Front commun en santé : Protégeons nos services publics!

Les conventions collectives des travailleurs-euses du système public, dont une grande partie proviennent du secteur de la santé, sont échues depuis la fin mars 2015. Durant l’été, plusieurs périodes de discussions ont eu lieu, entre les représentants du Front commun et ceux du gouvernement.

Plutôt que d’arriver à un compromis, le gouvernement a dévoilé une attaque en règle contre les conditions de travail des employé-es du système public. S’attaquer à nos conditions de travail, c’est nous empêcher de bien faire notre travail, donc de bien soigner ceux et celles qui sont malades.

Voulons-nous un système de santé universel gratuit et de qualité pour tous et toutes ou bien devenir comme les États-Unis, et être obligés d’hypothéquer notre maison pour soigner une crise d’appendicite?

Ce que nous propose le gouvernement libéral, ce n’est pas des offres, mais des attaques :

Gel des salaires (notre pouvoir d’achat n’égale plus l’augmentation du coût de la vie depuis plus de 10 ans)
Recul de l’âge de la retraite à 62 ans
Attaques sur les horaires de travail (abolition du temps supplémentaire et de la semaine de travail normale)
Imposer le médecin de l’employeur en cas d’accident de travail
Toujours plus de précarité d’emploi (contrat zéro heure)

Nous subissions les coupures depuis des années, nous maintenions déjà le système à bout de bras. L’ensemble de ces mesures vise à ouvrir encore davantage la porte à un système de santé à deux vitesses.

Contrairement à ce qu’il dit dans les médias, le gouvernement ne fait pas ça pour éponger la dette, mais bien pour faire plaisir à ses amis, les banques et les pharmaceutiques. Allons-nous le laisser faire?

Construire notre rapport de force

Tout au long du mois de septembre, nous avons participé à des assemblées pour décider des moyens d’action à prendre. Nous avons voté pour 6 jours de grèves. Le 3 octobre dernier, une imposante manifestation de plus de 150 000 personnes a démontré notre capacité de mobilisation. Au milieu du mois d’octobre, plusieurs actions de perturbations économiques ont eu lieu, visant en particulier le système bancaire et les firmes facilitant l’évasion fiscale.

Il faut maintenant tous sortir pour protéger nos services publics! Nous avons voté pour 6 jours de grèves, trois journées de grèves régionales, trois journées au niveau national. Il faut participer aux piquets de grève pour démontrer notre force, mais il faut également mener des actions pour perturber le gouvernement et le 1%.

Que faire en cas de loi spéciale?

C’est la question qui est sur toute les lèvres depuis des mois. Si le gouvernement nous décrète, nous retournerons en assemblée générale, c’est donc nous qui allons décider comment poursuivre la lutte. Cela est nécessaire et risque de prendre du temps. Entre-temps, il faut montrer au gouvernement qu’on ne veut pas d’une autre loi spéciale. C’est devenu une tradition pour le gouvernement du Québec depuis quelques décennies, mais il faut lui faire comprendre rapidement que le droit de grève est toujours un droit!

C’est nous qui faisons tourner la machine, ayons confiance en notre pouvoir. Nous ne pouvons évidemment pas priver les malades de soins en bloquant l’hôpital, mais nous pouvons paralyser l’administration. Faisons-le!

Lors de l’assemblée générale spéciale de septembre, le Conseil central du Montréal Métropolitain (CCMM-CSN) a adopté la résolution suivante :

Que le CCMM en alliance le plus large possible organise une action pour dénoncer le gouvernement dans les 48 heures ouvrables advenant une loi spéciale décrétant un retour au travail lors de la grève du secteur public prévue cet automne.

Nous encourageons l’ensemble des organisations syndicales à adopter ce type de stratégie, c’est-à-dire de dénoncer publiquement, par des actions, le plus rapidement possible l’adoption d’une loi spéciale.

Ils nous méprisent, nous traitent comme des numéros…répondons-leur par notre colère.

Grève illégale ou non, il faut continuer de les perturber, il faut leur brasser la cage et démontrer toute la puissance que renferme le monde ordinaire quand il se mobilise. Il faut faire tomber ce gouvernement-là le plus rapidement possible avant qu’il ne détruise davantage ce qui nous tient le plus à cœur.

Pour un salaire, un emploi et une retraite décents pour tous et toutes!
Pour des services publics gratuits et de qualité!
Pour un système de santé géré démocratiquement, par les communautés et les travailleurs-euses!
Luttons pour abolir les paradis fiscaux, fortement imposer les grandes fortunes et nationaliser le secteur bancaire et financier sous contrôle démocratique!
Pour un gouvernement qui sert les intérêts des  travailleurs-euses, pas les banques et les grandes compagnies!

Les travailleurs-euses de la santé d’Alternative socialiste