Du PLQ et du PQ vers la CAQ

Ces transfuges politiques qui défendent le 1 %

Dans un article du Devoir publié le 3 novembre dernier, les auteurs ont cherché à démontrer que la notion de fidélité n’est plus importante chez les politicien·ne·s d’aujourd’hui. Il est peut-être vrai que les politicien·ne·s changent d’allégeance comme ils et elles changent de chemises, mais changent-ils aussi les idées et les valeurs qu’ils défendent?

Les élections du 1er octobre 2018 nous ont permis de démontrer la véritable nature des politicien·ne·s de droite. Le Parti Québécois (PQ) et le Parti libéral (PLQ) ont connu tous les deux leurs pires résultats électoraux de leur histoire. Comme des rats qui quittent le navire, plusieurs politicien·ne·s de ces formations ont quitté leur formation politique d’origine pour rejoindre les rangs de la Coalition avenir Québec (CAQ) afin de former le nouveau gouvernement.

Des partis qui défendent les intérêts de l’entreprise privée

Les partis qui se sont alternés le pouvoir au cours des dernières décennies ont appliqué des politiques antisociales : coupe dans les services publics, loi spéciale contre des grévistes, cadeaux fiscaux pour les entreprises privées, etc. Autant chez le PQ que le PLQ, des politicien·ne·s ont été accusé·e·s ou soupçonné·e·s de corruption et de distribuer des pots-de-vin, entretenus par des personnalités provenant du milieu des affaires. Les politicien·ne·s provenant de ces deux formations ont appliqué des politiques néolibérales tout en entretenant des liens avec une classe affairiste qui utilisent ces partis comme véhicule politique.

Dans un article publié par TVA Nouvelles, 37 % des candidat·e·s des dernières élections de la CAQ ont étudié en gestion ou en administration. Ce type de fonctions appartient à la même classe sociale que les professions de types libérales des anciens ministres du PLQ: économiste (Martin Coiteux), banquier (Carlos Leitão), médecin (Gaétan Barrette, Bolduc, Philippe Couillard). On compte aussi parmi le conseil des ministres de François Legault deux banquiers : Éric Girard (Trésorier à la Banque Nationale) et Pierre Fitzgibbon. Pour sa part, le PQ a clairement montré son adhésion au monde des affaires lorsqu’il s’est élu Pierre-Karl Péladeau, PDG de Québecor, comme chef du parti. Donc, ils proviennent tous d’une même école de pensée et prêchent tous le même discours.

Des politicien·ne·s qui changent de parti, mais défendent toujours les riches

Comme l’indique les journalistes du Devoir Isabelle Porter et Marco Bélair-Cirino, beaucoup de politicien·ne·s ont joint la CAQ : « L’équipe de François Legault a recruté, au fil des dernières semaines, d’ancien·ne·s péquistes, mais également d’ex-libéraux, conservateurs, bloquistes et néo-démocrates pour pourvoir plus de 300 postes dans des cabinets ministériels et des bureaux de circonscription. » Les auteur·e·s se questionnent à savoir si la fidélité existe encore au sein de la classe politique.

La notion de famille politique est réelle au sein des classes privilégiées, mais il ne s’agit pas de transfuges. Ils et elles défendent grossièrement les mêmes idées. Ils et elles cherchent tou·te· s à valoriser l’économie de marché au détriment de ceux qui travaillent. Pour assurer que les riches se fassent toujours plus de profit, ils et elles sont prêt·e·s à appliquer des politiques contre le bien commun. Par exemple, chacun dans leur mandat respectif, soit le PQ et le PLQ ont haussé les tarifs des centres de la petite enfance (CPE).

Pourquoi? Parce qu’ils veulent minimiser les impôts aux plus fortuné·e·s et refiler la facture de la gestion des CPE à ceux et celles qui se donnent corps et âme au travail. En réalité, ils et elles ne changent pas d’idée, leurs valeurs et leur morale restent les mêmes. Ils et elles ne se cherchent qu’une nouvelle job! Et avec la CAQ, ils vont appliquer les mêmes idées. D’ailleurs, ce n’est pas la CAQ en 2014 qui pleurnichait que les autres partis lui volaient ses idées?

Cela démontre que les partis politiques représentent des groupes sociaux bien distincts. Analysez la composante de ces partis et vous saurez qui ils représentent et qui ils défendent. Pour faire face à la bataille entre les classes sociales, les travailleuses et les travailleurs, les laissés pour compte du parlementarisme, doivent construire un parti politique qui défendra leurs propres intérêts.

Les travailleurs et les travailleuses peuvent poser les bases d’une telle alternative politique en utilisant les ressources de Québec solidaire dans leurs luttes de tous les jours. Pour que QS devienne un vrai parti de la classe laborieuse, son action et son programme doivent clairement rompre avec le système capitaliste du PQ/PLQ/CAQ et de leurs transfuges. C’est aux travailleurs et aux travailleuses de façonner ce parti selon leurs intérêts pour en faire leur véhicule politique.

Si un banquier ressent le besoin de s’impliquer en politique, pourquoi l’éducatrice en petite enfance devrait-elle s’en empêcher?

Rémi A.

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