Marine Le Pen est reçue avec froideur au Québec

Les Québécois ont été pris par surprise le 18 mars dernier lorsque Marine Le Pen, chef du parti français d’extrême droite le Front national, a fait un arrêt à Québec pour une visite à laquelle elle n’était pas conviée.

Imperturbable malgré la froideur à son égard de l’ensemble des partis politiques au Québec, Marine Le Pen s’est servie du prétexte de la Semaine de la francophonie pour faire la morale au québécois sur l’échec du maintien de la langue française – et déverser son message de haine lors d’une conférence de presse à l’hôtel Marriott de Québec.

Elle a été accueillie par un petit groupe de manifestants. Les pancartes des manifestants étaient sans équivoque. On pouvait y lire « Québec emmerde le Front national » et « Pas de fachos dans nos villes ».

L’isolement politique de Marine Le Pen ne l’a pas empêché de se prononcer, sans qu’on lui ait demandé son avis, sur les maux dont souffriraient le Canada et le Québec, notamment en qualifiant de «folie» et de «grossière erreur» la décision de l’administration de Trudeau d’accueillir 25 000 réfugiés syriens au Canada et de leur donner éventuellement la citoyenneté. « C’est 25 000 aujourd’hui. Et combien demain ? C’est ça, la vraie question. Combien êtes-vous prêts à en accepter ? Et à quel prix ? », a-t-elle demandé.

Lorsqu’on lui a rappelé le nombre record d’immigrants français acceptés au Québec, elle a toutefois répondu « Ah bien tant mieux! », admettant par la même ouvertement que son opposition à l’immigration est uniquement dicté par des motifs d’ordre raciste.

En dépit du rejet du PQ, marine Le Pen a exprimé le souhait naïf de conclure une alliance politique avec le dirigeant du PQ, milliardaire et magnat de la presse, Pierre Karl Péladeau, qui selon elle est « assez charismatique » et « fait du bon boulot».

Marine Le Pen n’est pas la seule politicienne française de droite à faire la cour au mouvement indépendantiste québécois. En 1967, le président français Charles de Gaulle a causé un contentieux diplomatique lorsqu’il a prononcé devant un public québécois la célèbre phrase « »Vive le Québec libre!», au moment de la sortie du film de Gillo Pontecorvo « la Bataille d’Alger » qui révélait au monde entier la barbarie sanglante de l’occupation française en Algérie, barbarie dont de Gaulle avait été un des principaux artisans.

Le Pen va toutefois plus loin en affirmant que la France a autant besoin de son indépendance que le Québec : « Le combat que nous menons contre l’Union européenne pour retrouver notre souveraineté française s’assimile à celui que [le Québec] mène contre Ottawa pour retrouver [la sienne]. » Elle préfère ainsi ignorer que le Québec a été annexé de force au Canada, à la suite de la conquête militaire de 1759, tandis que la France a choisi de son plein gré de devenir membre de l’Union européenne.

« L’idylle entre l’extrême droite française et la cause souverainiste semblait toutefois promise à un divorce rapide », a commenté le quotidien montréalais Métro. Pour les tenants de la gauche de part et d’autre de l’Atlantique, il s’agit d’une bonne nouvelle.

Michele Hehn

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