29 ans après Polytechnique, luttons contre les violences faites aux femmes!

Le 6 décembre 1989, un homme est entré à Polytechnique. Dans une salle de classe, il a séparé les femmes des hommes, a dit qu’il était là pour combattre le féminisme. Malgré le courage de Nathalie Provost qui tente de discuter avec lui, il ouvre le feu, tuant six femmes et en blessant trois. Il sort de la classe et continue à semer la terreur. Une vingtaine de minutes d’enfer, qui se soldera par la mort de 14 femmes et 14 autres personnes, dont 10 femmes, seront blessées. Sans oublier le traumatisme causé aux familles des victimes, aux survivant·e·s et à la population québécoise en général.

Au fil des années, on a tenté d’expliquer le geste de Marc Lépine. On a dit, entre autres, qu’il ne s’agissait que d’un acte de folie. Mais, c’est minimiser l’acte que d’évacuer le féminicide d’un geste qui était clairement dirigé vers les femmes. La lettre qu’a laissée Lépine en témoigne.

Des violences toujours présentes
Vingt-neuf ans plus tard, nous avons encore du mal à nommer la violence faite aux femmes en la cachant sous des termes plus politiquement corrects comme « drame familial » ou « crime passionnel ». On nie la violence faite aux femmes quand on fait semblant d’ignorer que nos sœurs autochtones sont plus à risque de subir des violences, de disparaître ou d’être assassinées. On nie la situation des femmes quand ont sait que l’itinérance des femmes est particulièrement taboue et que les maisons d’hébergements pour femmes sont moins subventionnées que celles pour hommes. On refuse aux femmes le droit de se vêtir comme elles le veulent quand on tente de contrôler ce qu’elles peuvent porter ou non dans l’espace public. Et on ose les menacer de perdre leurs emplois si elles refusent de s’y conformer. Et j’en passe.

Le système est basé sur les inégalités
En taisant les violences économiques et politiques que subissent les femmes, on détourne le regard de leur cause profonde : le système actuel. Notre société capitaliste est basée sur les inégalités, qu’elles concernent le sexe, la couleur de la peau ou la religion. Ce système nous divise pour nous en donner toujours moins. Au bout du compte, il ne profite qu’aux élites.

Les politiques d’austérité, les salaires insuffisants et le manque de services sociaux sont des réalités qui diminuent l’indépendance financière des femmes qui souffrent de violences. En luttant contre les inégalités économiques, nous luttons pour l’amélioration des conditions de vie des femmes. En luttant pour des emplois stables, un salaire décent tout au long de la vie ou pour une éducation gratuite, accessible et de qualité, nous aidons à construire une société où tout le monde peut développer ses capacités.

Le capitalisme en crise est de moins en moins capable d’offrir à la majorité de la population des perspectives d’avenir positif. Des tueurs de masse comme Marc Lépine à Montréal ou plus récemment Alek Minassian à Toronto en sont venus à prendre les femmes comme boucs émissaires des problèmes que la société leur a fait subir.

C’est pour ces raisons que nous luttons pour une société socialiste : pour l’élimination des violences économiques que subissent les femmes, les travailleurs·euses et la jeunesse! Et notre solidarité sera notre outil pour y arriver!

Aujourd’hui, pour ne jamais oublier les victimes de Polytechnique ainsi que toutes les femmes qui ont subi et qui subissent des violences, prenons un instant pour nous souvenir de :
Geneviève Bergeron
Hélène Colgan
Nathalie Croteau
Barbara Daigneault
Anne-Marie Edward
Maud Haviernick
Barbara Klucznik-Widajewicz
Maryse Laganière
Maryse Leclair
Anne-Marie Lemay
Sonia Pelletier
Michèle Richard
Annie St-Arneault
Annie Turcotte

Alexandra L.

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