8 mars 2018 : toutes unies dans la lutte

La journée internationale de lutte pour les droits des femmes semble être passée presque inaperçue dans les médias bourgeois québécois – certains appelant même à une abolition de la journée1!. Pourtant, bon nombre d’actions, organisées ou non par le Collectif 8 mars ont eu lieu à Montréal mettant de l’avant des revendications très claires contre la pauvreté des femmes, les violences envers les femmes, le racisme et la discrimination ainsi qu’un réinvestissement dans les services publics et les programmes sociaux (voir notes à la fin).

Ces différentes actions, culminant vers la manifestation principale, organisée par Femmes de diverses origines2, auraient dû attirer l’attention.

Ailleurs dans le monde, il y a eu des manifestations massives: suite à l’appel de la section Espagnole du CWI/CIO3, des millions de personnes sont descendues dans les rues pour participer à une grève féministe sans précédent.

En Belgique, des manifestations organisées par les militant·e·s de la campagne Rosa4 ont eu lieu dans de nombreuses villes. En Argentine, au Brésil et dans toute l’Amérique du Sud, les femmes sont descendues en masse dans les rues pour revendiquer leurs droits. Toutes ces manifestations nous démontrent bien que peu importe l’endroit, les luttes féministes sont liées aux mêmes enjeux: la fin des discriminations causées par le capitalisme.

Les revendications mises de l’avant par le collectif 8 mars sont ancrées dans la situation actuelle des femmes d’ici et d’ailleurs: des salaires de misère, des coupes dans les services publics et des violences sexuelles – en témoigne le mouvement #meToo (#moiAussi) qui a fait le tour du monde. En effet, les mesures d’austérité mises en place par les gouvernements néolibéraux ici et ailleurs attaquent les femmes et autres groupes marginalisés tout en créant une plus grande scission entre ces groupes opprimés.

En divisant les travailleurs et travailleuses, en passant sous silence les revendications mises de l’avant lors de la journée de lutte pour les droits des femmes, les médias jouent le rôle des bourgeois. Le féminisme capitaliste mis de l’avant par les médias et les “élites” ne tient pas compte des conditions matérielles des travailleuses et ignore complètement l’exploitation et l’aliénation engendrée par le capitalisme sur la classe ouvrière. Bien entendu, il ne faut pas nier que même les femmes provenant de milieux privilégiés peuvent aussi subir des discriminations sexistes – mais c’est seulement par une lutte pour le socialisme que nous arriverons à démolir ce système d’oppression. Ceci nous démontre qu’il faut continuer à militer, qu’il faut continuer à revendiquer si nous voulons faire avancer les choses. Il est essentiel d’unir les travailleuses et travailleurs et d’unir les différentes luttes que nous menons. Lorsque les différents groupes de pressions, groupes communautaires et organisations militantes n’appuient pas les revendications des autres groupes et jouent plutôt sur la culpabilisation des individus, c’est le 1% qui en profite!

Nos luttes féministes doivent s’ancrer dans une lutte pour le bien commun. En effet, toutes et tous bénéficieront d’une augmentation du salaire minimum à 15$ ou de meilleurs services publics.

C’est pourquoi Alternative Socialiste, section québécoise du CWI/CIO revendique entre autres5:

  • une augmentation du salaire minimum à 15$ pour permettre une vie décente;
  • la semaine de travail de 32 heures sans perte de salaire;
  • l’égalité complète, peu importe le genre, l’âge, la classe, un handicap, la race, la langue, la religion ou l’orientation sexuelle. À travail égal, salaire égal;
  • des garderies publiques et gratuites;
  • la fin des violences et des discriminations dans les institutions scolaires, les milieux de travail ainsi que celles dirigées vers les personnes âgées, LGBTQIA+ et séropositives.

À lire aussi: la déclaration du CWI/CIO à l’occasion du 8 mars 2018: le capitalisme oppresse les femmes – luttons pour une société socialiste6.

Chantal I.

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Notes:

Les 8 revendications pour le 8 mars 2018 du Collectif 8 mars

Pauvreté et autonomie économique des femmes
Hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure le plus rapidement possible
Une loi-cadre en matière de conciliation famille-travail-études dans une perspective d’égalité
Violence envers les femmes
Élimination des violences envers les femmes, y compris dans les milieux de travail
Un système de justice adéquat pour les survivantes d’agression sexuelle
Racisme et discriminations
Pour l’accès des personnes sans statut aux droits reliés au travail et aux systèmes de santé, d’éducation et de justice
Pour une plus grande justice envers les femmes autochtones
Services publics, programmes sociaux et rôle de l’état
Un réinvestissement massif dans les services publics, la fonction publique et les programmes sociaux
Un financement adéquat et récurrent des groupes de femmes et de défense de droits

1 Abolissons le 8 mars, Lise Ravary, Journal de Montréal, 9 mars 2018
2 En 2018 pour la 17e année à Montréal, MB, Femmes de diverses origines / Women of Diverse Origins (https://wdofdo.wordpress.com/), 12 mars 2018
3 Spain: Millions on the streets against sexism and capitalist oppression, Izquierda Revolucionaria, socialistworld.net, 9 mars 2018
4 Belgium: Dynamic campaign for socialist feminism, Emily Burn (PSL), socialistworld.net, 8 mars 2018