimes du stalinisme. Rien ne sera épargné pour tenter d’assurer que la plus grandiose expérience de l’histoire du mouvement ouvrier soit perdue. Notre approche sera à contre-courant. Nous défendrons les leçons à tirer de cette monumentale expérience à l’aide de divers articles, livres et brochures.

Les bolcheviques n’entretenaient aucune illusion dans la possibilité de construire le socialisme dans la Russie arriérée de 1917. Pour eux, la Révolution russe n’était que l’élément déclencheur d’une révolution mondiale qui devait mettre fin au capitalisme partout à travers le monde.

Cette possibilité d’une révolution mondiale était tout sauf une fiction. Une vague révolutionnaire a déferlé sur l’Europe, c’est d’ailleurs la révolution allemande qui mit un terme à la Première Guerre mondiale en 1918. Mais, faute de direction révolutionnaire similaire au parti bolchevique, la révolution n’a pas été en mesure de briser l’emprise des capitalistes sur la société. La Russie soviétique est donc restée isolée.

Cet isolement aura un impact majeur sur le cours ultérieur des événements. Le niveau de sous-développement du pays et les destructions causées par la guerre et ensuite par la guerre civile donneront lieu à d’énormes difficultés ainsi qu’à un désir croissant de stabilité au sein de la population. Ce terrain se révélera fertile pour l’émergence d’une bureaucratie impitoyable. Cette bureaucratie, dirigée par Staline, a mené une opération de contre-révolution qui a balayé nombre de conquêtes arrachées par la Révolution russe. Ce qui restait de la démocratie ouvrière a été aboli, les marxistes ont été persécutés et l’économie planifiée a été dirigée de manière autoritaire et bureaucratique.

En dépit de cela, la Révolution russe reste une expérience importante. Elle a démontré qu’une alternative au capitalisme est possible. Mais cela souligne aussi la nécessité d’une organisation révolutionnaire capable d’assurer la direction de la lutte pour l’orienter vers la victoire. 100 ans plus tard, le besoin vital d’un tel parti ne s’est pas démenti. AS tente, sur base de l’expérience et des leçons du passé, de construire une telle organisation.

Mathias

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