Harper, Couillard, dehors! Construisons la voix du 99%!

Qu’ont en commun le gouvernement libéral de Philippe Couillard et celui des conservateurs de Stephen Harper? Ils sont tous les deux les porte-paroles des banques et des grandes compagnies. Pour ces « décideurs », des services publics de qualité et des conditions de travail décentes signifient moins d’argent dans leurs poches. Raison pourquoi leurs porte-paroles politiques coupent partout, haussent les tarifs et privatisent tout ce qu’ils peuvent.

Si vous avez ce journal entre les mains, c’est sans doute parce que, comme nous, vous voulez de meilleures conditions de vie et de travail ainsi que vivre dans un environnement sain. Or, rien de cela ne sera possible si les partis des élites du 1% demeurent en place. Les salarié-es devront les combattre partout où c’est possible, dans leur milieu de travail, dans la rue et dans les urnes.

Le piège du vote stratégique

À chaque élection, les directions syndicales et la majeure partie des forces progressistes tombent dans le même panneau, celui du vote stratégique. Dans le cadre des élections fédérales, le mouvement syndical a lancé une vaste campagne d’information contre le Parti conservateur. Malheureusement, elle ne vous conseille que de voter pour le ou la candidate « la moins pire » afin d’éviter que ceux et celles du parti conservateur ne soient élu-es.

La belle affaire de voter pour un parti fédéraliste lorsque l’on veut l’indépendance du Québec! La belle affaire de voter pour un parti soi-disant souverainiste qui ne pense qu’à défendre les privilèges des grands patrons francophones comme Pierre-Karl Péladeau! La belle affaire de voter pour un parti soi-disant pour la « classe moyenne » qui promet du même souffle d’atteindre l’équilibre budgétaire! À votre avis, sur le dos de qui cet « équilibre » sera-t-il atteint? Et si un chemin politique plus constructif pouvait être emprunté?

Le NPD, un espoir qui sera déçu

Selon les sondages, le NPD a des chances de former le prochain gouvernement du Canada. Il s’agit de la « moins pire des options » dans le contexte actuel. Or, le vote forcé pour le NPD n’est pas une solution ni à moyen ni à long terme pour améliorer nos conditions de vie. Souvenez-vous de la fierté de Thomas Mulcair d’avoir déclaré publiquement avoir voté pour les libéraux de Philippe Couillard. D’ailleurs, les positions du NPD sur Israël ou l’industrie pétrolière sont toutes aussi odieuses que la démocratie interne du parti.

L’avantage avec le NPD, c’est qu’il promet des réformes intéressantes et un certain ralentissement du rythme des coupures. En conséquence, il sera plus facile pour les mouvements sociaux et syndicaux de faire pression sur le NPD pour qu’il tienne ses promesses.

Si le NPD est élu, il devra affronter une pression énorme de la part des grandes compagnies et des banques afin qu’il ne change pas trop la direction prise par les conservateurs. L’exemple du parti grec SYRIZA est là pour nous le rappeler. Bien plus radical que le NPD, la direction de SYRIZA a néanmoins capitulé devant les institutions financières mondiales et européennes en signant un nouvel accord d’austérité.

Vous savez comment cela se passe ici : le parti au pouvoir découvre que celui l’ayant précédé n’a pas donné les bons chiffres. En conséquence, le nouveau gouvernement est « obligé » de faire des coupures, des hausses, etc.

Le NPD représente la « moins pire des options » précisément parce qu’il n’existe pas d’autre option politique pour le 99% de la population.

Un gouvernement pour le monde ordinaire

Le vote stratégique est un bon moyen d’éviter les chicanes internes. Toutefois, cette approche s’est révélée incapable de ralentir la casse sociale des dernières décennies. Elle ne constitue pas une stratégie viable pour défendre les intérêts des salarié-es. Ce qu’il nous faut, c’est un gouvernement au service des gens ordinaires. Le seul moyen d’y parvenir, c’est que la majorité de la population, le 99%, prenne le pouvoir! Ce qu’il manque, c’est une organisation capable de le faire.

Le rôle des syndicats dans l’action politique

Seul le monde syndical est apte à initier ce type de mouvement. Il s’agit de l’unique organisation de masse que possèdent et que peuvent contrôler les travailleurs et les travailleuses. Des exemples inspirants existent ailleurs : l’Anti-Austerity Alliance en Irlande, la Trade Unionist and Socialist Coalition en Angleterre.

Il est primordial que le monde du travail s’allie avec les autres mouvements sociaux (écologistes, autochtones, etc.) afin de créer un mouvement de masse démocratique avec une réelle audience dans les communautés.

Imaginer, comme en 2012, une mobilisation populaire sans précédent contre l’austérité force le gouvernement à aller en élection, que proposerons-nous politiquement pour vaincre ceux et celles qui font l’austérité? Cette question se reposera à toutes les élections municipales, provinciales et fédérales. Pensons-y dès maintenant pour ne pas être pris les culottes à terre encore une fois!

N’ayons pas peur de faire de la politique! Aux prochaines élections, soyons prêt-es!
Que le monde du travail et le mouvement populaire présentent leurs propres candidatures anti-austérité!
Que le mouvement syndical remette à l’ordre du jour la construction d’une voix politique pour le 99%!
Défendons les besoins réels des communautés à travers des revendications concrètes comme le salaire minimum à 15$/h et des logements abordables!

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