Campagne : Halte à la répression à Hong Kong

Au cours des derniers mois, les camarades de Socialist Action ont lancé la campagne Stop Repression in Hong Kong (Halte à la répression à Hong Kong) pour protester contre l’aggravation de la répression à Hong Kong et en Chine.

Cette campagne mondiale vise a sensibiliser ceux et celles qui sont spécifiquement ciblé·e·s par cette répression. On parle ici des militant·e·s du mouvement ouvrier, des mouvements étudiants et sociaux ainsi que ceux et celles qui luttent contre l’oppression et le gouvernement antidémocratique de leur pays respectif.

Comme première étape de la campagne, une pétition en ligne a été lancée. Parmi les signataires figurent Noam Chomsky, plusieurs parlementaires européens, des leaders étudiants ainsi que des syndicalistes de premier plan dans des pays tels que le Brésil et l’Afrique du Sud.

La campagne, soutenue par plusieurs groupes et individus prodémocratie à Hong Kong, prévoit une augmentation des moyens de pression sur la Chine et le gouvernement local de Hong Kong. Des piquets aux ambassades, des actions de protestation internationale ainsi que des activités pour atteindre les étudiant·e·s chinois·es à l’étranger sont prévus.

Hypocrisie

La Chine passe officiellement de la règle du parti unique à la règle de l’homme unique, avec la suppression récente des limites de mandat ouvrant la voie à Xi Jinping pour rester au pouvoir indéfiniment. Cela a été salué par le président américain Donald Trump qui a plaisanté en disant : « Peut-être que nous allons l’essayer. »

Les politiciens de droite comme Trump sont souvent les meilleurs amis du régime autocratique chinois. Les élites dirigeantes utilisent partout des tensions internationales croissantes pour justifier des politiques plus répressives et antidémocratiques chez elles. Ainsi, en protestant contre les attaques faites à l’égard des droits démocratiques à Hong Kong et en Chine, nous exposons également le deux poids deux mesures des gouvernements occidentaux.

Un état policier gigantesque

La prise du pouvoir de Xi fait partie d’un plus grand dessein. Selon Amnesty International, il a présidé la plus sévère répression depuis des décennies – la pire depuis la répression de Tiananmen – et la construction d’un état policier sans précédent pour espionner la population et étouffer les voix dissidentes. Xi ne se contente pas de renforcer les structures autoritaires en Chine – que beaucoup de Chinois comparent aux tentatives passées pour restaurer la monarchie impériale – mais promeut ouvertement la Chine comme un modèle pour les gouvernements capitalistes autoritaires du monde entier.

Nouvelle vague de répression

Il y a deux décennies, un mouvement démocratique de masse a mobilisé des centaines de milliers de personnes à Hong Kong avant la fin de la domination britannique. Ce mouvement a abouti à la Révolution des parapluies de 2014, dirigé par des jeunes, et fait maintenant face à une série d’attaques sans précédent. Les droits démocratiques limités que le peuple de Hong Kong a réussi a gagner en descendant encore et encore dans la rue et en défiant la dictature sont désormais en péril.

  • Six députés de l’opposition élus ont été expulsés du « parlement » semi-élu en 2017, accusés d’avoir violé leurs serments.
  • Au moins une douzaine de candidats ont été interdits de se présenter aux élections – il n’y a pas de base légale pour ce profilage politique. En général, ceux qui sont bloqués sont des candidats plus radicaux ayant un lien avec la Révolution des parapluies.
  • Plus de 40 procès sont en cours contre des dizaines de militant·e·s pour la démocratie et des personnalités issues des manifestations de 2014. Certains pourraient faire face à des peines de prison allant jusqu’à 21 ans.
  • De nouvelles lois sont introduites comme une loi contre le non-respect de l’hymne national (jusqu’à trois ans de prison) et une nouvelle tentative d’application de l’article 23, une loi de sécurité nationale de grande portée qui limiterait massivement la liberté d’expression au régime chinois.

Le but du régime chinois est de réprimer le mouvement démocratique à Hong Kong, qu’il considère comme une force « déstabilisatrice » de la politique chinoise. Alors qu’auparavant, un Hong Kong plus démocratique avait de la valeur pour le régime chinois – comme manifestation d’un développement démocratique symbolique dans le reste du monde – ce n’est plus le cas, car il préfère afficher un régime autoritaire ferme et inflexible.

Pour signer la pétition: https://form.jotform.me/72674408985471

Information : https://stophkrepression.net/

Déclaration de la campagne Stop Repression in Hong Kong
Traduction : Carlo Mosti